Bernard Louedin, peintre surréaliste

Pendant 7 ans j’ai habité à Lannion mais jamais je ne m’étais arrêté à l’atelier de Bernard Louedin, peintre surréaliste. Il a fallu que je retourne voir des amis pendant les vacances d’été pour rencontrer l’homme et voir ses tableaux.

Bernard Louedin se définit plus comme peintre fantastique que surréaliste. Mais dans la réalité quotidienne, il a acheté il y a longtemps (47 ans) un corps de ferme qu’il a fort bien rénové et il aime y nourrir les oiseaux.

Bernard Louedin, peintre surréaliste

Bernard Louedin, peintre surréaliste a commencé à dessiner à 8 ans et peindre à 15 ans. Son père était cheminot de son état et se désintéressait complètement de la chose. Sa mère était couturière.

A 15 ans il a acheté son premier livre de Modigliani mais sa mère l’a jeté parce qu’il y avait des nus. Au lieu de se décourager, il s’est dit qu’il fallait mieux cacher ces livres. Dès lors il n’a plus quitté la peinture. A 16 ans un prof. de dessin a emmené la classe au musée. Bernard Louedin, peintre surréaliste est tombé en arrêt devant le fifre de Manet. Avec le temps, ça le lui fait penser à la grâce de Claudel.

A 17 ans il travaillé avec des peintres, il s’est formé sur le tas. Cela fait maintenant 60 ans qu’il peint. Parti faire son armée en Algérie, il est tombé sur un commandant qui aimait la peinture (il connaissait Picasso) et lui a donné des permissions pour pratiquer. Petit bénéfice, il peignait pour ses supérieurs. Il a travaillé avec un peintre de Constantine.

De retour il a travaillé avec des peintres comme Chapelin-Midy. Des peintres figuratifs ayant une notoriété dans les années 1960. A cette période, la peinture figurative était appréciée. Bernard Louedin, peintre surréaliste dit qu’il est réfractaire à l’école mais apprend très vite s’il voit faire, dans un atelier par exemple.

Il y a maintenant prescription, il est rentré aux impôt pour peindre ! Il a avait choisi un poste que personne ne voulait, à 40 km de tout collègue, sans téléphone ni bureau. Le travail était rapidement réalisé et lui laissait beaucoup de temps libre pour peindre… et un salaire. Bernard Louedin, peintre surréaliste dit que c’était un reliquat du 19° siècle. C’est Giscard d’Estain qui a mis fin à ces planques. Cependant, à cette époque il y avait de l’argent. Des gens téléphonaient pour dire qu’ils voulaient un tableau. Quand on leur demandait ce qu’ils voulaient, ils répondaient « ce que vous voulez » ! Il arrivait que tous les tableaux soient vendus dès le vernissage.

Que cherche Bernard Louedin, peintre surréaliste ?

Ce qui l’intéresse premièrement dans la peinture c’est la démarche, creuser son sillon. La métaphore agricole n’est pas sans intérêt dans un monde rural. Le jour où j’ai été le voir Bernard Louedin, peintre surréaliste a dessiné tout le matin sans savoir où il allait. D’une manière ou d’une autre ce sont des éléments qui vont nourrir une oeuvre future mais sans lien direct.

Bernard Louedin, peintre surréaliste dit qu’entre le dessin et le tableau final il faut beaucoup de temps. En général il lui faut 3 mois, entre les dessins préparatoires, la préparation, le séchage (15 jours car il travaille à l’huile traditionnelle). Il a donc une trentaine de peintures en parallèle.

Bernard Louedin, ne peut pas se détacher du sujet et demeure dans le figuratif. Il ne peint pas avec le pinceau mais dessine comme s’il avait un crayon.

Bernard Louedin, peintre surréaliste se réfère à des peintres comme Foujita qui dessine en utilisant des la peinture comme matériau. Il se réfère également au peintre érotique Hans Bellmer dont les dessins sont extrêmement travaillés, plein d’énergie.

Les influences de Bernard Louedin, peintre surréaliste

Bernard Louedin, peintre surréaliste a très peu été à l’école mais est visiblement cultivé. Grâce à un ami qui travaillait chez les éditions Pauvert et qu’il a cottoyé une vingtaine d’années. Grâce à lui, il a rencontré Félix Labisse. Sa curiosité est aussi insatiable et il lit beaucoup.

