Cynthia Chazal, plasticienne, dans son atelier

Personne pas ordinaire, Cynthia Chazal, plasticienne a une famille et un parcours atypiques. Elle a l’obsession de remettre de la vie là où il y a la mort.

Cynthia Chazal, plasticienne

Cynthia Chazal, plasticienne aux origines savoyardes

Il y avait un certain temps que j’étais en contact avec Cynthia Chazal, plasticienne sur les réseaux sociaux et les photos de son travail m’ont donné envie d’aller voir ça de près.

Cynthia Chazal, plasticienne se souvient très bien de ce qu’elle faisait en école maternelle déjà ou quand il fallait faire une coulure sur du papier, elle prêtait attention pour les choses se passent d’une manière précise.

Pourtant, sa famille n’avait pas de prédispositions à la chose artistique. Son père était charpentier en Savoie. Toute petite, elle pressait ses parents pour qu’il l’emmènent au musée et eux ne voulaient absolument pas.

Il y a quand même un grand-père dont il faudra que je parle, une personnalité !

Dans sa famille, tout le monde travaille et fait usage de ses mains. Par ailleurs, chacun a l’habitude de ramasser des objets très divers et une fois ramassé, comme pour les enfant, l’objet de métamorphose en trésor. On le garde précieusement. Des bouts de bois, des cailloux,…

Son père étant charpentier, s’il trouve un bout de bois, il pensera à l’utiliser pour faire un escalier.

Enfant, Cynthia Chazal, plasticienne était une enfant très solitaire. Mais elle a fait une rencontre d’exception avec une prof de dessin en  dehors de l’école, qui lui a aussi apporté beaucoup de douceur.

Cynthia Chazal, a fait un baccalauréat, spécialité math. Pourtant, en classe seconde elle avait 3/20  de moyenne. Un professeur assez exceptionnel, bienveillant, a su l’aborder et lui donner les clefs. Il lui a dit, « les math c’est pas compliqué, il suffit de travailler, si tu as plus de difficulté, il faut plus travailler ». C’était aussi lui dire qu’elle ne manquait ni d’intelligence ni de capacités et que c’était possible. La seule condition était d’en faire l’effort. Chaque semaine, il lui donnait 300 exercices. Rapidement, elle a eu 18/20 de moyenne.

Cynthia m’en parle, même s’il n’y a pas de lien direct avec l’art, parce que c’est devenu un trait constitutif de sa manière de travailler encore maintenant. Travailler est rassurant, s’il y a une difficulté il suffit de travailler plus.

Cynthia Chazal, plasticienne
Cynthia Chazal, plasticienne
Cynthia Chazal, plasticienne
Cynthia Chazal, plasticienne

Le parcours de Cynthia Chazal, plasticienne

Cynthia Chazal, plasticienne a été à la faculté d’arts plastiques à Saint Etienne alors qu’elle aurait préféré faire les beaux arts ou quelque chose de plus pratique comme de la laque. A noté, elle est rentrée dans les études supérieures à 17 ans, en avance sur son âge.

Cynthia Chazal, plasticienne voit son travail comme un « sacerdoce » et le mot qu’elle choisi est intéressant pour son origine religieuse. Elle « doit » faire ça, elle n’a pas le choix, comme une « mission ».

Son travail dans une salle de vente l’a mise en contact avec la marqueterie, qui lui a fortement parlé. Mais cet art qui se fait à plat, Cynthia Chazal, plasticienne le fait sur des volumes. Il semble bien qu’elle ait apporté une chose nouvelle à cette technique. Pour son grand crâne, elle a utilisé du chêne noirci et de l’amarante, qui devient violet si on le met au soleil.

L’année de sa maîtrise, Cynthia Chazal, plasticienne a passé une année à Salamanque en Espagne. Cette ville a d’ailleurs un fort passé religieux. Le voyage a été rendu possible par une bourse au mérite et le programme européen Erasmus. En Espagne, elle a expérimenté des matériaux comme une terre très rouge qui se trouvait près de l’université, des produits chimiques comme l’acétate, des bouts de verre cassé trouvés par terre. Toujours l’habitude de ramasser des objets, des trésors.

