Florence Joly outsider art, regarder à l’intérieur et plus haut

Florence Joly outsider art s’est plongée avec avidité dans le dessin et la peinture. Pour cheminer à l’intérieur d’elle-meme puis trouver les autres.

Florence Joly outsider art

Florence Joly outsider art aux sources

Florence Joly outsider art m’a beaucoup parlé de sa famille.

Elle me dit ouvertement qu’elle l’aime et cependant, son chemin de vie s’est éloigné de ce à quoi elle était destinée.

En même temps les choses sont plus compliquées, forcément.

Son père était d’une lignée modeste, de la campagne. Du côté maternel, sa grand-mère était d’un milieu paysan pauvre mais elle était couturière et Florence Joly insiste pour dire qu’elle avait de l’or dans les mains.

C’est d’ailleurs une lignée de femmes qui créent mais qui s’en cachent « ça n’intéresse personne » disaient elles. La mère de Florence Joly crée quand les enfants ne sont pas là et simplement n’en parle pas.

Florence Joly est remontée jusqu’en 1870 et à chaque guerre des hommes mouraient ou revenaient fracassés. Les femmes en subissaient également le fracas.

Il y a plusieurs personnes en nous et les strates des générations ne s’effacent pas à chaque naissance. Elles s’accumulent, d’autant mieux qu’on tente de les taire. Le psychiatre Boris Cyrulnik n’utilise pas des mots savants pour ça, mais il dit « on bricole ». Florence Joly bricole et si les mots savants sonnent bien à vos oreilles, nous dirons qu’elle cherche à transcender sa vie.

Au milieu d’une fratrie de cinq enfants, le dessin était une manière de se ressourcer. Malgré les finances modestes, les parents fournissaient largement du papier et des crayons aux enfants, ce qui était une manière de les encourager. Le vrai déclencheur est venu d’une institutrice qui a aimé un de ses dessins et l’a affiché dans la classe avec des encouragement des autres enfants.

A la fin du collège Florence Joly outsider art a dit qu’elle voulait faire du « dessin » parce que c’est par ce mot qu’elle connaît l’art. Elle a été appuyée par sa professeur de dessin. Il faut d’ailleurs préciser que cette prof. lui fournissait du matiériel, des encres qui n’était pas donné aux autres enfants.

Florence Joly est allée faire les arts appliqués. Elle n’a présenté qu’un concours… et a été acceptée !

Après ses études, elle a eu la chance de ne pas connaître le chômage et a pu expérimenter plusieurs métiers.

A la naissance de son fils un profond ébranlement intérieur l’a comme forcée à se réaliser. Florence Joly s’est emparée d’une toile et… pendant 10 ans, elle n’a fait que peindre !

Une nécessité intérieure s’était brutalement emparé d’elle.

Florence Joly outsider art et la transcendance

Un ébranlement, un retournement intérieur est un impératif de la vie qui oblige à se comprendre, nos origines (si vous voulez briller en société, parlez de psycho-généalogie) et ce que l’on est soi-même.

Les métiers que Florence Joly a exercé étaient créatifs mais n’exprimaient pas assez ce qu’elle avait à l’intérieur. Par période elle se lançait dans des dessins et peintures mais commes les femmes de sa famille, elle cachait parce que « ça n’intéresse personne ».

Ceci étant dit, elle a eu besoin de montrer à un moment et Florence a commencé à exposer dans son village. En 1994 elle a rencontré une thérapeute qui l’a encouragé à aller plus loin et travailler sur la symbolique. Florence Joly fait souvent référence au processus des alchimistes, aux écrits de Gustav Jung ou Gaston Bachelard (« le rêveur, c’est le grand vigilant »). Petit à petit Florence a rencontré un public plus averti et des galeries.

Tardivement, elle s’est inscrite sur les réseaux sociaux pour être en contact avec sa soeur partie au Canada et a découvert un univers d’artistes avec qui elle a pu entrer en contact et qui l’enrichissent. C’était aussi un moyen de rencontrer des pairs, des personnes qui vivent la même chose.

De fil en aiguille des commandes sont arrivées par Facebook et le travail a pris son essor.

Pour Florence Joly outsider art la création a été pendant une période une recherche intérieure. Une fois, des réponses suffisantes étant apportées, elle cherche maintenant quelque chose de plus grand qu’elle, une spiritualité, une transcendance. Comme l’oeuvre au noir des alchimistes, il faut premièrement passer par la matière noire, la partie sombre de soi-même pour pouvoir accéder à la part lumineuse qui nous élève.

Dans le christianisme, on parlera de passer par le désert. En psychologie, on parlera d’une dépression qui est une rencontre avec nos démons intérieurs avant d’en ressortir transformé.

