Galerie d’art Lyon : Céline Moine, nomade et contemporaine !

Aujourd’hui je veux vous faire découvrir la galerie d’art lyon de Céline Moine. Sa proposition artistique est une démarche, une oeuvre en soi, une passion.

Galerie d art Lyon Céline Moine

Rencontrer Céline Moine a été facile et agréable. Lorsque je lui ai proposé un entretien, elle m’a immédiatement répondu favorablement et l’échange que nous avons eu a été passionnant. nous nous sommes retrouvé dans sa galerie d’art à Lyon.

Céline Moine bien avant la galerie d’art Lyon

Les choses ont commencé quand Céline Moine était encore petite fille. Elle était volontiers solitaire et plongée dans les livres. Au point que l’école a convoqué sa mère parce qu’elle préférait lire à la récréation que de jouer avec ses camarades. Lire à l’école, est un motif d’inquiétude plutôt… intéressant. Elle me dit « je cherchais un truc ».

Un élément qui l’a marquée c’est une prof d’histoire-géographie qui demandait d’illustrer les cours. Céline Moine se plongeait dans l’encyclopédie de sa mère pour y chercher des gravures et s’en servir de base. Un intérêt pour le trait, m’image, l’histoire.

Son père était concessionnaire automobile et loin de la chose artistique. En s’intéressant au parcours de sa fille, à force de voir des œuvres, son oeil et son goût se sont aiguisés.

Sa mère était passionnée, non par son activité professionnelle mais par la botanique, la littérature et la musique. Une femme d’une grande sensibilité.

Au Musée des Beaux Arts de Lyon, Céline Moine a été profondément marquée par La Folle (la Monomane de l’envie) de Géricault, la rencontre avec l’œuvre. C’est là que son choix a basculé et qu’elle a ressenti l’impérieux besoin d’être connectée l’univers de l’art. EAutre rencontre déterminante : une exposition d’Alberto Giacometti qu’elle fréquente assidument dans le même musée. En particulier sur son travail sur la pesanteur et l’apesanteur. Même si à l’époque elle ne mettait pas des mots si sophistiqués, c’était au contraire une émotion brute.

Ces oeuvres résonnaient avec la quête de soi, la métamorphose qui traverse l’adolescence.

Céline aimait particulièrement dessiner mais se sentait timorée et préférait l’art des autres et leurs univers féconds. Elle se sentait comme écrasée et. Pourtant ses professeurs la poussaient à faire les beaux-arts où elle a été acceptée après un baccalauréat littéraire avec option… math.

Sous l’impulsion d’une prof, elle avait le souci d’être une femme indépendante (elle insiste sur ce mot) et ne pas dépendre des revenus d’un homme. Ce qui est tout à fait honorable mais impose une contrainte économique à ses choix. Etre artiste c’est aussi galérer financièrement et se pose la question de son propre talent, de la détermination sans vivre aux crochets de quelqu’un.

Céline Moine a donc renoncé à la vie d’artiste mais a voulu comprendre comment les choses fonctionnent et elle est passée de l’autre coté de la barrière : le marché de l’art, comment l’art circule et se diffuse. Comme l’économie pure l’ennuyait, elle a suivi des études d’histoire de l’art où elle s’est par contre complètement épanouie en poursuivant jusqu’au doctorat.

Galerie d’art Lyon : Céline Moine nomade trace sa route

Dans le cadre de ses études, elle a organisé des évènements et des conférences.

C’est là qu’elle a été repérée puis embauchée à la société Artprice (installée à la Demeure du Chaos au nord de Lyon et dont je vous ai déjà parlé) en 2005. Elle est analyste du marché de l’art et travaille sur les éléments fournis par le service d’économétrie (ça fait sérieux d’ajouter des mots incompréhensibles de temps en temps et ça permet de briller en société, j’adore ça…). Artprice est une sorte d’immense base de donnée sur l’art, les artistes et l’évolution des ventes. La masse d’information accumulée par Artprice permet de voir quand une bulle spéculative émerge sur un marché, de voir les tendances sur un type d’art ou une région.

Céline Moine me dit que ses études d’histoire de l’art lui permettent de comprendre ce qui se trouve derrière les chiffres. De voir ce tiendra dans la durée et d’avoir du recul.

Parallèlement à ses études Céline Moine a travaillé en galerie d’art Lyon. Elle a besoin d’avoir plusieurs activités, plusieurs points de vue simultanés. Pendant une période de 5 ans, ce travail l’amène  au courtage (intermédiaire entre un acheteur et un vendeur) des oeuvres de grands maîtres. Elle allait assister aux ventes aux enchères de prestige à New York : Monet, Modigliani, Picasso, Braque,… Céline me dit que c’est une chance de pouvoir se trouver en présence d’oeuvres fabuleuses parfois protégées dans les coffres forts de banque, donc des rencontres rares.

