Victor Démé, musique blues du Burkina Faso

Victor Démé, musique blues et rythmes mandingues. Un des grands musiciens du Burkina Faso, passé de la misère à la reconnaissance par la force de son talent.

Victor Démé, musique blues

Les origines de Victor Démé, musique blues

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé le parasite causant le paludisme se trouve dans le sang de la moitié de la population et plus de 400.000 personnes en sont mortes en 2015. Victor Démé, musique blues en a fait partie.

Il est né en 1962 à Bobo Dioulasso au Burkina Faso. Il est décédé dans la même ville, fin 2015, à seulement 53 ans.

Sur les photos et les vidéo, on le voit toujours avec une casquette mais c’est trompeur, il en avait deux. Sa mère, griotte, lui a transmis la musique. Son père, lui transmet la couture, pratiquée par une grande partie de la famille. C’est d’ailleurs tout un lignage de couturier de l’ethnie Marka, des Mandingues de l’Afrique de l’Ouest. D’ailleurs, Victor Démé, musique blues, disait « je n’ai jamais eu que ma guitare et ma machine à coudre ».

Un oncle lui fait découvrir d’autres horizons en passant des weekends à écouter de la musique cubaine, française, zaïroise…

Adolescent, il travaille à l’atelier de son père, installé en Côte d’Ioire, le jour et court les clubs la nuit ! Ma foi, il a plutôt bonne réputation puisqu’il joue dans l’orchestre du fameux Abdoulaye Diabaté. Même assassiné, la capitaine Sankara aura laissé un énergie révolutionnaire qui pousse Victor Démé, musique blues, à rentrer au Burkina Faso en 1988, il est âgé de 26 ans. A ce moment les choses marchent plutôt bien et il gagne divers concours, ce qui lui permet de jouer dans des orchestres réputés : l’Echo de l’Africa et Suprême Comenba.

Il aurait pu gagner un voyage à Paris mais la pression familiale et il se contente d’une mobylette. Il expliquait « Ce sont de grands musulmans. Ils disaient : un chanteur ne verra pas le royaume de dieu. Ça me faisait peur ». Le cheminement intérieur prendra plus de 10 ans pour se détacher du poids familial, au point de se convertir au catholicisme.

Victor Démé, musique blues et le temps de  la galère

C’est un virus qui lui a fait mettre un pied à terre, ses gencives sont attaquées, il perd des dents. L’interruption dure deux ans et Victor Démé a dit « je ne pensais pas pouvoir renaître musicalement ».

Le succès appartient alors au passé et le retour n’est pas aisé. Il joue dans les clubs et les maquis du Burkina, mais la musique des autres, Salif Keita ou Mori Kanté. Mais Victor Démé, musique blues poursuit son propre chemin et continue à écrire de la musique

A partir de 2005, il se lie avec le gérant du bar associatif le Ouaga Jungle et en 2007 il fonde le label Chapa blues Record avec l’aide de membres du Soundicate et du journaliste David Commeillas.

L’équipe du Ouaga Jungle aide Victor Démé à bricoler un studio aux dernières normes acoustiques : deux pièces séparées par le pare-brise d’un camion et un enregistreur 16 pistes. Je vous recommande d’ailleurs les vidéos de Chapa Blues Record. L’aspect rudimentaire n’a pourtant pas empêché que d’excellents musiciens s’y donnent rendez-vous.

Victor Démé, musique blues, le succès devient international

Après un parcours musical de 30 ans vient son premier album qui a été chroniqué par Christine Avignon et je vous invite à lire son article. Il s’est vendu à 40.000 exemplaires (officiels, sans compter les copies), ce qui est assez considérable et lui ouvre les portes de l’international.

Sa musique est un grand mélange de blues et de musique mandingue. Mais les influences viennent aussi de plus loin pour donner un résultat qui lui est propre. Le talent aura fait le reste.

En 2010, son second album « Deli », le montre entre sa guitare et sa machine à coudre et montre son chemin de vie. Il en résulte une tournée française d’une quarantaine de date, ce qui n’est pas rien. Le musiciens pourront en témoigner.

Le succès est à nouveau au rendez-vous avec titre « Djon Maya Maï » remixé en 2014 par Synapson, qui a été vu des millions de fois sur Youtube.

Victor Démé, musique blues est décédé peu avant la sortie de son troisième album « Yakafé » qui signifie en français « pardonner ». A ce moment les troubles étaient politiques et le sang avait déjà coulé. Les attentats de Ouagadougou n’avaient pas encore eu lieu.

Pour terminer, je vous conseille un très beau portrait paru de Victor Démé, musique blues, dans le journal suisse Le Temps.

Et vous, quel est votre souvenir de Victor Démé ? La zone de commentaire est là pour vous.

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