Avec son art, Florence Joly outsider art me dit qu’elle « a le désir de rejoindre les autres ».

Une question pour les lecteurs

Pour vous, l’art a-t-il une part de spiritualité, de transcendance ? Avec ou sans croyance religieuse.

Merci de partager votre conception avec les autres lecteurs, dans les commentaires en bas.

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Restons en contact :

6 Comments

  • Purificasuenos SB Dreamcatcher dit :

    Cher Marc, merci beaucoup pour cet article qui me parle beaucoup. Depuis longtemps l’Art est transcendantal et spirituel pour moi aussi, je suis ravi que Florence Joly ait rencontré le succès que méritent ses oeuvres magnifiques!

  • Heike Tiede dit :

    Bien sûr on mettre beaucoup de soi dans son art. Si on est dans la recherche des liens, des interactions, des racines, des rencontres soit tous qui est pour moi sinonym de spiritualité alors nos œuvres les reflét. Dans ce sens les miens le sont. Heike Tiede

  • Felix dit :

    Bonjour, je ne sais pas si l’art me permet de voir plus grand. Je ne me pose pas la question. Je sais seulement que passer une vie sans tenir un crayon ou un pinceau ou tout autre moyen d’expression aurait été difficile pour moi. Le fait de changer de perspective comme monter sur un tabouret pour observer ce qui nous entoure autrement suffit déjà à créer en soi des ressentis qui nous poussent à exprimer une vision personnelle. L’objet d’art n’est qu’une résultante d’un ensemble complexe d’éléments qui poussent un « artiste » à produire ce qu’il ressent. Voir autrement ou d’une façon personnelle est peut-être sa préoccupation dans son geste de création, mais à mon avis ce n’est pas si évident.

  • Stéphanie dit :

    Bonjour, en ce qui me concerne, c’est une évidence. Je travaille la couleur dans sa dimension lumineuse et vibratoire. Je crée des œuvres très minimalistes avec une grande mise à distance de l’émotionnel. J’aimerais créer des œuvres qui « tiennent » uniquement par leur rayonnement intérieur. Jouer avec la couleur est pour moi un lieu de méditation et de connexion avec les parts les plus subtiles et élevées de moi-même. J’ai envie d’offrir aux autres des espaces respirants et inspirants et n’ai nullement envie de déverser mes fluctuations émotionnelles, ni de créer des objets cathartiques, et encore moins mentaux, intellectuels ou conceptuels. Cela en toute humilité, le rêve est grand, parvenir à le réaliser est un long chemin avec des instants de grâce… Merci de parler de cette dimension, ce n’est pas toujours chose évidente dans le monde de l’art contemporain.

  • ISSERT Caroline dit :

    Merci pour cet article sur Florence Joly. Elle développe un très bel univers.
    Pour moi l’Art est fondamentalement spirituel. En tant qu’artiste, je considère que l’Art, sous toutes ses formes, est l’expression d’une transcendance. La Beauté, la Justesse, vont de pair avec l’intelligence du cœur ! L’Art nourrit l’ âme qui nourrit l’Art en une circulation harmonieuse. Voici ma définition de l’Art, dans la mesure où l’on peut le définir…(une définition est en soi restrictive). Disons simplement que c’est mon point de vue.

    Je veux croire en l’ouverture de l’Homme dans le lien qu’il pourra établir entre une réalité extérieure, matérielle et une réalité intérieure, spirituelle. Ce pont entre ces deux réalités, ce passage, est le cheminement qui rend possible une nouvelle naissance, celui qui amène l’Homme à s’enfanter lui-même. Par cette prise de conscience intérieure, ce face-à-face avec lui-même, l’Homme pourra aussi s’ouvrir à l’Autre qui est aussi lui-même.
    Pour moi, l’Art permet ce passage. Il est un chemin aidant à ouvrir des portes, creuser des passages pour toucher à l’Etre en nous, au sacré que tout homme porte en lui. L’Art est comme une grande respiration où l’inspiration précède la plongée nécessaire, profonde et obscure, dans l’inconscient. Etre inspiré c’est se laisser aspirer par ce qui nous appelle au fond de nous. En se laissant aspirer, l’artiste œuvre, fait acte de création, exprime ce souffle jusqu’au bout. La fin de l’expression (de l’expiration) marque la fin d’un état de conscience, une apnée qui le force à chercher un passage lui permettant alors de remonter, transformé, pour une nouvelle inspiration.
    L’Art, à travers l’artiste, met de la lumière dans les endroits sombres et les transforme, voire les transfigure…

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