Emmanuel Cury chanteur lyrique

By 14 juillet 2015Actualités, Musique

Emmanuel Cury chanteur lyrique parlez-moi de votre enfance ?

Ses deux parents étaient agrégés de philosophie et les discussions n’étaient pas ce qui fait l’ordinaire des enfants. Ils avaient acquis une bergerie au dessus de Menton, un peu dans l’esprit rousseauiste. La famille y passait toutes les vacances. Les amis des parents étaient de grands intellectuels et ils étaient invités. Emmanuel Cury chanteur lyrique a passé son enfance à vouloir rejoindre ce monde d’adultes.

Dans cette maison de montagne, l’eau provenait d’une source et il n’y avait pas d’électricité.

Emmanuel a fait des randonnées avec un chercheur en mathématiques au CNRS à discuter du zéro et de l’infini. La philosophie faisait partie de la vie.

Son père était rousseauiste et sa mère nietzshéenne. Premier bénéfice, ça fait travailler l’orthographe ! Et pour faire appel à ma mythologie grecque, son père était apollonien et sa mère dionysiaque, des voies opposées.

Sa mère apportait la poésie, regardait les étoiles pour les regarder vivre. Le soir, elle faisait faire à ses enfants un salut à Appolon. Elle faisait aussi danser Emmanuel sur des musique pygmées, hassidim.

De temps en temps, sa mère prenait le livret des opéras (Wagner et Mozart) et le lisait en même temps que passait le disque vinyle. Emmanuel en garde une forte impression de la langue allemande, qui était aussi la langue de son grand-père, qui était d’ailleurs violoniste.

Le dimanche, la famille était réveillée par France Musique, très fort ! Ce qui a permis de découvrir Messiaen, Xenakis, Boulez, l’avant-garde de l’époque.

Emmanuel avait tenu un piquet de grève au lycée qui s’est terminé de manière peu diplomatique et donc son exclusion du lycée Balzac à Paris. C’est à ce moment qu’Emmanuel a basculé dans le monde des adultes, parce qu’il a fait face à un adulte. Il n’a donc pas fait polytechnique !

Emmanuel Cury a fait du théâtre, à la Schola Camtorum. Il a aussi suivi des cours de mime et de clown. Il a découvert que ce sont les cours de danse qui lui plaisaient le plus.

Le service militaire lui a permis de récupérer un cursus plus classique, de revenir au réel. Il a passé son permis poids-lourd et son baccalauréat. C’est là qu’il a découvert les philosophes de ses parents, Rousseau et Nietzshe. Il a été le premier à réussir son bac (latin, grec) dans ces conditions (mention assez bien). Cité publiquement par le colonel alors qu’Emmanuel était anti-militariste ! Ce colonel était d’ailleurs apparenté au philosophe Ollé-Laprune.

Il est donc revenu à la fac en lettres classiques. En parallèle, Emmanuel Cury chanteur lyrique, a travaillé pour assister une chercheuse en esthétique musicale au CNRS parce qu’elle était aveugle. Ce fut une belle aventure humaine et intellectuelle autour de l’univers sonore dans l’oeuvre de Jean Giono. Il a été aussi chauffeur poids lourd et avait d’intéressantes conversations avec ses collègues mais sans le vocabulaire intellectuel, une manière de réunir les mondes. Emmanuel me dit qu’il ne faut pas enfermerez quelqu’un dans son monde en disant qu’il est « con ». Même si les frontières sont utiles, elles doivent être poreuses, nourries par le respect de la différence et la possibilité d’aller regarder de l’autre côté.

Emmanuel Cury chanteur lyrique devient professionnel

Quand Emmanuel Cury chanteur lyrique a décidé de pratiquer la danse en professionnel, ce fut une grande opposition avec son père. Mettre son corps en avant posait problème.

En toute simplicité, il commencé dans une pièce intitulée La Passion et il était le Christ ! La crucifixion était délirante en haut d’une échelle et ça se terminait dans un océan de plumes ! En parallèle, Emmanuel Cury chanteur lyrique s’est formé en chantant de la chanson française… dans le métro. Du coup, le chorégraphe a demandé à Emmanuel d’écrire deux chansons pour le spectacle. Il a d’ailleurs été plus félicité pour sa performance vocale que chorégraphique…

Il a rencontré Andréa Guiot qui l’a envoyé vers une de ses élève, Hélène Delavault. Emmanuel s’est retrouvé premier nommé et c’est Régine Crespin qui l’a choisi comme son élève. Au conservatoire Emmanuel faisait 9h de solfège par semaine et il insiste, il adorait ça. L’analyse harmonique le passionnait au point qu’il était premier de la classe. Au bout d’un an Emmanuel Cury chanteur lyrique n’a pu mener de front la danse et le chant. Avec le temps les choses se sont inversées, il ne pratique plus la danse mais encore le chant lyrique.

Il a co-créé une compagnie-école avec Myriam Dooghe. La compagnie existe encore. L’école proposait 25h de cours par semaine avec 5 personnes. Cette compagnie lui a permis de tourner à Avignon. A l’insu de son plein gré il est devenu le référent administratif autant qu’artiste. Encore une manière de tout faire et ne pas choisir.

