HAMSI Boubeker peintre naïf et berbère de Kabylie

HAMSI Boubeker est un peintre naïf mais qui a longtemps été musicien. Venu de sa Kabylie natale, il est maintenant installé en Belgique depuis des décennies.

HAMSI Boubeker peintre naïf

HAMSI Boubeker peintre naïf mais d’abord chanteur

Je ne me souviens plus comment j’ai connu HAMSI.

En tous les cas, il y a quelques mois j’ai reçu une invitation pour un vernissage à Paris pour son exposition « paroles tissées ». Le peu que j’en ai vu dans ma messagerie électronique m’a donné envie de prendre contact avec lui.

Dès que je demande à HAMSI quelles sont les origines de son art, il me parle des femmes. C’est à dire son enfance. Peut-être la nostalgie de la gynécée ?

Son inspiration de peintre naïf puise aux sources traditionnelles des dessins qui se retrouvent un peu partout en Kabylie. Sur les murs, sur les poteries, etc.

Ces dessins étaient aussi un langage codé où seules les femmes étaient initiées. C’était un véritable moyen de communication et d’expression. Quand d’autres femmes venaient lui rendre visite, sans dire un seul mot les évènements du moments étaient connus. Aujourd’hui l’anthropologie a fait son travail et tout le monde a accès à la signification des motifs. Dans le même mouvement ils en perdent leur puissance. HAMSI me dit qu’il s’est approprié ces motifs pour ses dessin ainsi que sa soeur mais dans la couture.

Les motifs avaient trait à tout ce qui est agraire, l’occupation quotidienne et nourricière. S’y trouvaient aussi des motifs relevant de la magie.

HAMSI est né à Béjaïa, petite veille kabyle du bord de mer, à 200km à l’est d’Alger. Il est né en 1952 alors que la guerre commençait mais la guerre n’est jamais présente dans son travail.

Jeune adulte il est allé à Alger où il a rencontré des personnes reconnues du monde de la musique et de l’écriture. Il a fait des études de lettres françaises. Etant kabyle, HAMSI regrette l’arabisation forcée du pays.

A Bejaïa, il a grandi avec l’arabe dialectal et le kabyle.

HAMSI est arrivé en France à l’âge de 27 ans par le biais de la chanson pour enregistrer des chansons. Mais avec un visa touristique de 3 mois, le temps de repartir en Algérie est venu.

Mais ne voulant pas rentrer, il s’est tourné vers la Belgique grâce au réseau des anciens « porteurs de valises » de la guerre d’Algérie. En tant qu’artiste, il a pu obtenir des dates de concerts et installer sa vie en Belgique avec un visa professionnel. Venu pour trois jours il est maintenant en Belgique depuis plus de 30 ans.

HAMSI Boubeker peintre naïf maintenant reconnu

Puis un jour, HAMSI a choisi de faire lui-même la pochette d’un disque (vinyle à cette époque). Il a été voir une voisine artiste peintre qui lui a expliqué les bases.

Cette pochette a visiblement été appréciée et HAMSI est progressivement devenu peintre naïf. Il me précise que la scène est physiquement difficile et que la peinture lui a permis de continuer à s’exprimer mais à un rythme qui lui convenait mieux.

Comme support HAMSI peint aussi sur des assiettes, ce qui lui rappelle les poteries de son enfance. Toujours ce qu’il a vu faire par les femmes de Kabylie.

HAMSI me dit qu’il n’a pas trouvé difficile de passer de son état de musicien à peintre naïf. Les expositions sont venues mais il n’a pas aimé travailler avec des galeries, il préfère rester indépendant.

Il me dit aussi que pour lui, la peinture est un moyen de raconter une histoire, que l’art sert à communiquer même entre des personnes a priori avec des conceptions opposées. L’art rapproche les peuples.

Sur ses peintures on ne voit quasiment jamais des enfants et il précise, « c’est moi l’enfant » ! C’est exact, ses peintures sont un rappel permanent de ce qu’il a vu lorsqu’il était petit garçon.

Par contre la main de Fatima est un élément de culture très important qui se retrouve beaucoup dans son travail. En soi, la main est un symbole fort dans toutes les cultures et permet de travailler avec des enfants sur un élément qui leur parle lors d’ateliers.

Aujourd’hui HAMSI ne vit pas complètement de la vente de ses oeuvres. D’ailleurs, certaines oeuvres lui ont demandé un tel travail personnel qu’il ne souhaite pas les vendre.

Pour ce qui me concerne, ce sont les oeuvres de la série Parole tissée qui me semblent les plus riches.

Pour les artistes qui débutent, il recommande de travailler beaucoup et d’être patient. Accepter certaines critiques est aussi une aide pour progresser.

Une question pour vous

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