Louis Soutter peintre suisse… et pornographe

By 21 décembre 2016Actualités, Dessin, Peinture

Louis Soutter peintre suisse. Vu comme pornographe et fou, c’est quand il a côtoyé la mort qu’il a été le plus vivant.

Louis Soutter peintre suisse
© Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts / Photo: J.-C. Ducret

En 1940 mon grand-papa, Max Billeter, achetait une pharmacie à Morges en Suisse. Là où ça intéresse plus largement que l’histoire de la famille c’est quand on sait que le vendeur était Albert Soutter, le frère de Louis Soutter peintre suisse. Mon oncle Jean Billeter, écrivain, en a tiré le titre de son premier livre, Dans la chambre du pornographe, tant l’histoire l’a marqué.

Le frère de Louis Soutter était alcoolique et avait ruiné sa pharmacie.

Plus connu dans les biographies, le cousin, par sa mère, portait comme nom d’artiste Le Corbusier mais j’y reviendrai.

Louis Soutter peintre suisse né dans la petite ville de Morges

Morges est une toute petite ville tranquille au bords du lac Léman. Mais pas complètement assoupie.

Igor Stravinsky y a vécu durant la même période que Louis Soutter, plus tard Bernard Clavel et le navigateur Pierre Fehlmann (qui fut dans la même classe d’école que ma mère mais ça n’a rien à voir avec Louis Soutter).

Actuellement se déroule à Morges, en septembre, un important évènement littéraire, Le Livre Sur les Quais.

Donc, Louis Soutter est né dans cette petite ville.

Sa mère était musicienne et enseignait le chant. Son frère et sa soeur sont devenus également musiciens.

Louis a débuté des études d’ingénieur puis d’architecte pour enfin étudier la musique auprès de Eugène Ysaÿe. Louis s’est d’ailleurs marié à une de ses élève, Magde.

Il étudie également la peinture à Lausanne et Paris et part aux Etats Unis où il est nommé directeur du département des beaux-arts du Colorado College. Mais, divorcé, il revient en Suisse et obtient en 1906 une place de premier violon dans l’Orchestre Philharmonique de Genève. Donc, bon musicien et artiste instruit.

Louis Soutter peintre suisse regarde la mort

Dans son livre, Michel Thévoz souligne la discrétion de Louis Soutter peintre suisse sur les raisons de son divorce. Mais un jour il mentionne « je n’ai jamais eu la force d’avoir des enfants ». Brillant, Louis a pourtant continûment poursuivi son chemin vers l’échec et la mort. Le succès lui était intolérable. On a dit qu’il était « un suicidé de la société ».

Peu après la mort de son père, il expose un portrait de sa soeur titré « Deuil » !

Ce portrait fit scandale et il a été détruit par la femme de son frère Albert. Pourtant un critique, dans la Gazette de Lausanne conclut « Néanmoins, ce tableau est loin d’être indifférent ».

Pendant 71 ans Louis Soutter peintre suisse aura attendu, effrayé, la mort. Ses dessins ont autant matérialisé qu’exorcisé ses angoisses.  Et il en a produit une très grande quantité.

Les 19 dernières années, enfermé dans un asile de vieillards dans le Jura, près de la frontière française lui aura laissé ce temps et cette disponibilité à ses obsessions.

Pendant un temps, son cousin, Le Corbusier, lui fourni du papier de meilleure qualité, des plumes et de l’ancre de Chine. Jusqu’au moment où, perclus d’arthrose, il ne peut plus tenir d’instrument et trempe directement les doigts dans l’encre.

Jean Dubuffet le découvre vers 1945 et apprécie ses oeuvres. La sauvagerie l’incite à l’inclure dans la catégorie des artistes bruts mais Louis est bien trop cultivé et instruit pour rentrer dans cette catégorie stricte. Dubuffet le tiendra finalement à l’écart, ce qui va bien à Louis Soutter !

C’est l’enfermement qui remet Louis Soutter au dessin et s’y consacre avec acharnement. C’est la confrontation à la mort qui lui fait produire une oeuvre immense et forte. Et une oeuvre c’est vivre au-delà de la mort. Comme un équilibre des forces entre Eros et Thanatos. L’impossible sexualité est d’ailleurs fortement présente dans son travail. Vous l’avez compris, c’est lui le pornographe.

La mort ?

Juste quelques titres pour illustrer, « êtres », « âmes », « crucifixion », « les employés du sang », « vivants enserrés », « nous allons périr en chemin », « le culte », « Si le soleil me revenait », « Famille de sans Dieu sur terre », « Madone de sang », « fée du grand passage », « confiture aux péchés », « avant le massacre ».

Hermann Hesse lui fait dire « Un jour la mort m’a regardé ».

Son enfermement dans un asile est une sorte de libération de l’enfermement bourgeois de sa famille. C’est la déchéance sociale, physique, mentale qui libère la force créatrice. Il fait des dessins par milliers.

A sa mort, en 1942, ses  dessins se vendent 1 « sou » (une pièce de 5 centimes) quand un petit pain se vend 4 sous…

Aujourd’hui les oeuvres de Louis Soutter peintre suisse sont prisées et même exposées à La Maison Rouge à Paris en 2012 avec le Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne et prohelvetia (fondation suisse pour la culture). A l’excellent Musée Fenaille de Rodez la même année et la Maison de Victor Hugo en 2015.

Avez-vous des oeuvres de Louis Soutter ?

Si vous avez vu des oeuvres de Louis Soutter peintre suisse, laissez un commentaire pour partager ce que vous avez ressenti.

Louis Soutter peintre suisse
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