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C’est moi qui éteins les lumières – Zoyâ PIRZÂD

En flânant dans la librairie, je regardais le rayon poésie. Essentiellement des classiques. Juste après il y avait des livres en anglais mais rien qui m’inspirait, mis à part quelques auteurs comme Philip Roth ou Salinger. Ensuite c’était de la littérature traduite en français mais venant de pays plus exotiques.

A tout hasard, je regardais s’il y avait des auteurs écrivant en persan. Histoire de faire un clin d’oeil à la femme qui m’aime. Histoire d’avoir une vision contemporaine de l’Iran. Omar Khayyam, Rûmî, Haffez, Attar c’est bien, c’est fort, mais ça date de quelques siècles.

J’étais donc tout fier de mon livre iranien.

Zoyâ PIRZÂD a même sa page wikipedia. Elle est iranienne, écrit en persan. Elle est arménienne d’Iran, née dans le sud, près de l’Irak dans la ville pétrolifère d’Abadan.

D’ailleurs, l’histoire se déroule à Abadan. Mais l’histoire n’est pas très importante ici.

Zoyâ Pirzâd part de la banalité du quotidien. Au point que les premières pages ont été laborieuses, ennuyeuses à lire. Ce sont les personnages qui sont importants, leur caractère, les circonstances, leur évolution.

Abadan

C’est une ville du désert. Une ville où le sous-sol donne du pétrole. Suivant que l’on soit arménien, koweitien, iranien, riche, pauvre, qu’on travaille pour la « Compagnie pétrolière » ou pas, on n’habite pas le même quartier.

La ville est presque un personnage. Il est aussi beaucoup question de Jolfa (ville toute proche de la frontière arménienne), de Téhéran (c’est la capitale tout de même !) et de quelques autres villes de part le monde. C’est comme les quartiers, si on est de telle ville, le caractère des gens, les coutumes sont spécifiques.

Clarisse

C’est la narratrice. Tout est raconté de son point de vue. Par choix elle ne travaille pas et s’occupe de la maison. A tort ou à raison elle estime petit à petit que c’est elle qui fait tout, c’est même elle qui « éteint les lumières ». Au fur et à mesure qu’elle s’en rend compte, Clarisse trouve cette situation de plus en plus étouffante, insupportable.

Elle estime que son mari ne fait plus attention à elle et pense régulièrement au moment où ils se sont connus, fiancés, mariés. Le temps a passé. Seul le nouveau voisin, un homme très courtois est attentif à elle.

Elle aime son jardin mais les grenouilles qui s’y trouvent lui causent des terreurs quand elles sautent sur son pied la nuit. A la plus grande joie des enfants.

Progressivement, tout part de travers. Mais l’action se passe dans sa tête essentiellement, c’est seulement à la fin que les choses se traduisent dans le monde tangible. D’ailleurs, une migration de sauterelles semble être la manifestation extérieure de se qui se passe en elle.

Clarisse a probablement été belle et l’est encore. Elle lit beaucoup et travaille bénévolement sur des traductions.

Artush

Ici son rôle est d’être le mari de Clarisse.

Il a deux passions, la politique et les échecs. La période n’est pas clairement située, on sait juste que la Chevrolet est vieille. Clarisse se fâche régulièrement contre lui à cause de ses activités politiques qui font prendre un risque pour lui-même et la famille. Une troisième passion : sa Chevrolet.

Il aime emmener sa famille au restaurant. Ce qui plait particulièrement aux enfants.

Armen

C’est l’aîné de Clarisse et Artush. Il rentre dans l’adolescence. Jusqu’à présent, Clarisse voyait en lui « mon pauvre petit » mais maintenant il semble un étranger à sa mère.

Sa grande activité est d’embêter ses soeurs. C’est sa manière de les aimer probablement.

Sa seconde activité est d’être amoureux de la fille des voisins. Qui bien entendu en fait son jouet, aux dépens d’Armen. Mais bon à cet âge c’est sans conséquence grave et il est facile de tomber amoureux de quelqu’un d’autre.

Arsineh et Armineh, les jumelles

De vraies jumelles, même leurs noms sont proches. Ce sont des enfants adorables, toujours joyeuses. Elles adorent leur frère qui passe son temps à cacher leurs jouets.

Elles sont toujours en ensemble, se consultent avant de répondre la même choses, l’une commence une phrase et l’autre la termine.

Alice, la soeur de Clarisse

Elle est toujours célibataire. Passe son temps à se goinfrer ce qui la rend grosse. Elle se maquille outrageusement.

