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David Garcia galerie d’art et bord de Méditerrannée !

David Garcia a créé une galerie d’art presque sur un coup de tête mais a travaillé (beaucoup) et de manière très organisée. Le succès en résulte.

David Garcia bien avant la galerie d’art

Devant me rendre à Montpellier j’en ai profité pour prendre rendez-vous avec David Garcia de la Galerie d’Art AD.

Habituellement je rencontre des artistes, c’est à dire, les personnes qui font l’art, qui le produisent. C’est intéressant de rencontrer les galeristes qui diffusent cet art auprès des amateurs et des collectionneurs. Que ce soit sous une forme traditionnelle ou pas ils sont ceux qui vont assurer le succès d’un artiste et par là même impulser une tendance dans « l’art en train de se faire ».

Même si les plateformes née grâce à Internet ont changé les choses.

Donc, pour revenir à David Garcia, il faut préciser que son père était collectionneur (bronze, ivoires, etc.) au point d’ouvrir une galerie d’art à Béziers, dans le sud de la France. Le père de son associé était également collectionneur et… voisins. Parfois, l’art, l’amitié et les affaires parviennent à faire bon ménage, c’est assez rare pour le souligner.

La mère de David Garcia était artiste peintre même si elle était dans un style classique. En tous les cas ça forme le regard.

Tous les dimanches ses parents partaient en recherche et revenaient avec tout un tas d’objet à collectionner. A l’adolescence c’était bien entendu moins motivant de partir ainsi avec les parents mais le goût est resté.

Etudiant, David Garcia a collectionné les affiches d’expositions de galerie, des lithographie, des petits tableaux.

David a fait des études de sciences économiques avec une carrière toute tracée dans l’analyse bancaire parce qu’il était bon en math. Mais l’enthousiasme ne se situait pas là. Surtout ne dites rien à ses enfants, ça reste entre nous, d’accord ?

David Garcia me parle constamment de son associé Arnaud Dionnet, ces deux là semblent inséparables. Il dit parfois, c’est une galerie bicéphale. Arnaud Dionnet lui, aurait dû devenir tennisman professionnel.

L’épouse de David Garcia est la seule du groupe à avoir étudié l’histoire de l’art. Le reste de l’équipe s’étant formée « sur le tas ».

David Garcia et la galerie d’art AD à Montpellier

Le glissement de la collection personnelle à la vente d’oeuvres s’est fait progressivement et naturellement. C’est presque un prolongement de sa collection personnelle.

C’est sur un coup de tête qu’ils ont lancé leur galerie quand David avait 27 ans et Arnaud 24 en 1998 (les forts en math pourront calculer leur âge…). Au cours d’une discussion à bâton rompu ils ont évoqué cette possibilité alors qu’ils ne connaissaient pas grand chose à l’art. Le lundi ils ont confirmé ce qu’ils s’étaient sans trop y penser le vendredi et l’affaire était lancée.

Financièrement, David Garcia a fait un emprunt à la consommation pour lancer son activité. Ce n’est pas le parcours recommandé mais parfois ça marche !

Les parents ont quand même mis un peu au pot et les deux associés ont racheté les parts de leurs parents au bout d’une année puisque les choses semblaient fonctionner.

Le père de David était sur des oeuvres très classiques alors que David et Arnaud proposaient des oeuvres de leurs temps, donc contemporaines.

Les débuts ont eu lieu à Béziers et David Garcia estime que ce qui a été possible en 1998 sans argent et sans expérience serait impossible actuellement. Aujourd’hui, il faudrait des investissements financiers bien plus importants.

David Garcia me dit qu’un des facteur de succès de sa galerie d’art a été le sérieux dans le travail, même si les associés ont testé, expérimenté beaucoup de choses. Rapidement ils ont participé à des foires.

Tôt, Hervé DI ROSA leur a fait confiance et avoir un grand nom de l’art donne confiance à d’autres acteurs que ce soit des artistes ou des collectionneurs qui suivent ces artistes.

David me dit que ses meilleurs ambassadeurs sont ses clients, en particulier parce que la Galerie AD n’a jamais cherché à faire des « coups », du « one shot » mais à travailler dans la durée.

Certains collectionneurs les suivent depuis 20 ans. Il me cite un client qui a recommandé à la fois la galerie et l’artiste à des amis et le seul travail a été d’apporter l’oeuvre et la facture.

