Nadia Chomyn, outsider art

By 21 janvier 2016Actualités, Dessin

Nadia Chomyn, outsider art est un cas hors normes, au sens propre. Assez profondément autiste, toute petite fille, elle dessine comme une adulte puis perdra son talent.

Nadia Chomyn, outsider art
Nadia Chomyn, dessin réalisé à 5 ans

Nadia Chomyn, outsider art aura intéressé tant l’art que la science. Son cas est si exceptionnel qu’il est probablement unique.

Le célèbre psychiatre et neurologue Oliver Sacks (dans L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau et The Autist Artist) s’est penché sur son cas, mais également le psychologue Howard Gardner.

Lorna Selfe, qui l’a suivie, a même publié un livre dédié à Nadia Chomyn.

Quelques éléméments biographique de Nadia Chomyn, outsider art

Ses parents Mychajlo and Aneila sont deux scientifiques nés Ukrainiens qui ont émigré en Grande Bretagne. Nadia, elle, nait fin 1967 à Nottingham. Rapidement, sa mère se rend compte que son bébé est excessivement passif et manque de tonus musculaire. Le développement mental de Nadia Chomyn est significativement en retard et elle ne marche qu’à 2 ans. Elle a prononcé quelques mots isolés à 9 mois mais le langage a tourné court et elle est devenue de plus en plus renfermée. A 6 ans elle ne maîtrisait qu’une dizaine de mots.

Petite elle était obsédée par le rangement et si jouets n’étaient pas arrangés comme elle le souhaitait, elle était en détresse.

Avec l’aide de Lorna Selfe, Nadia Chomyn a progressé, développé son langage et ses capacités à communiquer. Mais ses phrases sont restée de style télégraphique.

C’est à ce moment, qu’elle s’est mise à dessiner comme un enfant et inexorablement, ses capacités se sont éteintes, contrairement à d’autres personnes ayant le syndrome du savant. Pour Nadia Chomyn, on parle d’artiste savant. Comme souvent en art brut, il est difficile de distinguer l’art produit, du syndrome dont est porteur l’artiste. Au-delà de ses capacités hors du commun, elle extériorisait probablement uniquement ses états intérieurs et un besoin d’expression.

Au début du XXème siècle, la capacités intellectuelles des enfants étaient évaluées en leur demandant de dessiner un bonhomme. Le cas de Nadia Chomyn remet en cause cette représentation standardisée.

Elle a vécu jusqu’à 48 ans et n’a jamais pu être indépendante. Taant sur le plan scientifique qu’artistique, elle demeure une énigme.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_du_savant
Nadia Chomyn, Bethlem Royal Hospital
Nadia Chomyn, outsider art
Nadia Chomyn, dessin réalisé à 3 ans et 5 mois !

Nadia Chomyn, outsider art

Le Bethlem Royal Hospital possède environ 200 dessins de Nadia Chomyn, outsider art. Les supports  pouvaient être tout type de papier. Par contre, elle utilisait systématiquement un stylo bille. Ses sujets de prédilection étaient les chevaux (vivants ou ceux en bois des manèges), les cavaliers et plus rarement des poulets et des coqs. Nadia Chomyn, outsider art a en fait, répété sans cesse le même thème.

Il y a clairement une recherche de perfection mais tout en restant vivant, libre avec des lignes volontairement chaotiques. D’autres artistes ont répété continuellement le même thème. Dans le cas de Nadia Chomyn, outsider art c’est son âge qui frappe l’imagination ! Elle a dessiné essentiellement entre 3 et 9 ans…

Elle a commencé par dessiner sur les murs, ce qui est totalement normal pour un enfant de son âge. Même si ça fait hurler les parents ! Elle a premièrement copié de mémoire des images vues dans des livres et refusait de dessiner à la demande. Ce que les autres pensaient de ses dessins lui était totalement indifférent.

De grandes discussions existent entre les spécialistes pour savoir si le dessin était pour Nadia Chomyn un moyen de communication, en particulier parce qu’elle a perdu sa capacité et l’intérêt à dessiner quand elle a acquit des rudiments de langage. C’est probablement le cas mais une réponse plus étayée dépasse de très loin le cadre de cet article.

Les dessins de Nadia Chomyn, outsider art a été comparé aux peintures rupestres par Nicholas Humphrey. Il émettait assez clairement l’idée que les humains vivant il y a 30.000 ans étaient primitifs faisait le lien avec le retard cognitif de Nadia Chomyn. La tentative n’est pas stimulante et la comparaison hasardeuse. D’autant plus que si la technologie débutait à peine, les capacités cognitives et artistiques de gens de cette époque équivalaient les nôtres

Pour aller plus loin, je vous recommande le livre de Lorna Selfe « Nadia Revisited » qui est la mise à jour en 2011 de son livre initialement publié en 1987.

Les informations sur Nadia Chomyn, outsider art relèvent souvent plus de la psychologie que de l’analyse artistique. Les commentaires sont donc les bienvenus ici pour toute information complémentaire.

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