Pourtant elle est persuadée que tous les célibataires sont fous amoureux d’elle. Ce qui se heurte régulièrement au mur du réel… Elle ne pense qu’à elle-même et surtout pas à sa soeur. Elle est infirmière mais ce détail a très peu d’importance.

la mère de Clarisse

Elle casse les pieds et la tête de Clarisse en permanence. Elle seule sait comment tenir une maison, il faut frotter en permanence. Et quand c’est fini, frotter encore. Elle seule sait comment se comporter en société et ronchonne contre les autres : on ne doit pas dire ces choses devant les enfants, pas se maquiller ainsi, etc.

Elle a visiblement cassé les pieds et la tête de son mari qui se réfugiait dans son bureau. Mais dès lors qu’il est mort, elle pleure les jours heureux.

Elmira Simonian

La mère du nouveau voisin. Elle est toute petite, une grenouille, une naine. Un personnage difficile à situer. Globalement, elle est impolie, autoritaire, crainte.

Elle a souffert plus qu’à son tour, son propre père ayant, pour le moins, manqué de bienveillance. Probablement de la méchanceté à l’égard de sa fille. A quelques moments, elle se livre à Clarisse, la seule personne à qui elle se soit un peu ouverte. On a l’impression qu’elle s’ouvre, s’attendrit avec Clarisse pour finalement revenir à ce qu’elle est.

J’ai du mal à cerner ce personnage. Est-elle odieuse ? Souffre-t-elle ? A la fin, Clarisse se demande si Mme Simonian n’a pas raison d’agir comme elle le fait.

Emile Simonian

Le nouveau voisin. Un homme cultivé, attentionné, prévenant. Avec beaucoup de classe.

Sans trop dévoiler les choses, il a une relation particulière avec Clarisse. Il est la seule personne qui soit attentive à elle.

D’après sa mère, il est totalement incompétent dans le choix des femmes. Probablement, est-ce vrai.

Emilie, la fille d’Emile

Une très jolie petite fille. Intelligente. Mais qui se révèlera une garce. Avec Armen tout d’abord puis avec d’autres.

Chevy chérie, la chevrolet

C’est une vieille voiture, une vieille Chevrolet. Clarisse voudrait en changer pour une voiture neuve, qui démarre à tous les coups. Artush, n’en démord pas il veut garder sa vieille amie.

C’est une vieille dame charmante, elle démarre un peu comme elle peut et ne peut pas toujours. Alors le docteur ès voiture vient à domicile faire ce qu’il peut. Ca l’amuse, il est attendri par cette vieille voiture. Les enfants aiment aussi cette voiture et l’appellent Chevy chérie.

Madame Nourollahi

Au civil elle est secrétaire, tout simplement. Mais elle pourrait bien être ministre. Elle donne des conférences autour du droit des femmes. C’est une femme qui déborde d’énergie et de bonté. Elle est attentive à Clarisse et sait être présente quand à un moment tout déraille.

Par droit des femmes, il semble qu’il soit surtout question de droits politiques (de vote). Pas de bataille contre les hommes.

Elle est iranienne mais s’intéresse beaucoup aux arméniens (chrétiens) trouvant que les femmes sont plus avancées quand à leurs droits. C’est un beau personnage, un des rares iraniens dans ce milieu arménien. C’est elle qui fera sortir Clarisse de sa maison à la fin du livre.

 

Mes impressions

J’ai eu du mal à rentrer dans le livre. Zoyâ Pirzâd écrit volontairement avec un vocabulaire très simple et un style pauvre. Ceci en réaction à l’écriture fortement ornementée du persan classique. Il n’y a pas vraiment d’histoire mais des personnages qui sont présentés puis qui évoluent intérieurement. C’est là que je me suis pris au livre, voulant en savoir plus.

Par contre le happy end final me déçoit, il tombe un peu comme un cheveux sur la soupe. Au vu de l’histoire, une fin plus rugueuse aurait été plus cohérente.

Mais bon, j’ai quand même aimé ce livre qui m’a accompagné matin et soir dans le bus pendant un mois ! Du coup, j’ai acheté « Le goût âpre des kakis » pour en savoir plus sur Zoyâ Pirzâd.

 

Le Naaba – C’est moi qui éteins les lumières – Zoyâ PIRZÂD

Le Naaba – C’est moi qui éteins les lumières – Zoyâ PIRZÂD

Le Naaba – C’est moi qui éteins les lumières – Zoyâ PIRZÂD

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