Charles Billy, outsider art

Le « Jardin de nous deux », construit dans son jardin de 1.500m² est la grande œuvre de Charles Billy, outsider art. Entamé en 1975, Charles Billy a travaillé jusqu’en 1991.

Charles Billy, outsider art

De retraité à Charles Billy, outsider art

Dès 1987, Charles Billy, outsider art avait eu l’honneur de la une de France-Soir où il était présenté comme le nouveau facteur Cheval. Comparer est toujours risqué mais il y a effectivement des points communs. Des constructions assez extraordinaires et l’influence des voyages. La comparaison s’arrête là. Ceci étant dit, il avait visité le Palais idéal du facteur Cheval en 1968 et il en est certainement resté quelque chose quand il a commencé à « décorer » son jardin 7 ans plus tard.

Sur un plan plus artistique et plus sérieux, un long article a été consacré au jardin de Charles Billy, outsider art fin 1990 dans la revue Raw Vision.

Le jardin est situé à Civrieux-d’Azergues, non loin de Lyon, France. Ce village est situé dans la zone des « pierres dorées », surnommée la petite Toscane. Les constructions sont faites de pierres ocre jaune d’une couleur remarquable.

C’est en débutant sa retraite que Charles Billy, outsider art a commencé ses constructions. C’était en somme une nouvelle vie qui débutait.

Le terrain est en pente et en longueur. De la rue, c’est sa maison qui est vue et elle n’a rien de remarquable. C’est en retrait et en contrebas que tout se passe. A cause des 15m de dénivelé, d’importants travaux de terrassements ont été réalisés. A toutes les étapes, sa femme a participé aux travaux, à la cherche de pierres et aux constructions.

Charles Billy, outsider art a parcouru le monde et a rapporté ce qu’il a vu dans son jardin. Il y a de tout : une pagode, un château, la tour de Pise, Big Ben, etc. Mais aucune construction ne dépasse 3m de haut.

Il fallait des pierres, beaucoup, alors il en a récupéré des bâtiments démolis dans les environs. Il les a retaillées et a parfois réalisé des sculptures assez réussies.

Charles Billy, outsider art
Charles Billy, outsider art
Charles Billy, outsider art

Contrairement aux construction du moyen-âge où le château était au centre et les habitations alentour, ici c’est la maison qui est entourée de châteaux !

Comme souvent en art et plus particulièrement en art outsider, l’oeuvre possède l’artiste. Il y a quelque chose de compulsif. Le portail d’entrée a été réalisé d’un seul tenant en 1978 en commençant tôt le matin et en terminant la nuit. 4 tonnes de béton ont été manoeuvrées pour les 7m du porche. Et les voisins ont participé avec leurs oreilles…

Charles Billy, outsider art se voyait comme un artisan du moyen âge. L’énergie déployée dans le travail était importante, autant que le résultat obtenu. Un exploit sportif comme une volonté de se mesurer aux autres. Né en 1910, Charles Billy a quitté l’école à 12 ans, c’était ainsi pour beaucoup en cette période. Les années n’étaient pas folles pour tout le monde. Donc, il a exercé des métiers très modestes : pilonnier, clouer de chaise, machiniste sur bois. Il a aussi travaillé dans l’usine des frères Lumière, mais la qualité primait  et il était interdit de travailler vite ! Son oeuvre est en quelque sorte un revanche sur la vie, montrant qu’un homme modeste peut avoir du génie et réaliser de grandes choses.

Charles Billy, outsider art disait que les choses étaient faites sans plan préconçu et au hazard. Même pour ses sculptures, il disait que la nature lui avait tendu la perche et qu’il ne faisait que révéler des formes.

Charles Billy, outsider art est décédé en 1991 et sa femme en 2002. Pour conserver l’ensemble il avait été prévu de le léguer au département. Mais la collectivité aurait du verser une indemnité à leur fille et a justifié du refus parce que « l’intérêt de cette oeuvre n’est pas véritablement démontré ». Les frais d’entretien auraient également été élevés, le ciment utilisé était de mauvaise qualité.

Aujourd’hui la municipalité regrette de ne pas avoir acquis la propriété, qui appartient à un particulier. L’ensemble est correctement entretenu mais n’est pas ouvert au public, sauf en de rares occasions comme les journées du patrimoine.

Charles Billy, outsider art

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