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Lowbrow art : modeste mais pas timide, ça déménage !

By 26 février 2016Actualités, Dessin, Peinture

Un personnage de Mickey tattoué, percé et visiblement sous influence ? Une fillette aux allures rappelant les premiers cartoons de Disney qui se repaît d’une matière non identifée sortie d’un œuf ? Pas de doutes, vous vous êtes très sûrement égaré dans une exposition « Lowbrow art ».

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Le lowbrow art aux origines

Mais que caractérise ce terme barbare ? Pour le savoir, il faut remonter au début des 1960 quand le conceptualisme et le minimalisme commençaient leur règne sans partage dans le monde de l’art contemporain. Au même moment où se développe la culture alternative (comics, films de série B, custom de motos), apparait toute une frange d’artiste qui va s’imprégner de cette culture et proposer un art aux antipodes de l’intellectualisme, notamment au travers de la bande dessinée alternative.

C’est d’ailleurs l’un des chefs de file de ce mouvement, le jeune Robert Williams, qui inventera le nom de ce courant dans son livre « The Lowbrow Art of Robert Williams » paru en 1979. Le mot Lowbrow art  a été forgé par son contraire, l’adjectif « Highbrow » (littéralement « front haut ») que l’on attribuait aux amateurs d’art contemporain « élitiste » qui pouvaient parfois prendre cette posture hautaine. Loin de penser cristalliser un mouvement, le livre de Robert Williams se voulait un billet d’humeur, un véritable « coup de gueule » face à l’intelligentsia des Beaux-Arts qui refusait toute valeur artistique aux travaux de l’auteur, malgré des compétences ne serait-ce que techniques indéniables. Mais ce pavé lancé dans la mare ne tardera pas à faire des vagues et permettra à de nombreux artistes de se reconnaître dans cette volonté de sortir d’un art trop académique et d’utiliser les codes de la publicité, des comics, de la musique ou encore de la bande dessinée comme autant de moyens pour ramener l’art à un niveau plus universel.

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Le développement rapide du skateboard et de la scène punk vont accélérer le développement du lowbrow art en mettant à disposition des artistes autant de supports visibles du grand public.

Si aujourd’hui le courant Lowbrow art est largement plébiscité dans le monde entier et fait l’objet de magazines références, galeries spécialisées, il peine toujours à trouver sa place dans la paysage culturel français, où ces œuvres sont encore souvent assimilées à de l’illustration ou de la bande dessinée. Malgré tout, les talents français sont bien présents et rayonnent à l’international, comme peut en témoigner l’exposition collective « Lowbrow art en France » présentée à Spacejunk du 5 février au 2 avril 2016.

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Le lowbrow art vu depuis la France

Le propos de cette exposition lowbrow art est de montrer au grand public que ces artistes s’imprègnent de ce courant largement inspiré par la pop-culture américaine, tout en préservant une influence culturelle européenne, permettant un renouveau du genre. Les six artistes présentés sont parmi les plus représentatifs de courant artistique :

Nicolas Ödö Leborgne : inconditionnel du détail, Ödö travaille sur papier, utilisant aquarelle, stylo, acrylique et encres pour des créations ultra détaillées et riches de symbolique. Inspiré par le monde du tattouage, du street art ou encore de la boardculture, Ödö aime particulièrement mêler frontalement l’univers des dessins animés américains (Simpsons, Futurama, Disney) et le monde du tattouage old school ou encore de l’optical art pour des résultats percutants et hypnotisants.

Ciou : l’artiste toulousaine a su rapidement se faire une place dans le milieu international du pop art et du lowbrow art. Après une première exposition collective en 2004 à New York, elle expose par la suite partout dans le monde jusqu’à sa première exposition solo « Mysterious Flowers » à la galerie Roq la Rue à Seattle. Les influences de Ciou sont nombreuses, du vintage américain des années 30 aux années 70 au baroque européen en passant par l’art traditionnel japonais. Développant un univers peuplé de ses « Necro Kawaï » (« kawaï » signifiant « mignon » en japonais) et de leurs compagnons dans des scènes aux couleurs psychédéliques qui mêlent subtilement onirisme et cauchemar.

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Malojo : marqué dès son enfance par les couvertures de comics, les affiches de films d’horreur ou encore les cartoons de Tex Avery, Malojo a gardé ces références qu’il entremêle aujourd’hui de symboles mythologiques et religieux autour de personnages enfantins couverts de cicatrices et de boursouflures. Dans l’œuvre de Malojo, le mignon et l’immonde s’entrechoque, aucun des deux ne prenant jamais le dessus.

Berhart : autodidacte absolu, Berhart a suivi sans le savoir les pas de Todd Schorr, grand maître du lowbrow art. Après avoir été dessinateur de bandes dessinées, puis directeur artistique dans l’édition et la communication, l’artiste ouvrira sa galerie en 2005. L’artiste toulousain partage avec Todd Schorr son sens de la composition, très narrative et riche. Il mêle habilement icônes médiatiques, symboles populaires et monstres mythologiques pour des œuvres léchées à l’humour noir et piquant.

Veks Van Hillik : d’une enfance passée dans un petit village du sud-ouest de la France, Veks a gardé un intérêt certain pour la faune et la flore qui l’entoure, dont il puise son inspiration. Rapidement l’artiste né en 1988 développe un style unique onirique et inquiétant, tout en s’imprégnant de diverses influences, des peintres les plus classiques aux jeux vidéo. Chacune de ses œuvre est une ode à l’imaginaire, entre candeur et noirceur, entre rêve et cauchemar d’un enfant rêveur. Aujourd’hui l’artiste, non content de s’imposer rapidement comme une figure forte du Lowbrow art, s’essaye également au tattouage et au street art, tout en réussissant le tour de force de conserver cette esthétique qui lui est propre.

Jérome Barbosa : Bien plus connu pour son travail photographique, Jérome Barbosa est pourtant un acteur redoutable du lowbrow art actuel. Fan inconditionnel de la bande dessinée alternative, Jérome Barbosa rend hommage tout au long de ses créations aux grands maîtres de cet art. De Robert Crumb à Claude Serre, en passant évidemment par Robert Williams ou encore Daniel Clowes, l’artiste multiplie les clins d’œil à ces prédécesseurs, que ce soit en leur empruntant leur style le temps d’une œuvre ou en glissant des références à leurs plus grandes œuvres.

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