Christian Guex galerie d’art à Annecy

Christian Guex galerie d’art après avoir eu plusieurs vies. Il est un homme animé par l’énergie de la passion. Il lève un coin du voile sur le métier.

Christian Guex galerie d’art Francis-Olivier Brunet

Christian Guex galerie d’art à ses débuts

Christian Guex a eu une première expérience personnelle avec l’art à l’âge de 19 ans lorsqu’il a eu un coup de coeur pour les oeuvres d’un artiste indien.

Il s’agissait de Sayed Haider Raza dont la cote a plus tard explosé. Chance ou flair, difficile à dire, mais aujourd’hui des artistes de premier plan sont présents dans sa galerie d’art. Christian Guex l’a rencontré dans son atelier au dessus de Menton et aura même la chance de diriger plus tard sa galerie parisienne.

Christian Guex estime que le tissu sensible (« trouver sa place dans ce monde de brute ») était déjà présent mais que la rencontre l’a révélé.

Sa première expérience professionnelle a été dans la banque, loin de l’art a priori et il a créé sa première société à 19 ans. Dans un contexte économique porteur (au début des années 80) il a très bien gagné sa vie et au bout d’une année… il s’est payé deux ans de cours de théâtre à plein temps.

Avant d’être Christian Guex galerie d’art il a été 10 ans comédien. Une période qu’il se souvient passionnante. Mais à un moment, fonder une famille a certains attraits et il est passé de l’autre côté de la scène en prenant en charge la direction de théâtre.

Christian Guex me dit que le cumul de chaque expérience professionnelle a fait son parcours et ce qu’il est aujourd’hui. Mais a un moment, toujours pour la vie de famille, il a quitté la vie parisienne. Son épouse a trouvé un travail à Albertville (préparation des jeux Olympiques de 1992) et il a suivi comme père au foyer pendant 2 ans ½. Il me précise que, même s’il prend les précautions nécessaires, toute entreprise, création de quelque chose, a nécessairement une part d’inconnu. Sinon ce n’est pas une création.

Christian Guex a obtenu (après 2 ans d’obstination) un poste au Centre Culturel d’Albertville en 1991. Tout était à faire et donc passionnant. De part ses fonctions il devait être en contact avec tous les acteurs culturels de la région (d’envergure scène régionale).

Christian Guex galerie d’art se défini comme autodidacte et part du principe que tout est possible, même si tout ne se concrétise pas nécessairement. La potentialité est là et il faut oser créer. C’est créer sa propre vie et il m’est difficile de retranscrire l’afflux de ses mots et son enthousiasme.

Après 6 ans passés au Centre Culturel, il a créé une agence de communication où il est resté 10 ans et qui a très bien fonctionné. Cette agence est devenue la référence pour les stations de montagne en partant du principe que les agences parisiennes n’étaient pas légitimes pour parler de la montagne. Le cheminement s’est fait progressivement. Mais l’agence est volontairement restée généraliste : politique, industrie. Christian Guex a quitté l’agence alors en plein succès, ce qui est plus positif pour la suite.

Après avoir envisagé une année sabbatique il est parti sur les routes avec l’objectif de devenir… Christian Guex galerie d’art.

Christian Guex galerie d’art, cette fois pour de bon

Christian Guex galerie d’art a donc quitté l’agence de communication en 2005 pour créer une galerie d’art, Au-delà des apparences en septembre 2006. Ce n’est pas tout à fait exact, mais il me dit qu’il se lance dans l’aventure sans rien connaitre, sans réseau d’artiste ni relation avec ses confrères. Je précise, pas tout à fait vrai, parce que son expérience au Dôme d’Albertville n’a pas été vaine et qu’il avait de l’intérêt pour l’art et collectionnait au gré de ses moyens.

Il est donc parti sur les routes et il est rentré au hasard dans 150 galeries de France pour faire un état des lieux. Suivant l’humeur du moment, il se faisait passer pour un néophyte, un collectionneur averti, un curieux, un acheteur potentiel, etc. Ce qui lui a permis d’acquérir une formation de terrain intense de ce qui lui semblait bien ou pas. Avec avoir hésité avec Genève, il s’est finalement installé à Annecy (non loin de Genève tout de même). Il a repris une ancienne galerie spécialisée depuis 27 ans dans l’art des maîtres verriers de haut niveau. Un art magnifique mais pointu et fréquenté par des collectionneurs rares.

