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Martine REY, laque, visite atelier

Samedi 17 mai 2014 Le Naaba a rencontré Martine REY, laque, visite atelier avec famille et amis, qui nous a présenté son atelier et son travail sur la laque japonaise. Elle a d’ailleurs été formée un an et demi de formation au Japon.

Martine REY, laque, visite atelier nous a reçu chez elle avec beaucoup de gentillesse et nous a consacré 3h de son temps.

Générosité.

Quand je dis « nous », j’entends ma compagne, ma fille, un ami et sa fille.

La pièce principale de l’atelier est un volume créé à l’intérieur d’une autre pièce ceci afin de minimiser la présence des poussières. La finesse du travail exige ces précautions. Nous y rentrons d’ailleurs sans les chaussures.

La laque traditionelle provient de la sève de l’arbre à laque (Toxicodendron vernicifluum de son petit nom). Martine REY, laque, visite atelier en a planté un dans son jardin. La sève se récolte avec la même méthode que le latex depuis l’hévéa. Après 10 ans de récolte, l’arbre est épuisé et… meurt. L’intérêt de cette sève est qu’elle est toxique et a pour utilité initiale de protéger le bois des insectes. Cette laque naturelle et végétale est surtout produite en Chine. Cependant certains oeufs d’insectes peuvent rester en dormance 25 ans, rien de moins. Quand les dimensions le permettent, la meilleure solution reste le vide (qui fait éclater les oeufs) et le congélateur.

Il faut enlever l’eau de la sève pour obtenir une laque translucide. La polymérisation se produit à 20-25°C et 80% d’humidité.

La laque est commercialisée incolore pour l’essentiel, seule la couleur noire (oxyde de fer) peut être achetée. Le noir peut s’épaissir avec du charbon de bois. Le pigment ne se dissout pas, il est finement broyé et la laque est longuement mélangée avant utilisation pour une répartition homogène.

Pour les bois avec une surface complexe comme les bois flottés, Martine REY, laque, visite atelier laque directement sur le bois nu. Pour les meubles il y a premièrement un entoilage puis un enduit afin de faciliter le ponçage et que le bois n’absorbe pas trop la laque.

Si l’origine est en Chine, le raffinement de la laque est apparu au Japon. Et comme beaucoup de choses qui viennent de cet archipel correspond à une philosophie, la répétition des gestes a un côté méditation et vise à la perfection. Donc, les couches sont fines, nombreuses avec un polissage à chaque couche. On commence par les couches de couleurs puis les couches translucides. C’est ceci qui donne la matière, la transparence.

Dans les magasins de bricolage, le papier le plus fin pour poncer est de grain 800. Le plus grossier que Martine REY, laque, visite atelier utilise est de grain 2000 pour aller jusqu’à 3200 voir 6000. Pour la finition le polissage se fait tout simplement à main nue, comme une caresse, un massage. D’ailleurs, lors de la visite, Martine REY, laque, visite atelier encourage les enfants à « toucher » et ça c’est quand même rudement bien ! Lors du polissage Martine enduit sa main d’huile de cuisine, de tournesol, parce qu’elle nourrit le bois et n’est pas siccative.

Les pinceaux sont spécifiques à la laque, ce sont des cheveux collés à la colle de poisson, entre deux planches de bois. Ils sont taillés un peu comme des crayons au fur et à mesure de l’usage. Le coût est de  15€ à 35€ suivant la dimension. On trouve ces pinceaux dans tous les pays pratiquant ce type de laque, dont le Viet Nam.

Le pinceaux de petites dimensions sont faits de poils de moustache ou de sourcil. J’ai un faible pour les poils blancs comme ceux de la photo qui racontent aussi une histoire d’homme.

Les éléments de décor

Au japon il existe 35 types granulations différentes de poudres d’or, certaines poudres sont comme des gouttelettes de petites billes d’or.

Les feuilles d’or sont également utilisées avec des colorations différentes suivant les alliages (ex. palladium).

La nacre, issue des coquillages, est aussi largement utilisée traditionnellement. Comme on le voit sur les photos il existe de nombreux formats, couleurs et dimensions de nacre.

Enfin, surtout dans l’art nouveau, la coquille d’oeuf a été utilisée soit pour couvrir des surfaces après écrasement soit en l’utilisant comme élément de décor.

Pour terminer, la laque est traditionnellement utilisée pour restaurer les céramiques cassées.

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