Peggy Guggenheim, art addict et croqueuse d’hommes

Peggy Guggenheim, art addict c’est ainsi qu’elle se définissait elle-même. Mais elle était bien plus, elle a influencé l’art du XX° siècle. Elle en avait les moyens financiers certes, mais aussi l’intelligence et le goût.

Peggy Guggenheim, art addict
Peggy Guggenheim, Paris, c.1930, photographe Rogi André (Rosza Klein)

Quelques éléments biographiques de Peggy Guggenheim, art addict

Peggy Guggenheim, art addict est née juste avant le XX° siècle en 1898 à New York. Elle est née d’immigrés juifs, initialement pauvres fermiers puis ayant réussi dans leurs affaires. Son père, qui avait une réputation assurée de don Juan, a joué de malchance puisqu’il a embarqué sur le… Titanic. Il devait prendre un autre bateau mais a changé pour le Titanic suite à une grève !

Peggy Guggenheim, art addict hérite alors de 2,5 millions US$ ce qui équivaut à environ 34 millions de US$ actuels. Une fortune moindre que celle de ses cousins mais confortable !

Peggy Guggenheim a commencé son autobiographie en 1927 et en a publié une version assez complète dans les années 40 et une version expurgée dans les années 60. Elle s’y livre, même sur sa vie sexuelle, et veut s’affirmer comme femme libre. Dans la seconde édition elle réfléchit plus à la place qu’elle veut laisser dans l’histoire de l’art. En tous les cas le chemin qu’elle a parcouru et sa vie ont été complexes.

Ne serais-ce que par son aide financière, elle a soutenu des artistes qui n’auraient pas pu poursuivre leur œuvre sans elle. C’est Peggy Guggenheim qui a fait connaître Pollock par exemple.

Moins fortunée que ses cousins, elle se sent inférieure, étrangère à son monde, ce qui l’a suivi toute sa vie. Même quand sa collection est devenue la plus grande au monde.

En travaillant dans la librairie de son cousin elle commence à accéder à un autre monde. A Paris, elle fréquente des gens qui vivent la bohème et se veulent anti-conformistes. Elle y rencontre Marcel Duchamp avec qui elle se liera d’amitié durablement. Après s’être ennuyée pendant son enfance, elle s’attache avec une constance incontestable et incontestée à lutter contre l’ennui. Elle fait la fête avec assiduité.

Dans sa biographie, elle se présente souvent comme frivole, ce qu’elle était, mais pas seulement. Certes, au début de la deuxième guerre mondiale, elle a passé beaucoup de temps à boite du champagne, mais elle est aussi intervenue pour sauver des œuvres et des artistes. En intervenant pour obtenir des visa pour les Etats Unis ou en soutenant financièrement des familles d’artistes.

Peggy Guggenheim aura aidé des artistes à quitter la France pendant la seconde guerre mondiale. Comme beaucoup de gens fortunés de son époque, elle considère qu’il est de son devoir d’user de ses moyens financiers dans un objectif utile à la société. Alfred Barnes, directeur du MoMa, écrit qu’elle était une vraie mécène, qui avait « un sens de responsabilité envers l’art et les artistes ». En particulier les femmes, ce qui n’était pas courant à son époque. Elle est restée pourtant simple, modeste sur son rôle pourtant déterminant et sans contrepartie.

Peggy Guggenheim, art addict et son influence sur l’art

Peggy Guggenheim, art addict a aidé des artiste faisant partie de la liste Nazie de « l’art dégénéré ». Le choix de ses œuvres ne relevait pas de l’investissement financier mais de la collection. Celle-ci a d’ailleurs été l’œuvre de sa vie.

Elle a aussi recueilli à Marseille, la villa Air-Bel, des artistes et participe fortement à la mise en place un comité pour les réfugiés avec la fourniture de visa, de moyens financiers. Quelques surréalistes pourront en bénéficier. Elle part en avion avec Max Ersnt qui deviendra son mari arrivé à New York.

Dans sa biographie, Peggy Guggenheim, art addict reste pourtant très en retrait sur le rôle qu’elle a réellement eu. Pour elle, très naturellement, l’art et les artistes font partie intégrante de sa vie.

Elle donne un salaire de 250$ à Jackson Pollock qui sera reconnu bien après la mort de Pour Peggy Guggenheim. Au travers de Pollock, elle a lancé l’expressionnisme abstrait.

A New York, elle crée une galerie… qui ne sera jamais rentable.

Le catalogue de la galerie porte un titre programmatique, « l’art de ce siècle ». Peggy Guggenheim, art addict aura eu un rôle important pour faire connaître les surréalistes aux États Unis. L’exposition d’ouverture est en soit une œuvre d’art, elle aura été novatrice même dans la manière d’exposer. Les critiques sont très favorables.

Dali connait alors une carrière fulgurante aux USA et les surréalistes entrent dans les musées.

Pour Peggy Guggenheim, art addict il est de sa mission de montrer l’art aux générations suivantes.

Son immense collection a été détruite, au sens où des œuvres ont été introduites et ont pris la place des œuvres de Peggy Guggenheim qui sont reléguées en réserve.

Les actions en justice des héritiers de Peggy Guggenheim, art addict

Les héritiers de Peggy, branche française, ont attaqué la fondation qu’elle a créée, Fondation Salomon Guggenheim pour n’avoir pas respecté ses volontés. En particulier, ils demandaient la remise en état de sa collection.

En 2015, le tribunal de grande instance de Paris leur a donné tort parce qu’une transaction avait déjà été conclue en 1996.

Pour ceux qui lisent l’anglais, The Guardian relate les choses avec un regard très critique sur les héritiers de Peggy Guggenheim, art addict.

Pour aller plus loin, toujours en anglais, Lisa Immordino Vreeland a produit tout récemment un documentaire sur Peggy Guggenheim. Sa vie sexuelle mouvementée est encore actuellement plus commentée que son intérêt et son action en faveur de l’art. Ce documentaire tente d’explorer sa vie et sa personne plus avant.

Décédée à 81 ans à Venise, elle laisse une œuvre immense et aura pu effectivement influencer l’art du XX° siècle et préparer les générations futures. Ce n’est pas rien.

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