Toko Shinoda, peintre japonais

Plus que centenaire, Toko Shinoda, peintre japonais plonge ses racine dans la tradition la plus pure mais la dépasse pour l’emmener vers la modernité.

Toko Shinoda, peintre japonais

Les origines de Toko Shinoda, peintre japonais

Toko Shinoda (篠田 桃紅) est née en Mandchourie le 28 mars 1913 alors que cette région était colonisée par le Japon. Sa famille était aisée et ancienne, son père issu d’un famille de 7 enfants dirigeait une compagnie de tabac. Toko Shinoda, peintre japonais dit que « les gens nés à l’étranger ont une pensée libre et non restreinte ». Pourtant, rentrée à l’âge de 2 ans au Japon, elle ne garde aucun souvenir de la Mandchourie.

Son père aimait l’encre de Chine (sumi-e – 墨絵), la calligraphie et la poésie chinoise. A partir de l’âge de 6 ans, il lui fait étudier la calligraphie, un des rares domaines professionnel ouvert aux femmes à cette époque. L’apprentissage de fera avec l’exigence que l’on peut deviner. Pourtant à 15 ans elle développe un style personnel et son père lui reprochera de s’être écartée de la voie traditionnelle que Toko Shinoda trouvait trop restrictive.

Son grand-oncle était un graveur de sceau officiel auprès de l’empereur Meiji et donc un maître à la fois de calligraphie et de sculpture. Elle a été aussi très inspirée par l’acteur et dramaturge Zeami (1363-1443).

Elle voit le mariage comme une « entrave », elle est donc restée célibataire.

Toko Shinoda, peintre japonais est un sacré personnage. Elle était impatiente à l’école et supportait mal la discipline imposée par la calligraphie. Elle est contre les règles imposées de l’extérieur, pourtant elle pratique une grande discipline et contrôle de soi, germes de sa vitalité. Petite femme mais à la force du tigre.

Le parcours artistique de Toko Shinoda, peintre japonais

En 1940 (elle a 27 ans), Toko Shinoda, peintre japonais expose pour la première fois dans une galerie de Tokyo. Mais la guerre est là et elle se retire à la campagne.

En 1954, Toko Shinoda est repérée par la scène internationale grâce à la vaste peinture murale qu’elle réalise pour le pavillon japonais de São Paulo au Brésil. Les commandes affluent.

En 1956, elle part pour deux ans aux États-Unis, à New York. Le Japon se reconstruirait après la guerre alors que les États-Unis étaient riches, les gens libres et la ville extrêmement vivante. Elle rencontre les peintres à la pointe de l’expressionnisme abstrait, Rothko, Pollock, etc. mais découvre aussi le jazz. Toko Shinoda, peintre japonais en garde le souvenir d’une forte excitation quotidienne, d’une grande liberté. Elle y a acquis de la confiance dans son travail.

Toko Shinoda serait bien restée à New York parce que cette ville lui apportait beaucoup sur le plan artistique. Mais le Japon lui manquait, ses parents y vivaient, la nourriture lui correspondait mieux.

Mais aussi, l’encre de Chine correspond mieux au climat du Japon. L’humidité la fait sécher progressivement et à New York, elle laissait couler le robinet d’eau chaude dans la salle de bain pour recréer le climat humide du Japon. L’humidité influe sur la couleur.

Toko Shinoda, peintre japonais
Toko Shinoda, peintre japonais

Toko Shinoda, peintre japonais : le sens de son art

Tout d’abord, Toko Shinoda, peintre japonais dit qu’un jour elle mourra (c’est une certitude…) mais que ses créations lui survivront pour l’éternité. Artiste ou pas nous voulons tous laisser une trace, en somme donner du sens à notre vie terrestre, mais là c’est d’autant plus fort qu’aucun enfant ne lui survivra.

Toko Shinoda est très attachée à l’encre de Chine en tant que matière. Elle dit qu’elle « n’est pas seulement noire, son intensité varie ». Pour elle, l’encre offre aussi une liberté aux spectateurs. Malgré une vie dépassant le siècle, Toko Shinoda, peintre japonais dit que l’encre de Chine ne peut être totalement maîtrisée sur le temps d’une vie.

L’abstraction est extrêmement importante. Toko Shinoda dit peindre pour faire passer un message aux spectateurs mais sans les mots. Et quand on lui demande d’en dire plus, Toko Shinoda, répond « demander à un artiste de décrire ses oeuvres, c’est comme chercher un poisson dans un buisson. En fait, je pense que mes oeuvres n’expriment rien ». Comme des nuages qui n’expriment rien mais qu’on aime regarder. Elle veut toucher les gens dans leur essence humaine et voit l’art comme pouvant contribuer à la paix dans le monde. Je ne peux qu’y souscrire !

Il n’y a donc pas de signification à rechercher dans l’art de Toko Shinoda, peintre japonais, juste la beauté du geste, la beauté elle-même. Toko Shinoda ne dit rien, elle montre. Il y a presque quelque chose d’animiste, de shamanique.

Dans les pays de cette région (Chine, Japon, Corée), le vide n’est pas le rien, un peu comme en occident, le silence fait partie de la musique. Les grands espaces blancs ont à voir avec le mot japonais yohaku qui désigne ces espaces où le vide n’est pas le rien et prend une part active à la composition.

Toko Shinoda, peintre japonais utilise des matériaux parfaitement traditionnels et parfois des papiers et des ancres anciens, son atelier pourrait très bien être celui d’un calligraphe, le cinabre rouge est celui utilisé pour les sceaux. Malgré son âge particulièrement avancé, ce qu’elle fait est aussi vigoureux que si le travail avait été réalisé par un jeune homme. En fait, elle maîtrisait très bien la calligraphie traditionnelle mais a su s’en affranchir pour aller vers l’abstraction. Une modernité qui conserve ses racines.

Toko Shinoda, peintre japonais est considérée comme un des plus grand peintre du Japon contemporain. Pourtant ses oeuvres demeure abordables, de quelques centaines à quelques milliers de dollars.

Toko Shinoda, peintre japonais
Toko Shinoda, peintre japonais
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