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Evelyne Postic, parle de son travail depuis la galerie Dettinger-Mayer

Vous le savez déjà, j’aime le travail d’Evelyne Postic. Une exposition à la Galerie Destiner-Mayer était un bon prétexte pour la rencontrer à nouveau.

Vous vous en souvenez, je l’avais déjà rencontrée chez elle, il y a quelques mois. Mais nous avons surtout échangé sur son parcours, je souhaitais aborder plus en profondeur son travail artistique. Et plus précisément ses dessins aujourd’hui. Parce qu’Evelyne Postic fait d’autres choses aussi.

Evelyne Postic
image, Bernard Pilorge, avec autorisation

Evelyne Postic utilise pour ses dessins des stylos Rottring de dessin industriels, ils ont l’avantage de tenir à la lumière. Elle travaille premièrement les grandes masses puis met le détail.

Evelyne Postic a choisi le thème de l’exposition « Vierges ethniques ». Ces deux mots sont très signifiants pour elle et renvoie à des choses très profondes.

Les vierges sont à prendre au sens des madones que nous voyons partout. Pourtant Evelyne Postic me dit qu’elle n’est pas croyante et qu’elle se bricole (comme le dit Boris Cyrulnik) sa propre spiritualité à partir de ce qu’elle parvient à glaner. Quoi qu’il en soit, nous faisons tous de la sorte. Sa spiritualité est plus tournée vers la nature que vers « un Dieu dans le ciel ». Même au sein des églises officielles, la conception de qui est Jésus a varié suivant les lieux et les temps. C’est pourtant le centre de l’évangile et nous pourrions envisager un certain consensus.

Encore plus Marie, sa mère est un personnage qui a été approprié par chacun, qu’il soit savant ou ignorant. Simple femme à qui Dieu a fait une grâce particulière, successeur d’Astarthé / Ishtar, déesse mère, mère de Dieu !

Evelyne Postic aime mettre des références à l’infiniment petit dans ses tableaux. Nous y trouvons souvent des formes qui font clairement penser à des atomes.

Evelyne Postic : « si j’avais pu faire des études, j’aurais fait de la biologie »

Evelyne Postic me dit « si j’avais pu faire des études, j’aurais fait de la biologie ». Et là c’est une piste féconde pour appréhender son travail. Il y a des organes partout ! Dans presque tous ses tableaux il y a des vulves, plus rarement des pénis. Il y a bien entendu un aspect érotique, c’est évident. C’est d’ailleurs des détails que les hommes ne manquent pas de remarquer… Mais c’est aussi l’organe, au sens biologique qui intéresse Evelyne, ses dessin n’ayant rien d’érotique par ailleurs.

Mais bon, avec toutes ces vulves montrées, sait-on si la vierge l’est encore ? Et dans l’affirmative pour combien de temps ?

Evelyne Postic
image, Bernard Pilorge, avec autorisation

Les oeuvres d’Evelyne Postic vous intéressent ?

Evelyne Postic
image, Bernard Pilorge, avec autorisation

Evelyne Postic travaille de manière instinctive ou intuitive. C’est une fois terminé qu’elle se rend compte de ce qu’elle a fait. Même si ses dessins sont très construits et organisés, rien n’est préalablement calculé. Il n’y a pas d’ébauche, de bouillon. Quand elle travaille, le dessin apparaît « tout seul ». Rien de magique, mais une force intérieure la guide, la pousse.

Pour y parvenir, il y a des années de pratique assidue, intensive. D’ailleurs, son style a fortement évolué au cours du temps. Très clairement, avec le temps, Evelyne Postic maîtrise sa technique et la composition de ses oeuvres.

Evelyne Postic a produit un grand nombre d’oeuvres. Et pourtant, elle ressent encore le besoin d’y mettre tout dedans. Ils sont très complexes, imbriqués. Tout est relié parce que la vie, la nature sont ainsi. Les humains, les animaux, les cailloux, les étoiles sont tous composés des mêmes atomes. Lesquels atomes passent d’une pierre à une place, à un animal puis à la terre. Ce lien, cette circulation est matérielle mais vaut aussi pour les relations. Elle me dit très clairement « j’ai besoin de ça, je suis la reine des mélanges » !

Les influences africaines d’Evelyne Postic

Le mot ethnique du titre de l’exposition renvoie à l’intérêt d’Evelyne Postic pour l’Afrique. Elle n’a été qu’une fois sur le continent africain en 2012, au Bénin et au Togo. Peut-être que le fait d’avoir mis de nombreuses années pour aller sur place a mieux ancré les choses dans son imaginaire. La réalité étant prosaïque et souvent décevante.

Une série de dessins exposés sont en noir et blanc datent de 2013 et sont influencés par le vaudou. Depuis, le trait est resté similaire mais elle a ajouté de la couleur, ce qui leur donne beaucoup plus de présence.

Dans les oeuvres d’Evelyne Postic il y a une ambiguïté. A la fois nous y trouvons des formes humaines mais aucun être humain n’y est représenté. Ce sont comme des masques, qui peuvent avoir une résonnance africaine mais pas uniquement. Ses personnages sont comme cachés derrière ou peut-être s’agit-il de montrer un type, un caractère. Depuis peu, les visages disparaissent complètement avec uniquement le contour du visage et des formes tourbillonnantes à l’intérieur. Est-ce une forme d’abstraction après des années encrées dans le réel ?

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