Les deux se sont partagés la galerie pendant près d’une année entre le rez de chaussée et l’étage. Ce qui a été aussi une forte transmission même si les univers sont très différents.

En France, il y a quelques galeries internationales, une masse de très petites galeries et très peu de galeries de taille intermédiaire, nationale. Christian Guex galerie d’art me dit que le milieu est si petit que chacun se connaît. Son objectif est de faire de sa galerie d’art un lieu de niveau national et il y est déjà en partie parvenu par le niveau des artistes qu’il représente.

Christian Guex est présent avec sa galerie d’art à Art Up à Lille. Il a postulé à deux reprises à Art Paris mais le coût est de 40 à 50.000€ pour un petit stand (incluant la logistique, le transport, le logement, etc.) ce qui est particulièrement risqué pour une structure moyenne. Sur Lille ou Strasbourg le coût est tout de même d’environ 12.000€ tous frais additionnés, ce qui signifie qu’il faut vendre entre 25 et 30.000€ pour seulement commencer à dégager un bénéfice.

Dès le début Christian Guex a été présent avec sa galerie d’art sur les foires et les salons et un important travail auprès des collectionneurs est nécessaire en amont pour réaliser les ventes. Etre présent sur un salon est à la fois faire circuler les oeuvres des artistes et se faire une réputation en tant que galeriste.

Christian Guex galerie d’art me dit recevoir près de 4.000 sollicitations d’artistes par an ! Bien entendu, il n’y a pas suffisamment de galeries ni de collectionneurs même si beaucoup de ces artistes sont tallentueux.

D’ailleurs, Christian Guex me dit que de nos jours des 3 acteurs, l’artiste, le galeriste, le collectionneur, chacun essaie de profiter de l’autre. L’équilibre est précaire, instable pour que chacun trouve sa place. Le contexte économique, relationnel de chacun est difficile et souvent instable.

Christian Guex affirme avec force que l’artiste doit pouvoir se concentrer sur sa création pour laisser le galeriste être en charge de tout le travail de promotion qui vient ensuite. Il insiste : ouvrir une galerie d’art est un acte engagé.

Il a dans cette optique signé un contrat d’exclusivité avec Florence Dussuyer afin de lui offrir la sérénité nécessaire et lui avoir le temps et les moyens de promouvoir son travail. Faire de l’art est un projet qui doit mûrir pour aboutir, ça demande beaucoup de travail, intérieur, technique, pratique. Le travail du galeriste et du collectionneur demande aussi de la profondeur et du temps.

Christian Guex galerie d’art croit fort au « petit bonhomme de chemin » plutôt qu’à l’évènementiel éphémère, le buzz. Les choses se construisent dans la durée, même si c’est moins glorieux ou sexy. C’est remettre le coeur à l’ouvrage tous les jours.

Pour terminer, en 2017 Christian Guex me dit qu’il a mal à la France. Pour acheter une oeuvre d’art, nécessairement chargée en émotion, il faut être bien. Ce n’est pas un acte neutre.

Pour autant et pour clore la conversation, il reste optimiste et pense que les fondamentaux ne disparaissent pas. Les grandes ventes médiatiques ne représente pourtant que 2 à 5% du marché de l’art. 98% du reste est moins bruyant mais c’est là qu’est la puissance de l’art.

Une question pour vous

Vous êtes artiste ou collectionneur, dans les commentaires ci dessous, dites-moi comment vous voyez le rôle du galeriste dans la circulation de l’art.

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Restons en contact :

12 Comments

  • Ce galeriste correspond bien au galeriste que je recherche depuis 30 ans!
    mais en recevant 4000 sollicitations par année…il faudrait qu’un ange se penche sur ma tête pour que j’ai la chance de lui présenter mon travail…
    cela me fait du bien de savoir qu’un tel galeriste existe!

