Oliver Sacks Musicophilia

Dans sa version américaine, le livre d’Oliver Sacks Musicophilia date de fin 2007. Comme souvent, Oliver Sacks part d’étude de cas ou plus précisément de patients, d’êtres humains. Il a passé sa vie a explorer les étrangetés du cerveau humain, pour mieux mettre en lumière son fonctionnement.

Il est intéressant de noter que si je vous parle de  la 5ème de Beethoven, vous aller probablement commencer à fredonner. Ça semble évident mais comment est-ce possible ? Que ce passe-t-il dans notre cerveau ? Oliver Sacks, l’auteur de « l’homme qui prenait sa femme pour un chapeau », a consacré ce livre aux miracles cognitifs de la musique. « C’est vraiment une étrange affaire, que tous, à divers degrés, nous ayons de la musique dans nos têtes ».

Le livre d’Oliver Sacks Musicophilia raconte le cas de patients ayant des capacités ou des maladies musicales étranges. Un compositeur de musique atonale qui a des hallucinations « tonales » ou « banales » avec d’exaspérantes chansons de Noël ou des berceuses qui lui trottent sans cesse dans la tête. Un savant musical qui a mémorisé les mélodies de centaines d’opéra et même la partition de chaque instrument et ce que chante chaque voix. Un compositeur avec une synesthésie où chaque tonalité a une couleur particulière. Un Sol mineur n’est pas seulement jaune, mais ocre. Un Mi mineur est couleur terre, cendre.

Le docteur Sacks n’écrit pas seulement comme un médecin ou un scientifique mais comme un humaniste avec une tournure philosophique et littéraire. Il parvient à transmettre tout à la fois les mystères insondables du cerveau humain et les mystères tout aussi profonds de la musique. Un art complètement abstrait et profondément émotionnel, dépourvu de la capacité de représenter quelque chose de particulier ou d’externe mais doué de la capacité d’exprimer puissamment des humeurs et des sentiments.

Dans Oliver Sacks Musicophilia, il médite sur l’inégalité de la distribution des dons musicaux chez les humains. Che Guevara était rythmiquement sourd, capable de danser un mambo alors que l’orchestre joue un tango. Freud et Nabokov semblaient incapables de recevoir tout plaisir de la musique. Il parle aussi du « pouvoir narratif et mnémotechnique de la musique », sa capcité à aider une personne à suivre des séquences complexes ou retenir de grand volumes d’information. Ce qui peut expliquer que la musique aide quelqu’un avec de l’autisme à réaliser des procédures dont il serait incapable sinon.

Il est aussi question du pouvoir du rythme qui aide à coordonner et énergiser des mouvements simples, ce qui explique pourquoi la musique aide des athlètes à atteindre de nouveaux niveaux avec la musique appropriée et aide certaines personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Bien entendu, Oliver Sacks Musicophilia, fait grand cas de la musicothérapie. Selon le docteur Sacks, la musique peut aider des patients aphasique ou atteints de la maladie de Parkinson et aide des patients atteints de démence à s’orienter et s’encrer. La musique agit comme une « mnémonique Proustienne » faisant remonter des émotions et des associations depuis longtemps oubliées, donnant à nouveau accès à des humeurs, souvenirs, pensées et univers qui semblaient alors complètement perdus.

Comme dans d’autres livres, Oliver Sacks souligne la capacité de résilience de l’esprit humain, la capacité à trouver de l’art dans l’affliction, de s’adapter à la perte et la privation.

Au moment où je publie cet article, Oliver Sacks est toujours vivant, il a 81 ans. Mais en février 2015 il annonçait dans le New York Times qu’il avait un cancer en phase terminale. De son article ressort une grande sérénité, mais une réelle tristesse de perdre un grand Monsieur.

Oliver Sacks Musicophilia

Sommaire

Préface

PREMIÈRE PARTIE : HANTÉ PAR LA MUSIQUE
1. Foudroyé: musicophilie soudaine
2. Un sentiment étrangement familier : les crises musicales
3. La peur de la musique: l'épilepsie musicogène
4. Musique cérébrale : imaginaire et imagination
5. Vers cérébraux, musique obsédante et airs accrocheurs
6. Hallucinations musicales

DEUXIÈME PARTIE : DES FORMES DE MUSICALITÉ DIFFÉRENTES
7. Sens et sensibilité: des formes de musicalité différentes
8. Quand tout se défait : amusie et dysharmonie
9. Papa se mouche en sol: l'oreille absolue
10. L'oreille imparfaite: l'amusie cochléaire
11. Stéréo vivante : pourquoi nous avons
deux oreilles
12. Deux mille opéras : les musiciens « savants»
13. Un monde auditif: musique et cécité
14. La tonalité du vert limpide: synesthésie et musique

TROISIÈME PARTIE : MÉMOIRE, MOUVEMENT ET MUSIQUE
15. Sur Je moment: musique et amnésie
16. Parole et chant : aphasie et musicothérapie
17. Prières accidentelles: dyskinésie et cantilation
18. Rassemblement: musique et syndrome de la Tourette
19. Garder la cadence: rythme et mouvement
20. Mélodie kinésique : maladie de Parkinson et musicothérapie
21. Doigts fantômes : le cas du pianiste manchot
22. Les athlètes des petits muscles : la dystonie du musicien

QUATRIÈME PARTIE : ÉMOTION, IDENTITÉ ET MUSIQUE
23. Éveillé et endormi: les rêves musicaux
24. Séduction et indifférence
25. Lamentations: musique, folie et mélancolie
26. Le cas de Hany S. : musique et émotion
27. Irrépressible: la musique et les lobes temporaux
28. Une espèce hypermusicale : le syndrome de Williams
29. Musique et identité: démence et musicothérapie

 

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