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C’est en 2011 que j’ai connu Petrus. Au festival de Châtillon en Diois. A l’époque je n’étais pas du tout rentré dans sa peinture. Je n’avais pas aimé…

Pourtant, je l’ai exposé avec Pauline Wateau en mars 2012 dans les Orange Labs. C’est là que j’ai commencé à aimer sa peinture. Aujourd’hui, je l’apprécie vraiment.

Avant d’être peintre, Petrus a été petit garçon. Il est inscrit à l’état civil sous le prénom de Pierre. Petrus (version latine du prénom) est initialement un surnom donné par son grand-père. C’est d’ailleurs lui qui a appris les rudiments du dessin à Petrus vers 5-6 ans. Le grand-père se caricaturait lui-même, faisait des croquis.

Sa famille était catholique et pratiquante, il allait donc à la messe. Il a peu retenu les sermons du prêtre mais était passionné par les vitraux, leurs couleurs, leurs drapés. A cette époque, c’étaient des vitraux de facture classique.

Il aimait aussi beaucoup la bande dessinée et surtout Tintin. Il trouvait ça magique. Puis un jour son grand frère a dessiné Tintin sur un cheval. Ce fut un déclic, Tintin n’était plus magique, inatteignable mais « réel ». Arrivé en classe de 6ème, son frère lui a appris à caricaturer le directeur de l’école (catholique), voir le premier dessin ci-dessous. Il s’appelait l’abbé de Bouard, il était tout de noir vêtu, sec, portait des lunettes noires, un nez de corbeau et une verrue sur le nez ! J’ai cru comprendre qu’il n’était pas un gai luron…

Les trois garçons de la fratrie dessinaient beaucoup, tout le temps. Par leur sœur ainée. Petrus avait de pleins cahiers de cowboys, de Beatles.

Il a passé un bac A (littéraire) avec succès. C’est l’obtention du diplôme qui a connu moins de succès. S’en suit de petits boulots. Pas rancunier, il reprend le chemin de l’école. A l’IFTS à Echirolles à côté de Grenoble pour devenir aide médico-psychologique. Mais nous y reviendrons.

Petrus a de goûts éclectiques. Et c’est bien. Sa sœur ainée faisait du piano et sa mère de l’orgue et de l’harmonium (toujours à l’église, pleine de vitraux). Il aime le rock indépendant. Le film « Tous les matins du monde », tiré du livre du même nom de Pasqual Quignard, lui a fait découvrir la musique baroque et la viole de gambe. Il aime aussi le jazz et le heavy métal. Mais déteste la variété télévisuelle.

Sous ses airs timides, PETRUS est exigent. Méfiez-vous de l’eau qui dort.

Après l’IFTS, il a travaillé avec des handicapés à Belley. En parallèle il suit une formation en art thérapie sur 3 ans à Dijon.

Il s’est ensuite occupé d’un atelier en Institut Médico-éducatif (IME) avec des adolescents. Il trouvait le travail des enfants intéressant et Petrus a organisé des expositions trois années de suite. Il utilisait beaucoup des matériaux de récupération. Le l’Arte Povera qui ne disait pas son nom. Il faisait travailler les trisomiques avec des feutres parce que le coût était moindre. Avec les enfants psychotiques, il a utilisé des planches de récupération (suite à la mise aux norme du bâtiment) et leur faisait peindre des choses simples et répétitives. Il a aussi utilisé du papier et de la colle à tapisserie (ça coûte rien) pour fabriquer 350 souris, avec une ficelle pour la queue. Il a un souvenir de belles expositions et en garde une légitime fierté.

Méfiez-vous de l’eau qui dort disais-je !

Le maire de Belley était Charles Million, qui s’était associé au Front National pour conserver son poste de président du conseil général. Pour l’inauguration de l’exposition, l’équipe avait réservé un accueil personnalisé à Charles Million… Petrus avait peint une banderole avec « do ré mi facho », qui avait été reprise dans Charlie Hebdo par Cabu. L’explication avec la direction fut plus compliquée…

Déjà, plus jeune, il avait été objecteur de conscience.  Dans cette période, au cours d’une manifestation contre la centrale nucléaire du Bugey, les hélicoptères de la gendarmerie tournaient. Geste vain, il avait fait un bras d’honneur à l’hélico. Il ignorait que derrière lui se trouvait Cabu qui l’avait croqué quelques jours plus tard dans Charlie Hebdo. A l’insu de son plein gré, il a donc inspiré le dessinateur et en a été touché lorsque Cabu a été assassiné.

Petrus, artiste peintre

Jeune il s’est intéressé a Dalì et au surréalisme. Dans sa version poétique également avec Eluard et Michaux.

Il s’est mis à peindre sérieusement au début des années 80, à la gouache et à l’acrylique. Il peignait des paysages.

Après une période de coupure, il a repris en 1994 par l’abstraction. Il aime le travail sur la matière. Petrus s’est intéressé au dripping. On me dit que ses tableaux étaient intéressants. Il me dis « tu es obligé d’y aller ». C’est aller au bout du chemin de l’abstraction, au bout du truc. Ensuite il faut faire demi-tour et trouver sa voie.

Il apprécie beaucoup le travail d’Anne SLACIK et se sent proche de ce mouvement.

Pour lui, un tableau est un Bouddha.

Aujourd’hui, il travaille par couches successives et termine par un glacis. Au début de l’article, je disais que j’ai eu du mal à rentrer dans sa peinture, ça m’était complètement étranger. Ce qu’il fait est très beau mais nécessite du temps pour pénétrer son monde, ce n’est pas une peinture facile. Petrus est exigent.

Vers où veut-il aller pour la suite ? Effacer ce qu’il reste de paysage et aller vers plus d’abstraction.

Les photos ci-dessous vous donnent une petite idée de son travail mais rendent très mal le travail sur la matière.

Il vous reste à aller les voir de près !

PETRUS, artiste peintre

PETRUS, artiste peintre

PETRUS, artiste peintre

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