    • Marc - le goûteur d'art Marc Ribagnac dit :

      Chantal,

      Il n’est pas loin de chez vous, allez-y en lui disant que vous venez de ma part. Sa galerie est à quelques centaines de mètres du lac et des canaux d’Annecy le vieux. Rien que pour ça et la visite de la galerie vous n’aurez pas perdu l’heure de route.

    • arnaud dit :

      Il est vrai qu’il est de plus en plus rare, de voir des galeristes, s’intéressant particulièrement aux oeuvres et artistes
      Marlène ARNAUD artiste plasticienne mobiles sensoriels : marlenearnaud.monsite-orange.fr

  • Eric DAVID dit :

    Les galeristes passionnés sont rares, et les artistes sont nombreux. J’ai débuté dans mon art le 1 novembre 2015 après un licenciement, à 51 ans c’est quasi impossible de retrouver un boulot valorisant, j’ai donc tout investi dans mon art « la photo haute vitesse de collisions de liquides ». Je rêve de rencontrer une personne telle que Christian Guex. Je n’ai que des félicitations du public que je rencontre sur les foires ou salon, mais pas de ventes et beaucoup d’investissements tant physique que financier. Etre artiste débutant et rencontrer la personne qui va vous faire connaitre, relève d’un gros coup de chance. Félicitation pour l’article qui démontre que ce lancer dans l’art est long et fastidieux et que les chances de réussite sont minimes, mais il faut persévérer comme Christian Guex, bravo à lui. Et bravo à naaba.fr

  • … eh bien je vais suivre le conseil que vous donnez à Chantal, et aller le voir ! Juste… plutôt que de dire que chacun des trois acteurs profitent de l’autre, je dirais que chacun valorise l’autre. Enfin, c’est mon opinion. Sinon j’aime bien, mais pas que, l’obstination de cet homme. Merci pour cet article. Nicole

    • Marc - le goûteur d'art Marc Ribagnac dit :

      Oui allez-y c’est une belle galerie.
      Et Christian Guex est passionnant.
      Chacun valorise l’autre c’est vrai mais les temps difficiles durcissent les relations. Et du coup les gens ne travaillent pas toujours main dans la main.

  • BAUER (né en 1947 à Coutances France) dit :

    Je recherche une galerie sur Paris, mais je veux bien mettre mes œuvres en ligne sur votre site

  • Derumier dit :

    Bonjour, Je suis artiste photographe et aussi…
    Permettez moi de donner un avis en tant que créatrice de 2 galeries d’art, l’une à Vence et l’autre à Bruxelles, il y a 17 ans. Je participe aux foires de Lille et Strasbourg aussi. J’ai donc rencontré aussi ce galeriste. J’ai lu l’article et je peux dire que j’ai des points communs avec le galeriste que vous présentez. Je n’ai pas le même parcours. La première rencontre avec l’art est moteur, la « bonne » collaboration avec les artistes est essentielle, la passion, la patience, les projets, la confiance… et l’engagement !
    Se donner la permission, l’occasion, la chance, l’audace d’acheter de l’art, voilà un enjeu pour le futur !

  • Bon courage à une galerie d’Annecy.
    J’ai connu des collectionneurs qui achetaient à Genève ou Zurich des pièces achetables en région mais qui étaient deux fois plus chères en Suisses car c’est plus valorisant.
    Cordialement,
    AM

    • Marc - le goûteur d'art Marc Ribagnac dit :

      Oui, tout à fait André. La même oeuvre fait beaucoup plus chic si elle est achetée à New York plutôt que dans la galerie en bas de chez soi…
      L’art a aussi pour fonction le paraître de l’acheteur !

  • Bonjour, j’ai reçu plusieurs mails provenant de votre galerie d’Annecy. Je vous transmets l’adresse de ma page Face Book, pour le cas où mon travail vous intéresserait : https://www.facebook.com/Surreal-paintings-of-Dominique-Hoffer-297814356902035/
    Mon site figure en-dessous. Pour votre information, je suis Suisse et habite dans le canton de Vaud, à une heure d’Annecy où j’ai déjà exposé dans le passé (Galerie Perbet).
    Merci pour votre avis,
    Bonne journée,
    Dominique Hoffer

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