Emmanuel est ensuite passé dans une autre compagnie. C’est d’ailleurs dans cette période qu’en son for intérieur, se préparait la rencontre avec Nadia, qui deviendra son épouse. Cette compagnie qui proposait danse et voix. Emmanuel Cury chanteur lyrique y a fait de tout, même de la régie. C’est là qu’il est revenu au chant. Nadia l’a encouragé à suivre une formation, de très haut niveau, ce fut le centre de musique baroque (CMBV). Formation de type maîtrisent : chant le matin et théorique l’après-midi. Puis il a fait le Studio Versailles Opéra. Je suis surpris d’apprendre que l’approche baroque rejoint le contemporain, par la recherche intellectuelle. Ces deux formations ont duré 4-5 ans. Il a été chanteur professionnel quelques temps.

Emmanuel à suivi sa femme à Reins. Une première mission lui a été confiée pour livrer un rapport sur la formation à la pédagogie de la musique en Champagne-Ardennes. Grâce à son épouse il a été mis en contact avec le Centre national des arts du cirque. Emmanuel insiste pour dire que sa femme est très précieuse ! Il y a découvert un projet fabuleux qui correspondait avec sa vision artistique : le choc avec l’autre, avec la différence. Les gens passaient ½ journée dans leur spécialité et ½ où ils étaient en contact avec une autre spécialité (danse, théâtre, musique), sur une période de 15 jour et qui débouchait sur une création.

Emmanuel est devenu référent d’un département musique. Il a introduit des cours d’instrument et de solfège. C’est aussi le moment où les athlètes avaient besoin d’une dimension artistique dans leur travail. Le choc entre la performance et la poésie.

Le directeur, Bernard Turin venait du monde de la sculpture. Son projet reste encore aujourd’hui novateur et continue à nourrir le nouveau cirque (ex. le Cirque Plume, la Compagnie W, Yoann Bourgeois).

Pendant cette période Emmanuel a chanté dans la compagnie Averse Lyrique. Il dirigeait aussi le choeur du conservatoire de Reins.

Emmanuel Cury chanteur lyrique a repris le chemin de l’école pour passer un certificat d’aptitude. Son mémoire portait sur la confrontation entre Apollon et Dionysos dans l’enseignement du chant. C’était aussi une manière de profiter des dernières années de sa mère. La première partie était plus théorique. La pédagogie du chant ne peut se passer de la puissance dionysiaque chez l’élève. Le chant est relié à l’être profond, on fait quelque chose qui nous échappe, nous dépasse. Etymologiquement, le pédagogue est l’esclave qui accompagne l’élève à l’école, rien de plus. L’enseignant doit déclencher cette puissance dans l’élève. C’est un procédé maïeutique, à un moment le chant doit échapper à notre contrôle mais sans passer les limites qui nous mettent en danger. On peut appeler ça état de grâce, état second, transe.

La seconde partie était un échange épistolaire entre un jeune professeur et un ancien. Cette partie a été publiée in extenso. Une des questions était : comment peut-on enseigner quelque-chose que l’on a pas pratiqué. Un peu comme l’entraineur en sport qui n’a pas forcément été un sportif de haut niveau.

Suite à cette formation, Emmanuel Cury chanteur lyrique a été prof de chant au conservatoire de Reims, la musique lui manquait. Dans les 6 mois, il est devenu directeur adjoint avec la mission de programmation pour un auditorium de 400 place avec une acoustique d’exception, en bois et un second de 100 places. Il a introduit la notion de création avec des résidences. et fait de la grande salle, une des salles de spectacle paris les autres lieux de la ville. Avec la directrice, un réseau a été mis en place pour que la dynamique continue au delà de la personne d’Emmanuel.

Emmanuel Cury chanteur lyrique est ensuite venu pour diriger le conservatoire de Grenoble. Le projet était de refaire le bâtiment et de continuer à faire fonctionner le CRR. Deux ans de travail. Les 5 millions d’engagement de l’état est tombé à… zéro. Il a fallu passer par le sas de décompression !

La programmation lui manquait et à ce moment, un poste était à pourvoir à Eybens. Outre la direction de l’école, Emmanuel devait assurer la programmation musique et danse et la préparation d’un projet culturel pour la Métro.

Elections municipales, changement de maire, changement de projet. Il fallait une personne nouvelle pour un projet nouveau, moins ambitieux. Emmanuel revient à Grenoble.

Emmanuel Cury chanteur lyrique, maintenant chargé de mission

Le sujet du moment est passionnant : quelle politique culturelle vis à vis des amateurs ? C’est un enjeu politique au sens fort, de la vie de la cité.

La première étape est de faire l’inventaire des pensées. Barak Obama a beaucoup travaillé sur le sujet avec des politiciens amateurs, à Paris il existe une maison des pratiques amateurs.

Viendra ensuite un point sur l’existant à Grenoble. Beaucoup de choses se font déjà mais de manière informelle et non organisée.

Pour l’avenir, Emmanuel Cury chanteur lyrique ne sera peut-être plus chanteur professionnel mais amateur à son tour !

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