Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien

Il n’y a que quelques années que j’ai découvert Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien au gré de mes recherches en librairie. Ce sont à la fois les couleurs et les formes non académiques qui m’ont attiré.

Il né fin 1928, à Vienne, sous le nom de Friedrich Stowasser. A moitié juif, par sa mère. Mais quelques années plus tard, la moitié a été arrondie à l’entier supérieur. Son père décède quand il a un an.

A 9 ans (1937) il a été baptisé catholique. En 1938 Hitler envahi l’Autriche et commence alors l’Anschluss. Les lois raciales s’en prennent premièrement aux convertis. Pour tenter de le préserver, sa mère l’inscrit aux jeunesses hitlériennes.

Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien

Ses premières oeuvres ne reflètent en aucun cas les circonstances, elles sont paisibles. Après la guerre, Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien, travaille pour un fermier, il est ému par le vert des plantes et le brun de la terre. C’est là qu’il décide de devenir peintre.

En 1948, il entre à l’académie des beaux arts de Vienne dans la classe de Robin Christian Andersen. Mais il est rapidement parti après avoir appris les bases. Il s’est d’avantage senti influencé par Egon Schiele, surtout par ses couleurs. Friedensreich Hundertwasser, voyait les maisons de Scheide comme des êtres vivants. Dans cette période, il déclare, en anglais « Art is always changing, we must be creative ».

En 1950 sa première exposition a lieu à Paris. Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien, vient de changer son nom. Stowasser signifie « cent eaux ». C’est en 1961, alors qu’il vit au Japon qu’il change son prénom. Au cours de sa vie, il change encore plusieurs fois de nom. Il dit qu’il est peintre, architecte, écologiste et les différents noms permettent de montrer ses différentes personnalités. Un nouveau nom est comme une nouvelle naissance.

La politique et Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien

Il est facile d’imaginer que le totalitarisme nazi et ses bataillons bien carrés ont eu un impact important sur sa pensée. Il rejette toute géométrisation des gens ou de l’architecture.

En 1959 il s’est impliqué auprès du Dalaï Lama dans sa fuite du Tibet. Auprès de l’Union Européenne il a défendu le droit aux particularités régionales. Moins connu et plus surprenant, il a plaidé en faveur d’une monarchie constitutionnelle en Autriche.

Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien… et architecte

L’architecture a toujours un faible pour les francs tireurs. Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien en est un ! Ses bâtiments sont très clairement hors des standards esthétiques du moment, ils ont un rapport avec la spontanéité, la logique des enfants et respectent tout juste la règlementation.  Elemer Zalotay et Lucien Kroll nés dans les même années ont des propositions similaires. On retrouve aussi de nombreux points communs avec son ainé Antoni Gaudí : les formes vivantes, les couleurs et un grand usage des tuiles.

Initialement, c’est la ville de Vienne qui l’a sollicité parce que des officiels avaient été impressionnés par ses peintures. Ils ont appointé une équipe d’architectes pour travailler avec lui (Herr Pélican). Il fallait que le bâtiment tienne debout… tout de même.

Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien et architecte est connu pour ses bâtiments colorés. Il recherchait les formes irrégulières et incorporait de la nature vivante. Des toits végétalisés comme on en voit traditionnellement en Norvège ou en Nouvelle Zélande. Mais aussi des arbres au balcon, considérés comme des invités.

Contrairement à beaucoup d’architectes il considérai que le bâtiment devait être au service des habitants. Souvent, il est au service du « geste architectural », autrement dit à la gloire de l’architecte. Il s’est lancé en 1959 dans l’architecture parce qu’il critiquait, dénonçait la rigidité de l’existant moderne. Il voyait ça comme « un outil du Diable » ou le « le fondement de notre société pourrie ».

En 1956 Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien publie « Manifeste de la moisissure contre le rationalisme dans l’architecture ». Il s’oppose dans ce document à l’architecture fonctionnelle et veut la réappropriation par les humains. Selon lui, bien des malheurs de l’humanité proviennent d’une architecture monotone, stérile, rationnelle.

Par ailleurs et ce n’est pas sans lien, il intègre les considérations écologiques dans la conception du bâtiment. Planter des arbres devenait une obligation car nous sommes des invités de la nature et devons être des invités bien élevés ! Il s’est battu pour la préservation de l’habitat naturel.

Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien

Friedensreich Hundertwasser admire les artiste ayant travaillé avant l’âge rationnel. Sachant que l’archéologie et l’histoire nous montrent que les hommes de la pré-histoire n’étaient pas moins rationnels que les hommes modernes. Il était attiré par les peintres médiévaux, indiens, est asiatiques, africains, les peintres rupestres amérindiens et les Maori. Il regrette qu’à son époque la beauté soit considérée comme mauvaise en art.

En 1951, après un séjour au Maroc où il vit comme les locaux, il retourne à Vienne et découvre le procédé Rotaprint. Au cours de sa vie il aura produit environ 1.000 imprimés en lithographie, impression sur soie, sur bois, gravure, linogravure ou multimédia.

Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien considère ses images comme des portes ouvertes sur un monde premièrement clos et distant. En clair, le paradis.

Friedensreich Hundertwasser a aussi été impressionné par le baroque autrichien et sa volupté, ses riches rondeurs ornementales. Il voit la ligne droite, faite à la règle comme un danger mortel. C’est étranger à l’humanité, la vie.

Friedensreich Hundertwasser estimait qu’un atelier de peintre devait avoir de petites fenêtres. Avec de grandes fenêtres on regarde dehors. Avec de petites on regarde à l’intérieur. C’est discutable dans l’absolu, mais tout à fait adapté à son travail.

En 1977, en ouverture du festival de Salzburg, Léopold Sédar Senghor, alors président du Sénégal, a dédié son discours d’ouverture à Mozart, Rilke et Hundertwasser. Il louait en particulier la capacité à puiser dans des influences culturelles diverses pour en faire un synthèse harmonieuse. Senghor voyait ceci comme une régénération de l’Occident.

Friedensreich Hundertwasser, peintre autrichien, pensait qu’un artiste doit avoir une moralité spéciale, il doit montrer à chacun comment se comporter dans la vie. D’ailleurs un artiste n’est pas forcément quelqu’un qui peint. L’art a le devoir de donner de l’espoir aux gens, doit faire le bien. En bref, Friedensreich Hundertwasser voulait montrer qu’il possible de trouver le paradis sur terre.

Au final, il aura trouvé le paradis… en mer ! A bord du Queen Elizabeth II alors qu’il était en chemin de la Nouvelle Zélande vers l’Europe, en 2000. Il est enterré en Nouvelle Zélande.

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