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Gueguense et Toro Huaco, fusion des cultures à Diriamba, Nicaragua

Découvrez les danses Gueguense et Toro Huaco et plongez dans les anciennes traditions du Nicaragua.

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Amérique centrale, Nicaragua, Diriamba, en route vers le Gueguense

Il existe en Amérique Centrale un pays également central: le Nicaragua. Diriamba est une ville située au Sud-est, à égale distance de la capitale, Managua et de Granada, ville dite « coloniale » et qui se trouve être la plus touristique du pays.

Pour arriver à Diriamba, nous empruntons une route ondulant à la verticale entre des champs, des fermes et des arbres géants. Notre voyage est un enchantement visuel créé par la luxuriance de la nature, l’omniprésence du vert mis en valeur par les éclats rouges des fleurs de flamboyant… Tout cela peut donner l’impression d’entrer dans une autre dimension, plus tranquille et plus protégée. Lorsque nous nous approchons de la ville nous voyons émerger du lointain les coupoles et les tours blanches, aux reflets jaunes, de la basilique San Sebastian.

Alors que nous nous dirigeons vers ce bâtiment, trônant sur la grande place, nous pouvons lire sur les murs colorés de la ville les noms des tagueurs, leurs signatures ou leurs graffitis plus élaborés. La nouvelle génération de peintres s’est appropriée la ville pour le plaisir de nos yeux. Entre leurs créations apparaît fréquemment une tête de cheval souriante, ceinte de décorations dorées. Il s’agit du masque emblématique du « Macho », un personnage secondaire de l’œuvre théâtrale El Gueguense, déclarée Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco . Nous y reviendrons.

Danses théâtrales ancestrales du gueguense et Toro Huaco

Le Gueguense et le Toro Huaco sont les principales danses de groupe qui accompagnent actuellement la procession rituelle, lors de la fête de San Sebastian. La statue du saint sort chaque année de la basilique à trois reprises : aux mois de janvier, avril et juin. Le cortège qui l’accompagne en grande pompe se dirige vers l’un des villages voisins, en fonction de la date et de la fête correspondante. Arrivé à destination, elle retrouve les statues de deux autres saints avant d’entrer ensemble dans l’église locale.

Certains masques des deux danses évoquées plus haut se ressemblent : des hommes aux yeux bleus, à a moustache et aux cheveux blonds ou bruns. Ils symbolisent les espagnols, les conquistadors, les colonisateurs. Cette similitude crée une confusion entre ces danses dans certaines publications. De plus, toutes deux comportent également des masques d’animaux aux yeux bleus.

gueguense
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Le Toro Huaco

Dans celle du Toro Huaco, c’est la vache, avec ses cornes peintes. Le masque est fixé sur une espèce de carapace. Un danseur la porte et l’agite devant lui, en tête de la procession. Deux files indiennes de danseurs le suivent, marchant en zig-zag de droite à gauche en agitant une maracas métallique appelée « chischil ». Certains auteurs mettent en lumière que cette manière de cheminer fait référence au Serpent à Plumes, le célèbre dieu Quetzalcóatl, figure majeure du panthéon centraméricain.
Cette danse a des racines historiques très intéressantes puisqu’elle semble être une danse guerrière. Les participants sont masqués pour ne pas être identifiés, ils portent des capes et des bottes mais leur origine indigène se retrouve dans leur musique ainsi que dans leurs chapeaux décorés de plumes de paon. Cela fait référence aux amérindiens du Nicaragua qui attaquaient et volaient les vaches des colons, la nuit, pour s’approprier la force mythique qu’ils leur rattachaient. En effet, ce stratagème pour s’approcher des troupeaux espagnols, déguisés et masqués, semble être le meilleur.

Le Gueguense

Dans celle du Gueguense, les « machos » (ou les mules) sont des masques que portent les danseurs. Ils ont de magnifiques costumes et le Macho appelé « Grand Macho » porte un coffre. On dit qu’il contient les richesses du « Gueguense » (nom signifiant « le vieux », en langue Nahuatl.) C’est un marchand métisse qui va concrétiser un mariage de grand intérêt pour lui, entre son fils et la fille du gouverneur espagnol. Dans la pièce, les « Machos » servent de monture aux fils du Gueguense au cours de quelques danses. De plus, dans la dernière partie de l’œuvre, les trois métisses parlent des « Machos », souffrants et usés par leur labeur. Chacun d’entre eux souffre d’un mal physique, sans doute provoqué par une charge de travail exagérée, inhumaine.
Plus qu’une danse, le Gueguense est une œuvre de théâtre de rue, ou une comédie-ballet, écrite dans un mélange d’espagnol et de langues indigènes : le Nahuatl et le Chorrotega. Pour quelques intellectuels, cette pièce de théâtre symbolise par dessus tout le métissage des cultures et des populations européennes et américaines. Pour d’autres, on y retrouve surtout une critique sociale sous forme de farce.
Le trait le plus mis en avant est celui du Gueguense qui arrive à éviter de payer les taxes que les espagnols exigeaient de lui grâce au mariage de son fils avec la fille du Gouverneur. Mais on trouve également dans cette œuvre une critique des mauvais traitements infligés aux indigènes, à partir du moment où l’on comprend que les « Machos » symbolisent les premiers habitants du Nicaragua.

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Le « Macho », emblème d’un idéal

Il y a une cinquantaine d’années, les « machos » dansaient pieds-nus. Les métisses avec des sandales et les espagnols bottés de cuir. Leur rang social se reflétait sans ambiguïté à travers leurs pieds.

Aujourd’hui, le masque du « Macho » est le plus représentatif de l’œuvre théâtrale, nous pouvons le voir représenté au sein de nombreux endroits du pays. Certains spécialistes soulignent le fait que ce masque a toujours servi à attirer l’attention du peuple.

De façon très subjective, je projette dans ce personnage tout mon attrait pour les cultures primitives qui n’ont pas perdu leur connexion puissante avec la Nature. Quand je regarde ce cheval habillé en humain ou cet humain portant un masque de cheval, la figure du chaman, du sorcier, de l’homme-médecine me vient aussitôt à l’esprit. Un être tellement lié à la Mère Terre qu’il peut se transformer et devenir animal, végétal ou minéral. Tellement conscient du fait que la Vie Sacrée court de la même façon dans tous ces êtres vivants qu’il les respecte, les valorise et les aime. Qui sait si dans ce coffre, que le « Macho » porte et garde jalousement, il n’y a pas plutôt des plantes médicinales, des amulettes et les cendres des ancêtres de sa tribu ?

Mon travail ne prétend pas livrer une connaissance exhaustive du Gueguense et du Toro Huaco. Mais plutôt ouvrir une vision poétique mettant en relation le décor, la peinture traditionnelle et celle de rue avec les danseurs masqués, à partir de fragments de la réalité dans laquelle perdurent et évoluent ces traditions.

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