Ceci étant dit, c’est possible parce qu’il y a 20 ans de travail au préalable.

David Garcia me concède que les premières 4-5 années lui ont fait traverser un certain nombre de galères et que le succès a pris du temps à se construire. Rien n’était écrit au départ et c’est David Garcia et Arnaud Dionnet qui ont dû écrire chaque ligne de l’histoire. Au débuts ils tâtonné et ont fait comme « ils pouvaient » et non comme ils voulaient.

Lorsqu’il y a une exposition dans la galerie il est possible de réunir près de 350 personnes lors du vernissage et entre 500 et 1.000 pour la durée de l’exposition. Sur Art Paris ce sont 70.000 personnes sur 5 jours ce qui démultiplie la visibilité et permet de toucher des collectionneurs qui ne seraient pas venus à la galerie. Qui plus est, les artistes  présentés représentant le « haut du marché » (de 5 à 10.000€ jusqu’à 50.000€ voire 100.000€ une oeuvre) le nombre de collectionneurs est restreint. Les foires permettent d’élargir la visibilité.

Pourtant, les foires se sont multipliées et les ventes se sont diluées, même pour les foires importantes.

La galerie d’art AD s’est spécialisée dans la figuration libre et la figuration narrative.

Les collectionneurs acquérant ce type d’oeuvres ont un double objectif, la passion de l’art et l’investissement patrimonial. Les deux ne sont pas séparables parce que sans passion, il existe d’autres placements possible pour argent qui seraient bien plus intéressants. Par contre, acheter une oeuvre à 50.000€ est plus intéressant que d’avoir une simple ligne bancaire avec la même somme, c’est quelque chose qui est durablement à la maison. Réciproquement, à de tels prix, la passion ne suffit pas et il faut s’assurer que l’oeuvre conservera sa valeur artistique mais aussi financière sur la durée quand il s’agira de faire vivre la collection, à savoir vendre des oeuvres pour en acheter d’autres. Souvent vendre des oeuvres modestes pour en acheter de plus importantes ou parce que la collection change de style.

Un autre facteur de réussite est de travailler à l’ancienne, à savoir acheter les oeuvres aux artistes et non les avoir en dépôt vente. Ayant immobilisé une forte somme d’argent, le galeriste est alors motivé pour promouvoir et vendre l’oeuvre ! C’est aussi l’assurance que les meilleures oeuvres ne partent pas chez d’autres galeristes.
David Garcia me dit que depuis le début, avec son associé, ils ont décidé d’investir sur les artistes. Un engagement fort parce que des ouvrages sont aussi publiés, des catalogues, monographies. Un ouvrage coûtant entre 20 et 30.000€ à produire.

Il me dit qu’un artiste qui est ainsi dégagé des contraintes financières est mieux concentré sur sa création et produit de meilleures oeuvres.

L’engagement financier de la galerie AD va jusqu’à organiser des soirées avec orchestre ou DJ pour promouvoir une exposition. David me dit qu’il s’amuse aussi à organiser ces soirées.

Bien entendu, ces évènements ou ces ouvrages rognent les marges parce que la galerie en finance la totalité mais « on s’éclate et nous sommes maître de notre destin ».

David recommande aux artistes de ne pas penser à l’argent mais de se concentrer sur leurs oeuvres et de laisser le galeriste prendre en charge l’aspect vente.

Si David est optimiste pour sa galerie d’art, il l’est moins pour l’écosystème. Il envisage moins de galeries, moins d’artistes à l’avenir.

Aujourd’hui David Garcia est devenu ami avec des collectionneurs / clients et part même en vacances avec certains.

En France, nous devons commencer par une introduction et terminer par une conclusion, ce qui n’est pas toujours le cas chez nos voisins. Je vais me plier quelques instants à la règle.

Les oeuvres présentées par la galerie d’art AD ne sont pas pour toutes les bourses, c’est évident. Le prix moyen est de 15 à 20.000€.

Pourtant : les portes sont ouvertes et l’entrée libre. D’autre part, prendre contact avec David Garcia a été aussi simple que naturel, l’interview s’est déroulée de manière spontanée.

Même si vous n’avez pas les moyens d’acheter, passez le pas de la porte et allez voir des oeuvres importantes, prenez le temps de discuter avec les galeristes. C’est gratuit et ils y prennent visiblement plaisir !

 

Une question pour vous

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