Bernard Louedin aime Bacon et ne le voit pas comme sombre, effrayant. D’ailleurs pour son mariage il a reçu une gravure de Bacon, le bon à tirer signé de l’artiste.

Bernard Louedin, peintre surréaliste accepte le terme de surréaliste mais préfère utiliser celui de fantastique. Le premier est plus connu du public mais les surréalistes cherchaient à étonner alors que Bernard Louedin cherche à détourner les objets. Il a souvent envie de refaire des tableaux de Magritte mais comme c’est déjà fait, il faut tracer sa propre route.

Bernard Louedin, peintre surréaliste aime lire la vie des peintres mais pas les livres hagiographiques, plutôt quand les côtés regrettables ne sont pas épargnés pour connaître la personne dans sa complétude. Il a parfois rencontré des personnes dont il aimait beaucoup l’oeuvre et le personnage était décevant. Il dit que c’était probablement parce qu’a cette époque il était dans l’idéalisation.

Bernard Louedin, peintre surréaliste a évolué au gré des rencontres et des envies. Il y a peu, il a été à Lisbonne et a visité un magnifique musée de carrosses. Pendant quelques temps il a peint sur ce thème. Plus récemment, il a été à La Rochelle et peint en partant ce cette ville. Quand l’envie le quitte il laisse le thème mais y revient parfois plus tard comme dans une spirale.

Par contre il a abandonné le nu et serait bien en peine d’en refaire.

Il lui arrive de reprendre des toile 6 mois plus tard. En tous les cas, il dit être obsessionnel et a besoin de travailler tous les jours.

Un critique, voulant jouer sur les mots a dit qu’il faisait une peinture entre loup et daim. Bernard Louedin, peintre surréaliste trouve que ce n’est pas faux au fond, que sous des apparences plaisantes, une petite musique moins facile existe.

Bernard Louedin aime aussi jouer avec les mots. Un amis lui a dit avoir joué aux boules et il a compris « bulles », il a donc peint un joueur de bulles ! Il aime aussi beaucoup lire Lacan même si parfois il ne comprend rien mais l’aborde comme une poésie.

D’ailleurs, lire de la poésie l’aide à s’échauffer pour peintre, à se mettre dans une disposition d’esprit de création, d’émotion. Il se compare aux danseurs, aux sportifs avec un besoin de pratiquer tous les jours.

Bernard Louedin, peintre surréaliste, comme beaucoup d’artistes, de poètes, d’écrivains a une oeuvre à réaliser et y consacre toute son énergie. Au détriment parfois des relations sociales non essentielles.

Sa fille est devenue psychanalyste, les chiens ne faisant pas des chats ! Bernard Louedin, peintre surréaliste aime comprendre la mécanique mentale des gens. C’est aussi un gage d’indulgence.

Bernard Louedin, peintre surréaliste aime l’ombre, être en retrait. Il n’aime pas les artistes qui jouent à l’artiste, les poètes qui jouent au poète, qui ont besoin de mettre un chapeau pour se sentir poète.

Du coup travailler avec des galeristes lui convient. Au vernissage il aimerait ne pas être présent et ne pas parler de son travail. Plutôt que d’expliquer, il faut regarder les tableaux. Bernard Louedin me précise que le besoin d’explication est un malentendu.

Pour aider les gens à comprendre sans rentrer dans des explication superflues, il va maintenant apporter des dessins préparatoires. Ca montre le cheminement de l’idée.

Bernard Louedin, peintre surréaliste travaille aussi pour son épouse qui est lissière. Vous ne savez pas ce que c’est ?
Je vous en parlerai bientôt !

2 Comments

  • quechon fabienne dit :

    bonjour j’ai découvert Bernard Louedin il y a de très nombreuses années lors d’une exposition à l’office de tourisme de st jean de monts en Vendée et dans une petite galerie de challans. si j’avais eu de l’argent j’aurais certainement acheté une de ses toiles représentant des bateaux ailés volant au dessus des flots. j’aime énormément son tableau éléphant dryade et tous les tableaux avec des oiseaux. voilà je voulais juste apporter un petit témoignage. amicalement

    • Marc Ribagnac Marc Ribagnac dit :

      Merci Fabienne pour vos salutations amicales.
      Bernard Louedin était plus « tendance » à une époque, les goûts ont évolué ce qui est normal.
      Ceci étant dit, son travail est toujours de très bon niveau techniquement et intéressant pour l’imaginaire.

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