Musée Grenoble – de Picasso à Warhol

Il est toujours intéressant de faire une visite commentée, cette fois au Musée Grenoble – de Picasso à Warhol, par Marie-Laure.

Cette exposition retrace les pièces acquises ces 10 dernières années. C’est aussi une manière de rendre compte de l’utilisation des fonds publics, le musée Grenoble étant municipal mais également financé par l’état et la région. Le titre de l’exposition est un peu racoleur puisqu’il y a uniquement un dessin de Picasso et une petite sérigraphie de Warhol.

Le musée Grenoble est tourné vers l’art du XX° siècle et un peu XXI° siècle. Un des buts des acquisitions est de combler les lacunes. Il manquait un Warhol, enrichir les ensembles, ouvrir les horizons. Il fallait également aussi enrichir les ensembles, ici avec les oeuvres minimalistes. Enfin il faut ouvrir des horizons.

Le musée Grenoble a été le premier dès les années 1920 à s’intéresser au travail des artistes contemporains, même avant les musées parisiens.

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol

Le dessin de Picasso (première photo) est très peu exposé. Ca fait partie des normes de conservation. Un dessin exposé 3 mois doit repartir 3 ans en réserve. Il a été acquis grâce au club des mécènes.

Il appartient à la période importante, le cubisme (1914) et plus précisément le cubisme synthétique. Sur les 16.000 oeuvres de Picasso nous avons seulement 130 papiers collés et seulement 12 du type de celui exposé, pas vraiment collé mais tenu par une épingle. Il a été acquis pour… 750.000€.

Le sujet est un verre. Les sujets du cubisme partent toujours de la réalité, ce sont donc des oeuvres figuratives. Le papier collé est une manière pour Picasso de réintroduire la troisième dimension dans le dessin. Le tout est bien entendu très symbolique et lié aux codes de la culture européenne du XX° siècle. Ailleurs ou à une autre époque, les choses seraient perçues autrement.

Cette oeuvre est l’une des plus prestigieuse du musée Grenoble. Elle a été classée d’importance patrimoniale majeure par la Commission des Trésors nationaux.

Dans la première salle on a également deux peintures du fauvisme. Une première de 1908, représentant une jeune prostituée. Ce qui bien entendu faisait scandale par le sujet mais aussi par la compositions qui met le sexe de la jeune femme au centre du tableau.

La troisième tableau, d’une période tardive du fauvisme montre une jeune femme à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. Pourtant elle a été prostituée puis tenancière. Elle a d’ailleurs écrit une biographie intitulée sobrement « La Maîtresse de maison ».

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol

Dans la seconde salle de l’exposition Musée Grenoble – de Picasso à Warhol un Chaissac a été acquis avec l’aide du FRAM et un autre est un don de sa fille.

Chaissac a largement côtoyé Jean Dubuffet. C’est un artiste autodidacte mais pas classé « art brut ». Il demeure libre et utilise tous les moyens, supports qu’il souhaite. En particulier des matériaux bon marché.

Chaissac cherche à retrouver la spontanéité des enfants. Il a d’ailleurs souvent travaillé dans la classe de sa femme qui était institutrice. C’était… peu conventionnel et pas bien vu de l’accadémie.

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol

La seconde oeuvre titre de l’exposition Musée Grenoble – de Picasso à Warhol

L’oeuvre de Warhol a été acquise (240.000€) grâce au concours du FRAM. Les choix du directeur du musée sont validés par un bon nombre de commissions qui valident la qualité de l’oeuvre, la pertinence et l’état de l’oeuvre.

Le pop-art vient après une période abstraite représentée par Pollock et le dripping. Warhol a beaucoup travaillé avec les symboles de son temps : coca-cola, les soupes Campbell, et les célébrités du moment. Il a aussi travaillé sur les catastrophes, la chaise électrique.

La technique est de la sérigraphie, c’est à dire, en gros : un pochoir sur lequel on appose de la peinture. Ce qui compte c’est le choix du sujet. C’est aussi une critique (et une utilisation commerciale) de la société de consommation).

L’image exposée, on a une Jackie Kennedy jeune, belle, rayonnante. On aperçoit JFK derrière, nous somme à Dallas. Quelques instant après cette image, tout va basculer !

C’est en quelque sorte un vanité comme il s’en faisait au XVII° siècle. Warhol parle ainsi de sa peur de la mort. C’est finalement commun à la plupart d’entre nous ! Dans le cubisme, on commence à utiliser des élément matériels de la réalité (feuille de papier pour l’oeuvre de Picasso) et le travail d’Arman est dans cette continuité.

Un accumulement de guitares fait partie du « nouveau réalisme », ici d’Arman. Ce sont des guitares qui ont été jouées mais qu’ensuite on jette quand on en a plus l’usage. Elles deviennent oeuvre d’art.

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol

Poursuivons le parcours dans l’exposition Musée Grenoble – de Picasso à Warhol.

Une salle est consacrée au minimalisme. Cette période arrive aux Etats-Unis après les accès du pop-art. Ici Robert REYMAN. Il veut revenir à l’essentiel de la peinture. Il a continuellement peint pendant 30 ans en blanc. Ici il a choisi un carré. Le blanc et le carré sont choisis parce que neutres pour forcer le regard sur le travail, la manière d’appliquer la peinture. Le 4 points d’accroche disent la continuité, la relation avec le mur et font partie de l’oeuvre. « Ce que vous voyez c’est ce que vous voyez ».

Il faut une certaine expertise mais chaque oeuvre est reconnaissable, il existe des critères. Par ailleurs il existe une traçabilité des oeuvres pour les authentifier.

Pendant des siècles les peintres se sont battus pour que leur travail ne soit pas reconnu comme un art de la main (artisan) mais un art de l’esprit. L’art conceptuel en est l’aboutissement.

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol

Le Musée Grenoble – de Picasso à Warhol présente une salle dédiée à l’Arte povera, qui utilise des matériaux pauvre, voir périssables comme des salades.

Une oeuvre représente des cartes l’Italie. Cette oeuvre s’appelle « l’Italie aux enchères ». Elle a été exposée San Giminiano en Toscane, à l’époque de Berlusconi. Au delà de ce qui est matériellement vendu c’est aussi la psyché qui est à vendre.

La main monumentale est un travail gestuel. Il est écrit, « le gant retourné du chirurgien ». Les chiffres écrits au dessus sont une suite de Fibonacci, elle est présente dans la nature.

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol

Poursuivons dans Musée Grenoble – de Picasso à Warhol. Ces tableaux sont des empreintes de l’intérieur d’un crâne.

Les deux pierres sont une seule oeuvre. La première est une pierre retrouvée dans un fleuve. L’artiste va remonter jusqu’à trouver le lieu d’origine, en extraire une pierre et la tailler à l’identique afin de lui faire faire le même parcours lais en accéléré.

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol

Vous souhaitez en savoir plus sur l’exposition du Musée Grenoble – de Picasso à Warhol ?

Allez-y c’est encore le mieux. Elle est ouverte jusqu’à la fin du mois d’août 2015.

Je vous laisse avec quelques photos.

A bientôt !

Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
Musée Grenoble - de Picasso à Warhol
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