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Emmanuel Merle, écrivain, poète

La terre est ronde et le monde petit. J’ai retrouvé Emmanuel Merle, écrivain, poète au fond d’un petit café à Grenoble où est exposé Eric Demelis. Avec l’écriture Emmanuel a découvert le sensible des mots, mais le concept n’est jamais loin !

Emmanuel n’a jamais vraiment quitté l’école puisqu’il est prof. D’ailleurs, petit, il ne voyait pas quoi faire d’autre. Il enseigne le français, la littérature, maintenant en classe préparatoire.

Arrivé dans la zone des quarantièmes rugissants, la crise. Les familles recomposées sont légions, elles ont été premièrement décomposées par quelque esquif. Pour maintenir la tête hors de l’eau il prépare, et réussi, l’aggrégation. Mention lettres classiques.

Dans cette période il écrit onze nouvelles et demi. La demi-nouvelle fini par se transformer en douzième. Il envoie le manuscrit à quelques éditeurs. C’est Gallimard qui publiera Amère Indienne en 2006. Il en a vendu quelques mille exemplaires. Le livre a été traduit il y a peu en anglais.

Emmanuel Merle, écrivain, poète a commencé tard à écrire mais en 10 ans il en est à 15 livres. Il ne lui est pas difficile d’écrire, il suffit de se mettre devant l’ordinateur pour que les mots viennent. La contrainte étant de ne pas céder à la facilité et maintenir l’exigence.

Après coup, il voit une cohérence dans ses livres. Il ne retravaille guère ses textes pourtant. La cohérence vient plutôt que l’écrire correspond à un moment de sa vie et des préoccupations de la période.

Les racines

L’enfance a son importance. Emmanuel Merle, écrivain, poète est né à La Mure, ville minière. La pierre, la neige, le froid, le charbon, le feu. Son père a eu la chance de ne pas être mineur.

Son père fait partie des motifs récurrents dans ses écrits. Comme dans « un homme à la mer » écrit suite à un voyage au Canada. Si une mort peut être belle, alors celle de son père l’est. Arrivé au bout d’une randonnée qu’il aimait, en haut de l’Olan, son cœur s’est arrêté. Simplement. C’est juste un peu plus compliqué pour ceux qui restent.

Son père a dû arrêter l’école à la mort de son propre père lorsqu’il avait 10 ans. Il est devenu un autodidacte, avec une immense bibliothèque. Il ne lisait que des essais et de la poésie. D’ailleurs Emmanuel n’a écrit de la poésie qu’après la mort de son père. L’un n’a pas été à l’école, l’autre ne l’a pas quittée.  Sans faire de la psychanalyse de comptoir, le rapprochement ne manque pas d’intérêt.

De La Mure, il reste des mots avec un impact particulier dans l’âme d’Emmanuel. Pierre, arbre, terre. D’ailleurs, dans Perceval, il retrouve la neige, le froid, le charbon, le feu. Emmanuel souligne aussi que Perceval, qui cherche le Graal n’a pas les mots et ne sait pas poser de questions. Et laisse donc passer le Graal sans s’en rendre compte.

Emmanuel Merle, écrivain, poète n’écrit pas sur l’actualité. Trop difficile d’avoir du recul, d’appréhender la brûlure des faits. Ecrire sur des choses anciennes comme Perceval permet de glisser des choses sur la violence du monde, encore actuelle. Mais ce n’est souvent pas volontaire. Au moment où il écrit, il ne sais pas qu’il parle de telle ou telle chose. Il utilise presque les même mots que Michel Thion pour me dire qu’on ne maîtrise pas tout ce qu’on écrit. Pourtant les choses transpirent et ce sont parfois les autres qui nous montrent ce qui est sorti ne nous. Vous pouvez lire une Note de lecture sur Terre de Femme.

Emmanuel répond parfois : ce que j’ai voulu dire ? C’est ce que j’ai écrit.

Un peu de concept pour faire bonne mesure

Le français est une langue conceptuelle. Il faut alors travailler sur le son. Et parfois le son combat le sens.

D’ailleurs, Emmanuel adore lire ses textes. La poésie prend toute sa dimension lorsqu’elle est dite. L’écrit n’en est qu’une trace pérenne. Il entent ce qu’il écrit. Ce n’est pas forcément harmonieux, la vie est ainsi, ce peut être grinçant.

Il y a en lui un conflit entre le conceptuel et l’émotionnel. Le conceptuel, c’est son métier de prof de lettres. Mais écrire a changé même sa manière d’enseigner. Il ne parle plus seulement de l’analyse technique d’un texte mais peut parler de son rapport physique à l’écriture, la création.

Emmanuel souligne qu’il n’y a pas de sens sans les autres. Il n’y a pas d’ailleurs. Pour lui un être humain est un absolu. La vie est ici et maintenant. Se revendique athée. Pas mal avec le prénom qu’il porte !

Pour revenir à l’émotionnel, Emmanuel souligne que les petits enfants ont une immédiateté au monde. Qu’ils perdent vers six ans avec l’acquisition du langage. Vient la conceptualisation, nécessaire mais qui nous fait perdre une dimension si nous n’y prenons pas garde. D’ailleurs, poussé au bout, le concept c’est le totalitarisme. On ne tue plus un être humain mais un juif. Aujourd’hui on égorge un mécréant.

La suite

Emmanuel a 57 ans, c’est de notoriété publique et virtuelle. La retraite n’est pas pour tout de suite mais il espère écrire jusqu’au bout. Il commence d’ailleurs a pouvoir porter les mots « je suis écrivain ».

Dans l’immédiat Emmanuel Merle, écrivain, poète a quatre livres dans sa besace. Il a de toutes les manières, toujours un poème d’avance.

Fin 2013, j’avais écouté comme tous les dimanches soir Ca rime à quoi de Sophie Nauleau (encore disponible à l’écoute au moment où je publie). Je n’étais pas le seul, Georges Badin écoutait aussi. Il en est résulté 25 livres d’artiste entre eux deux. Il doivent être réunis dans un livre complet.

Emmanuel s’est mis depuis peu à faire des encres, qu’il commence à exposer. Et même à vendre !

Emmanuel Merle, écrivain, poète termine l’entretien en me précisant que tout est à dire.

Le meilleur est à venir.

Emmanuel Merle, écrivain, poète

Emmanuel Merle, écrivain, poète

Emmanuel Merle, écrivain, poète

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