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Interview de Melchior Liboà, musicien, poète

Melchior Liboà a lui aussi la guitare qui lui démange. Aux même causes les même remèdes. Alors il gratte.

Et ça fait longtemps que a dure.
A 20 ans Melchior a fait le service militaire, comme presque tous les garçons. Il a trouvé l’expérience fort virile mais rapidement, peu épanouissante. Et Paul Nizan avait déjà écrit des livres.  La possibilité d’une île ? Déjà ? Les Caraïbes, à 6.000km fut un choix moins bien pourvu en galons mais plus en bananiers.

Il en a transporté de quoi nourrir une ville. Melchior est généralement mal rasé mais a l’élégance de surveiller son bronzage. Et les grands gants en caoutchouc font des avant bras d’un blanc laiteux peu seyant. Les mygales affectionnent autant les bananes que les jeunes hommes bronzés de pied en cap. Melchior a trouvé la rencontre aussi agréable que le service militaire.

Interview de Melchior Liboà, musicien, poète

Nous étions en 1996. Ses voisins (Lawrence Collins) avaient un groupe et jouaient 6 jours par semaine. Il allait les voir presque tous les soirs. La guitare a commencé à le démanger à cette période. Le guitariste du groupe ayant eu le mal du pays, Melchior l’a remplacé au pied levé. Même s’il dit que les débuts étaient mauvais, étrangement, gratter la guitare est plus gratifiant que les quais du port et le transport de bananes. Pour devenir musicien, c’est d’abord le mode de vie qui a guidé son choix.

Il a ensuite suivi ses voisins aux Etats Unis, en Louisiane. C’est là qu’il a vraiment appris la musique et il en reste plus que des traces. Sa musique sent le bleues à plein nez. Il a appris la musique sur le tas.

En 2000 le service national n’était plus, paix à son âme. Et les militaires pas rancuniers. Pas trop. Enfin si, un peu. Melchior revient en France.

Saltimbanque, ça c’est un vrai métier. Où les spectacles sont intermittents. Une contrainte cependant, faire la tournée des bars. La spécialité de Melchior, le cocktail de blues. Mais sans création propre, les reprises ne donnent pas accès à la scène.

Un premier disque à l’arrache dans une MJC. Trois chansons. Melchior juge son travail de l’époque mauvais. Les autres, l’ont jugé digne de représenter la région PACA au festival du Printemps de Bourges. Ce qui offre une visibilité et une notoriété de bon aloi. Il a alors fait les premières parties de Jacques Higelin, Arthur H (pour rester en famille), Mano Solo et d’autres.  Ce qui lui a permis d’obtenir une aide à la création et de passer à la vitesse supérieure.

Il lui fallait ses propres chansons, il a dû se mettre à écrire. Melchior me parle d’un de ses grands oncles, Francis Lemarque qui a écrit de nombreuses chansons. Il me précise qu’il a écrit Milord mais Melchior a la mémoire qui flanche, les paroles étant de Moustaki et les paroles de Marguerite Monnot.

Toujours est-il que Melchior apprend que l’écriture a une technique. Il écrit des poèmes et ensuite les calibre pour la chanson. Il faut que le rythme convienne à la musique, que les sonorités passent.

Ecrire lui a fait prendre conscience qu’il avait des choses en lui qu’il n’exploitait pas.

Melchior avait initialement fait des études de graphisme et réalisait des logos. Pour lui, il travaillait sur des bandes dessinées. Mais ce travail solitaire sur la planche à dessin ne lui était pas adapté. Il a besoin du feedback immédiat du public. Ça passe ou ça passe pas. Dans les mots que Melchior utilise, revient souvent la notion d’énergie. C’est quelque chose que j’ai souvent rencontré chez les gens qui font de la scène, ils ont le besoin de transmettre cette énergie qui déborde d’eux à un public.

Melchior dit son besoin de rencontres.

La musique lui a permis de voyager, en Norvège, en Russie. Melchior va souvent dans l’Oural, allez savoir pourquoi ? L’air des montagnes ? Il rayonne dans la région de Ijevsk (Ижевск).

Melchior parle très peu le russe et le public ne parle pas le français. C’est une énergie pure qui circule. De toutes les manières, au delà de 20mn, le public ne prête plus attention aux paroles. Et les gens se font leur propre chanson. Une fois la musique et les paroles chantés, le public se l’approprie. Sur ce thème, j’avais eu il y a longtemps de savantes lectures chez Umberto Eco. Je vous recommande le petit livre Lector in Fabula. Et puisque nous sommes à Lyon, l’ENS a une fiche.

Les projets de Melchior Liboà pour 2015

Pourquoi formater tous les textes pour ne faire des chansons ? Serait-il intéressant de publier directement de la poésie ?

Il y aura 4 EP. Ce qui tombe bien. S’il faut avoir ses propres chansons pour passer en salle, il faut aussi avoir une actualité.

Comme les années précédentes, il y aura environ 80 dates. Mais celles réalisées hors de l’union européenne ne comptent pas pour le statut d’intermittant du spectacle. Mais il continuera d’aller dans l’Oural.

Vous aurez de quoi le voir et l’écouter.

Interview de Melchior Liboà, musicien, poète

Interview de Melchior Liboà, musicien, poète

Interview de Melchior Liboà, musicien, poète

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