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Visite atelier d’artiste Tatiana SAMOÏLOVA à Grenoble

Rendez-vous au Musée archéologique Grenoble – Saint Laurent. Tatiana Samoïlova y expose, je connais ses oeuvres pas son visage, pas encore.

Tatiana Samoïlova est ponctuelle. Son papa était colonel, sous-marinier. La rigueur est de mise.

D’ailleurs, son papa veut qu’elle ait un vrai métier. Bonne en math, ce sera ingénieur des ponts et chaussées. Métier qu’elle a exercé environ 7 ans. Mais faire toujours les mêmes ponts, les mêmes chaussées ne nourrit pas l’imaginaire et les rêves sont en déshérence.

Etre née à Saint Petersbourg (Санкт-Петербу́рг) laisse forcément des traces. On n’échappe pas à l’art. Alors Tatiana Samoïlova fait les beaux arts, à Moscou, afin de varier. Puis encore à Saint Pétersbourg. Quatrième et dernier diplôme, un DEA en histoire de l’art à Grenoble. Voilà pour une présentation officielle.

Lorsqu’elle était jeune, Tatiana était passionnée par Rembrandt. En remontant même un peu plus loin, elle aime la beauté et la grâce des arts antiques. Son compatriote Fiodor Dostoïevski a écrit que la beauté sauvera le monde. Peut-être. En tous les cas, ça mérite d’y croire.

Beaucoup d’artistes me disent qu’ils ont toujours aimé dessiner. C’est le cas de Tatiana. Mais il ne s’agit pas seulement d’un passe temps sympathique. C’est devenu une nécessité.

Tatiana Samoïlova a donné des cours en Russie, proposait des ateliers pour les adultes. Elle a donné des cours à toutes sortes de publics, des surdoués, des sous-doués. Elle a aimé ces gens avec qui elle a travaillé. Mais ce gagne-pain finissait par prendre le pas sur son propre travail, sa propre progression, sa propre recherche. Quitter ces gens fut comme tuer son propre enfant.

Au grand dam de son colonel de papa, Tatiana Samoïlova est devenue saltimbanque. Et trahi la patrie pour aller en France. Pourtant, la mère-patrie (Союз Советских Социалистических Республик) s’était déjà effondrée. Tatiana a connu un pays où les belles promesses du communisme étaient concrètement une dictature. Où un enfant qui mâche un chewing-gum, cette « saleté impérialiste », vous condamne devant toute l’école à être un traitre à la patrie. Alors l’URSS est un peu comme ce Pays des Merveilles d’Alice, un monde où les enfants incompréhensible pour les enfants, un monde fou.

Le communisme est mort. On ne se bat pas contre les morts. Tatiana Samoïlova n’est donc pas militante mais ce qui a construit son enfance transparaît souvent dans ses oeuvres. Simplement pour relater ce qui a existé, ce qu’elle a vécu.

L’érotisme est très présent dans le travail. Plaisir. Perversion. Montré. Caché. Est-ce une pulsion de vie qui lutte contre la mort ? Est-ce que je vais trop loin ? Je n’ai pas posé la question. Sans doute est-il mieux de laisser la réponse en suspens.

Tatiana Samoïlova a fait ses premières expositions à Saint Pétersbourg. Puis bien d’autres. Elle se consacre alors exclusivement à son art. Même si les conditions matérielles ne sont pas considérables, Tatiana affirme que la vie d’artiste est un luxe. On ne se réveille pas le matin avec l’obligation d’aller au bureau, la nécessité de « gagner sa vie ». La vie d’artiste est un gain, un surcroît de vie.

Le déjeuner a lieu chez Tatiana Samoïlova. Nous parlons cuisine. Elle trouve qu’un homme qui fait la cuisine c’est érotique. J’en parlerai à la femme qui m’aime, est-ce ainsi que je l’ai séduite ? Habituellement, on dit au jeunes filles que chez un homme le chemin du coeur passe par l’estomac. Devons-nous inverser le propos ?

Mais le risque que je prends n’est pas là. On ne repart pas sobre de chez un russe, c’est très impoli ! J’espère qu’elle ne me tiendra pas rancune d’avoir été discourtois pour cette fois…

Mes lunettes n’étant pas étanche à l’alcool j’ai préféré garder une vision claire des oeuvres de Tatiana Samoïlova. Et j’ai bien fait.

Sa technique demande beaucoup de travail. Elle a besoin de débuter par une phase conceptuelle où elle travaille la composition. Ensuite, ses couleurs sont beaucoup le noir et le rouge.

Elle aime travailler sur plusieurs niveaux de lecture. Jouer sur les apparences, ce qui est plus ou moins caché. Il y a souvent des dessins dans le dessin. Son trait est travaillé, précis, fin.

Elle a parfois construit ses toiles par points mais le temps était trop long pour réaliser une oeuvre. AREPO pourrait en témoigner !

Quoi qu’il en soit, la finesse de son trait a pour conséquence qu’une toile comme Au Pays des Merveilles – Enfance (100 x 200cm) lui a demandé un mois de travail à raison de 10h par jour.

Tatiana Samoïlova travaille beaucoup à l’encre de Chine et à l’encre rouge. Elle a, par le passé, utilisé de la gouache noire (« profondément noir ») qui permet un rendu plus uniforme sur les grandes surfaces.

Tatiana Samoïlova fait aussi des collages, exposés au Musée archéologique. Mais à titre personnel, ma préférence va très nettement à ses toiles. Je les trouve très belles et très travaillée.

Dans quelques jours, Tatiana Samoïlova a été l’instigatrice et l’organisatrice d’une exposition à l’ancien musée de Grenoble (place de Verdun), sur le thème de la ville (город).  16 artistes étaient présents.

Tatiana Samoïlova est une artiste qui réalise un très beau travail et que j’ai envie de défendre.

Visite atelier d’artiste Tatiana SAMOÏLOVA à Grenoble

Visite atelier d’artiste Tatiana SAMOÏLOVA à Grenoble

Visite atelier d’artiste Tatiana SAMOÏLOVA à Grenoble

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