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Visite atelier d’artiste Evelyne POSTIC à Lyon

Il y a longtemps que je voulais voir l’atelier d’artiste et rencontrer Evelyne Postic. Une semaine artistiquement riche à Lyon m’en a donné l’occasion. La machine a café ne fonctionnant pas, j’ai eu droit à du thé vert chinois. Agréable.

Je ne me souviens plus quand j’ai connu son travail, c’était il y a plusieurs années. Par contre, je me souviens bien de son exposition à Alter-art fin  2013 à Grenoble. J’avais raté le vernissage. En général, j’aime y aller, c’est aussi l’occasion de retrouver les personnes que l’on voit surtout aux vernissages, de renouveler les amitiés. Mais cette fois, j’y ai été juste avant que l’exposition se termine, seul face aux oeuvres. Je me suis alors dit qu’il me fallait absolument la rencontrer. C’est chose faite.

Evelyne Postic est née à Lyon en 1951. Elle aurait voulu être danseuse mais une grave maladie des poumons a empêché que le rêve devienne réalité.

A défaut, les beaux-arts auraient fait l’affaire. Mais sa mère lui dit que ce n’est pas un métier, que ça ne nourrit pas son homme. Ni sa femme.

Alors pendant 15 ans elle fait des petits boulots. Ca nourrit pas forcément son homme mais à tout le moins ses trois enfants. C’est déjà ça. Après un divorce, il faut faire face à ses propres difficultés et parer à celles des enfants, qui n’ont rien demandé.

Pendant cette période, elle débordait d’énergie. Celle du désespoir ? Toujours est-il qu’après sa journée Evelyne peignait. Cet univers imaginaire qu’elle a commencé à construire lui permettait de sortir la tête de l’eau.

Malheureusement, Evelyne confirme que pour parvenir à un résultat intéressant, il faut beaucoup travailler. Evelyne s’est donc formée sur le tas et s’est forgé sa propre technique. Quand elle commence une oeuvre, dessiner les grandes formes lui demande beaucoup de concentration, d’énergie, c’est la partie la plus intense de son travail.

Ensuite elle précise qu’elle travaille en « automatique ». C’est un moment de plaisir où elle écoute la radio en même temps qu’elle travaille. Avec trois enfants qui peuvent la solliciter à tout moment, elle a appris à travailler par petit morceaux. L’interruption, c’est pas un souci. Bénéfice secondaire, Evelyne peut travailler quasiment n’importe où. Son trait a un rapport avec celui de la gravure. Elle travaille essentiellement au Rotring, le trait noir doit rester permanent.

Evelyne a commencé à travailler sérieusement le dessin et la peinture en 1989, mais c’est seulement depuis deux ans qu’elle vit de son travail. Elle a donné des cours d’art plastique. Cependant, elle regrette que quelques uns pensent pouvoir aller au delà du plaisir personnel sans l’intensité du travail.

Sans y avoir voyagé, elle a beaucoup aimé l’Afrique noire. En particulier les cultures vaudou. Ceci étant dit, elle ne voulait pas une reproduction réaliste, plus une évocation. Evoquer les esprits de la brousse ?

A cette période, elle s’intéresse aux esprits du vivant. On parle d’eux dans les livres de biologie et autres sciences. Avec d’autres mots, certes, mais il s’agit bien d’eux. Comme un reflet de sa propre vie, elle se passionne de l’adaptation du vivant pour survivre dans son milieu, les stratégies pour se rendre invisible ou autre.

C’est seulement en 2012 qu’elle part « pour de vrai » en Afrique. Au Bénin où elle assiste à des rites vaudou et un peu au Togo.

Début 2015 Evelyne a été en résidence à Tanger, dite « la porte de l’Afrique ».

Quand j’entends ce terme ça me rappelle une expérience personnelle forte. De l’Afrique je connaissais ma Haute Volta natale (d’où le nom du site web), mais on y va en avion. Fin octobre 1997, j’avais roulé 2.000km pour arriver à Algeciras. J’avais fait, tracé la route. Depuis le pont du bateau je voyais les montagnes de Ceuta, juste en face, avant de partir pour Tanger. Ce passage physique de l’Europe à l’Afrique était l’aboutissement d’un rêve et allait transformer ma vie.

Comme tous les ports, Tanger est ouvert à tous les trafics. Souvent dangereux. Pourtant, beaucoup de voyageurs, de peintres du XIX° siècle ont vécu bien avant moi ce passage vers un autre monde, une autre lumière.

Les photos en bas de l’article, ont été prises à Tanger, par Bernard Pilorge.

Lors de cette résidence d’artiste, Evelyne a produit une toile de 2m x 1.60m. Comme elle était en résidence et sans contraintes matérielles, cette toile lui a pris 3 semaines. A domicile, il lui aurait fallu bien plus de temps. Je précise ce détail pour vous donner une idée du travail nécessaire.

Sur ce travail et sur Evelyne, Paul Brichet a publié un article. Plutôt que d’y puiser des éléments ou de le résumé, je vous propose simplement d’aller le lire.

 

En principe, je dois terminer par une conclusion bien sentie. Mais comme je n’ai rien de très brillant à dire, il vous sera certainement plus judicieux d’aller voir de près le travail d’Evelyne Postic !

Les oeuvres d’Evelyne Postic vous intéressent ?

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