Les collectionneurs qu’elle a rencontré étaient majoritairement des particuliers, donc pas des sociétés. Ils collectionnaient de l’art pour l’aspect patrimonial et financier bien entendu et en ont les moyens. Cependant, c’est avant tout une passion qui dévore leur vie, des personnes qui parcourent le monde au rythme des grandes foires et expositions. Ils sont aussi très conscients de leur chance de croiser l’exception.

Céline me parle d’une oeuvre de Kandinsky qui a battu des records lors d’une vente aux enchères (plus de 42 millions de $). Elle me précise que Kandinsky a beaucoup travaillé sur les synesthésies entre le son et la couleur et que face à l’oeuvre originale ce n’est pas seulement de la peinture mais que l’on sent une vibration. Le prix est juste un chiffre qui montre l’exception de l’œuvre. Ce chiffre n’est pas rationnel, il suffit de deux collectionneurs dans le monde qui veulent l’œuvre au delà de toute raison pour que l’enchère explose jusqu’à ce que l’un des deux cède. Céline me dit que les chiffres du marché de l’art sont donc à prendre avec précaution.

Pour sa galerie d’art Lyon, créée en 2010, fixe son camp de base à Lyon en 2017 en ouvrant un showroom en étage et organise des expositions hors-les-murs tout se rendant présente sur les foires. L’édition et la production d’œuvres font partie du travail. Tout comme la vie d’artiste, la vie de galeriste d’art est compliquée économiquement.

Céline Moine me dit que la vente d’œuvre sur Internet fonctionne mais sous certaines conditions, qu’un travail de profondeur doit se faire, on ne vend pas un produit. Même si une personne veut acheter par Internet, elle a besoin de parler à la personne pour s’assurer que la rencontre se fait. Le chemin doit être vertueux, inscrit dans l’histoire de la pensée.

Celine Moine travaille sur l’émergence et doit faire circuler l’œuvre de la manière la plus juste possible. Etre galeriste c’est du sport ! Elle veut garder une distance raisonnable avec l’aspect financier de l’art. Un de ses plaisir est d’essuyer un refus quand elle propose à un collectionneur de racheter une oeuvre pour la faire circuler ! Ça veut dire qu’ils sont heureux avec cette oeuvre.

En 2008 Céline Moine voulait absolument montrer le travail photographique de Hervé All mais les galeries était alors réticentes dans une période économique tendue. Elle décide alors de revendre une œuvre de sa collection pour financer une exposition. Les choses ont bien fonctionné et la galerie était lancée ! Avec des artistes alors inconnus et en prenant sa camionnette pour les exposer dans les différentes festivals puis des foires.

Aujourd’hui elle travaille avec des formes d’arts très différentes et aime ça.

Actuellement, sa démarche est engagée. Elle réinvesti la plupart des gains dans l’édition ou le montage de nouveaux projets.

Elle achète aussi des œuvres aux artistes pour s’assurer qu’elle présente les plus belles oeuvres à ses clients. Par exemple pour Thomas Henriot, elle va l’accueillir à New York, Cuba ou Tanger. Suivant la notoriété de l’artiste et l’importance des œuvres, celle-ci se vendent entre 500€ et 10.000€ en moyenne.

Avec sa galerie d’art Lyon, Céline Moine n’est elle-même plus émergente et se fait sa place au soleil de l’art. Sa proposition est à suivre !

Une question pour vous

Si le travail de galeriste a une dimension nécessairement marchande, c’est aussi un travail de conviction et d’engagement.
Considérez-vous qu’être galeriste c’est aussi faire œuvre ?

Déjà 12174 personnes font partie de la tribu !

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2 Comments

  • RICARD dit :

    Bonsoir
    Je vous remercie de cette présentation du travail de Madame Céline Moine dont la Galerie se situe proche de chez moi (j’habite Romans sur Isère dans la Drôme).

    Bravo, Madame pour votre travail, votre engagement auprès des artistes et de leurs œuvres ! Diffuser, mettre en valeur des histoires qui ne s’entendent qu’avec les yeux et le cœur, mettre en valeur une œuvre, c’est créer une œuvre….Votre Œuvre à vous !

    Chacun de nous œuvrons à quelque chose me semble-t-il…. parfois très modestement, c’est mon cas.

    Bien à vous *** Marie-Martine***

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