Ensuite elle a suivi son mari à l’ile de la Réunion puis au Canada, où elle a enseigné l’espagnol à l’université. Des tropiques au cercle polaire !

Ensuite, retour en France à Paris, ville culturellement riche mais dont on ne profite pas vraiment quand on y habite.

A un moment Cynthia Chazal, plasticienne a travaillé comme photographe pour quelqu’un qui écrivait des livres historiques. Un peu comme on scanne de très vieux livres, elle photographiait les pages des archives. En soit, c’était guère plus que des photocopies mais c’était une activité qui avait du sens. Dans les archives militaires, des soldats anonymes revenaient à la vie. De même, elle a vendu des fruits et légumes au marché et c’est le contact, non avec des clients mais des êtres humains qui comptait.

Grâce à son travail photographique, Cynthia Chazal a travaillé pour une salle des ventes. Pour Cynthia, le travail n’était pas très compliqué mais les objets qu’elle avait devant elle étaient exceptionnels et une richesse culturelle. Avec des surprises comme un ensemble d’assiettes dont chacune aurait dû partir pour 10€ et l’une d’elle s’est avérée une porcelaine chinoise rare, achetée pour 500.000€…

Cynthia Chazal, plasticienne a une mémoire qui passe par les mains et elle touchait les objets. C’est d’ailleurs un point qui revient tout au long de la conversation, ce besoin d’être en prise avec la matière. C’est d’ailleurs comme ça qu’elle appréhende une pièce, elle la prend sur ses genoux, passe les mains dessus et les idées viennent.

C’est peut-être le moment de revenir sur son enfance et son grand-père. Il lui avait offert un microscope qui avait beaucoup stimulé son imaginaire. Elle mélangeait du sang avec d’autres choses et regardait ce que ça donnait. Elle avait aussi appris le rôle des vitamines et faisait des piqûres de vitamines… aux arbres, à base de jus d’orange, quand elle voyait qu’ils perdaient leur feuilles en hiver. Bon, sans succès !

Cynthia utilisait aussi du pollen pour peindre. Et elle a découvert que le pollen de Lys est un puissant colorant, qui ne part pas sur les vêtements !

Toujours son grand-père, avait caché une grosse clef dans une grotte et emmené Cynthia qui avait 8-10 ans en lui disant qu’il avait trouvé quelque chose. En trouvant la clef, il lui avait dit, avec une telle dimension, c’est forcément la clef du Paradis ! Et Cynthia était complètement rentré dans l’histoire.

Le grand-père peignait des cailloux en doré et racontait à Cynthia : je connais un endroit où il y a des pépites d’or mais il faut y aller tôt avant que les suisses viennent et ramassent tout (bon, les suisses son les voisins de l’autre côté de la montagne…). Dans son imaginaire, ces cailloux sont toujours des pépites d’or.

Il y a presque une pensée animiste où les objets trouvés sont des trésors et acquièrent une existence propre.

Cynthia Chazal, plasticienne
Cynthia Chazal, plasticienne
Cynthia Chazal, plasticienne
Cynthia Chazal, plasticienne

Cynthia Chazal, plasticienne face à la mort

La mort est très présente dans le travail de Cynthia Chazal. Non pas par attachement morbide mais par « obsession d’être immortelle ».

Une grande partie de son travail consiste à remettre de la vie sur la mort. Cynthia voit la mort comme une offense à sa liberté, elle déteste la mort et donc l’affronte.

Le beau a pour Cynthia quelque chose de rassurant. Un peu comme Toko Shinoda et bien d’autres, ses oeuvres sont un gage sur l’éternité.

Cynthia Chazal, plasticienne
Cynthia Chazal, plasticienne
Guide de l'amateur d'art

L'article a répondu à vos attentes ?

Déjà 12059 personnes sont inscrites !

Restons en contact :

Je veux m'exprimer

Pour voir la page complète, inscrivez-vous

C’est 100% GRATUIT

Je n’aime pas le spam, vos informations ne sont pas diffusées