Sa’roy, un trio qui mène à la source de la musique malgache

Sa’roy, un trio de musique malgache originaire de Beloha, Androy que j’appelle « terre des épines » situé au grand Sud de Madagascar fait partie de ces groupes qui rappellent à quel point nos racines sont divines. Peu importe qui nous sommes, la culture hisse nos valeurs.

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source : nocomment.mg

A la source de Sa’roy, musique malgache

A l’initiative de Soaraza Thomas Patrice dont le rêve de faire une carrière d’artiste n’a jamais frôlé l’esprit, Sa’roy au début n’avait dessein que de participer à un concours de chant pour une sensibilisation de la protection  environnementale organisée par la coopération allemande GIZ ou programme germano-malgache pour l’environnement. Le concours étant intitulé « Hira maintso » ou Chanson verte. Le 26 octobre 2014, élu lauréat, le trio de musique malgache l’emporte sur 4 finalistes  avec la chanson « Arovy ty ala » ou protégez la forêt. Un œuvre qui demeure et fait encore écho jusqu’à ce jour, car devenu hymne de la GIZ.

Sa’roy est une tournure syntaxique ne figurant en aucune manière dans le dictionnaire malgache, mais qui pourtant sonne étymologiquement malgache, c’est tout dire ! Il s’agit  de deux mots  antandroy (nom par lequel on désigne une ethnie du Sud de Madagascar) entre « Sairy » ou artiste et « Roy » ou épine, infinitif du mot « Antandroy ». Sa’roy signifie elliptiquement « artiste Antandroy. Un nom bien porté et bien pensé dont la musique étarque haut la couleur d’un peuple spirituellement et culturellement à part.

Composé de 3 gaillards jouvenceaux dont Soaraza le leader du groupe, Ando et Sambeto. Sa’roy, bien que jeune, ambitionne aussi d’éduquer ses contemporains à l’échelle nationale et internationale. « Attirer, éthiquement, l’attention vers l’art et la culture malgache, est l’un des objets que l’on affectionne. Madagascar est un pays si riche mais négligé et mal exploité. Toutefois, son esprit artistique lui donne toutes les chances de survivre au jour le jour. A la longue, cela devient beau » s’exprime posément Soaraza, d’une voix âpre, d’une volonté de fer.

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source : Prohelvetia.org

De la musique malgache d’aujourd’hui

Acapella dit-on de son genre, mais pas tout à fait si attentif, on se laisse bercer par son lit musical. A la base, Sa’roy est le fruit d’un croisement ou métissage, si vous voulez, entre le « banaiky » et le « salala ». Le premier, un rythme traditionnel de la musique malgache Antandroy, au grand sud de Madagascar. Le second, un genre d’art lyrique en acapella autochtone de la même contrée. C’est avec son « Kabosy », un instrument emblématique du Sud que Soaraza marque l’identité grandissante de Sa’roy, en sus des voix céruléennes de ses pairs.

Petite anecdote pour clore le sujet. En 2015, Sa’roy intègre le Forest Jam band, une organisation éducative musicale à but non lucratif, composé de divers artistes internationaux, notamment des artistes Suisses. Appuyé par l’Alliance française, ils partent en  tournée dans la Grande île. Toutefois, l’aventure est loin d’aboutir, car une fois de plus Sa’roy tombe des ouïes mélomanes pour être désigné en tant que représentant de Madagascar lors des tours africains avec Forest Jam pour la fête de la Francophonie 2017. Actuellement, le trio n’est plus méconnu du continent africain ni de l’Océan Indien.

Par les temps qui courent, Sa’roy fait partis des rares groupes de musique malgache à réaliser une tournée africaine. Evident ? Pas tout à fait, car Madagascar est un pays riche en artistes incompris et inaccomplis. La plupart sont fâcheusement des artistes errants, inexplorés des médias due au retentissement excessif de la musique pop.

Une question pour vous

Pour vous, qu’est ce qui fait d’une musique de l’art ? Merci de partager avec les autres lecteurs en laissant un commentaire en bas.

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