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Armand Dupuy, poète et Aaron Clarke, peintre

Ce n’est pas tous les jours que je rencontre un artiste deux en un ! Il faut aller dans un village, qui en 1385 dépendait du diocèse de Mâcon quand aux cieux et de la Seigneurie de Beaujeu quand au siècle.

A l’ère contemporaine, je rencontrais l’artiste gémellaire Armand Dupuy, poète et Aaron Clarke, peintre.

Depuis Bordeaux, πR me signale que mes rencontres signalent souvent une boisson : thé ou café. Cette fois ce fut café.

Armand/Aaron débute, juste après le café de bienvenue, par le parler de l’insatisfaction permanente que lui procurait la peinture. Ca commence bien ! Pour varier, le mot échec est aussi présent. Je ne sais, du coup comment amorcer l’entretien.

Revenons aux bases : parlez-moi de votre enfance ! Petit, il regardait les Lagarde et Michard de sa mère. On a traumatisé un petit garçon pour moins que ça.

Vers 7-8 ans il était fasciné par les peintures et la capacité qu’elles ont à reproduire la réalité. Mais lui n’y parvenait pas. Ah, Freud avait raison, il fallait le faire parler de sa mère.

Au même âge l’envie d’écrire le travaillait. Les textes étaient de son âge, naïfs.

Puis il a découvert les grands poètes. Le mot était si évident, qua j’ai oublié de demander ce que veut dire grand et qui est grand. En tous les cas, il me signale qu’il a eu un très bon prof de français quand il a été un peu plus grand. Qui reliait le texte à quelque chose de plus grand.

En classe de première, il a voulu lire. Probablement pour se différencier des autres garçons de l’internat. Il n’y comprenait pas tout mais avait l’objectif, l’obstination, de « lire tous les mots du livre ». C’était La Chute de Camus. Sans références, c’est dur. Mais c’est le début d’une culture.

Puis il a passé un bac économie (ES). Il a été en fac de psycho. Il voulait comprendre. Mais il a arrêté en maîtrise, a passé le concours de prof pour gagner sa vie. Il a débuté sans la vocation et pourtant ce métier lui plait. Il est titulaire mobile, fait des remplacements. Un intérêt est qu’il peut gérer son temps personnel et qu’il peut consacrer son temps de vacances scolaires à son travail artistique.

Je lui demande si sa pratique artistique a changé sa pratique enseignante. Il commence par préciser que l’école a une relation compliquée avec la poésie. La poésie est une capacité d’émerveillement, une ouverture. C’est la vie, pas un truc d’école. Il faut d’ailleurs d’abord être relié à soi avant de l’être aux autres.

Il aime se lever tôt. Le matin, il est en bas de sa maison pour ne pas faire de bruit. Il consacre ce temps à l’écriture, au retravail. Il prend des notes à n’importe quel moment, en voiture il utilise un dictaphone. Puis, c’est le temps de remâcher, de ruminer. Il faut que ça lui semble juste. Ce n’est pourtant pas du tout un travail intellectuel au sens strict. Ca chemine à l’intérieur, ce sont parfois de petits détails mais ça change tout. Armand remâche pour trouver le plus juste et le chemin le plus court. Son écriture est issue de ses sensations et il cherche à rester le plus près de l’émotion initiale et de son langage. C’est la rencontre du dedans et du dehors qui déclenche l’écriture. Il est sensible au visuel.

Je n’ai pas encore eu le temps de vraiment lire ses livres. Mais dans Sans Franchir, le lecteur a l’impression de faire le même chemin. Ce n’est pas un roman qu’on lit pour se détendre, il faut aussi le ruminer, revenir en arrière et recommencer. Digérer.

Armand cite Antoine Emaz « le poète est une plaque sensible ». C’est comme respirer, ça rentre, ça sort et entre deux c’est transformé.

Ce n’est plus un secret, Aaron Clarke est le nom sous lequel il peint, « sans souci du regard extérieur ». Ca « tien à distance ».   Même si les gens le savent maintenant, ça le libère.

Mais revenons à l’écriture.

Etudiant, il a découvert le lyonnais Charles Juliet et son journal. Juliet était un étudiant en médecine qui a tout plaqué pour écrire. Ca résonnait en lui (Armand). Il a lu tous les livres de Juliet de manière compulsive, obsessionnelle. C’est là qu’il s’est forgé une culture. Armand a commencé à lire les auteurs que Juliet mentionnait. Aux peintres. Armand a fonctionné par capillarité, c’était comme un réseau.

Puis Armand a rencontré Juliet, qui a pris soin de démystifier le personnage qu’il est. Armand est revenu à une relation normale avec Juliet et ses livres. Armand était taraudé par le sentiment d’échec et jetait ses textes. Avec Juliet il a appris la tolérance vis à vis de lui-même.

Armand avait besoin de lecteurs pour avoir un feedback. Son premier livre a été publié en 2005 à Sang d’encre. Il n’a jamais envoyé de manuscrit, ce sont les rencontres qui ont suscité des publications.

La suite ?

Allez voir sur la page Facebook de Armand Dupuy, poète et Aaron Clarke, peintretout y est indiqué en temps et en heure !

Armand Dupuy, poète, et Aaron Clarke, peintre

Armand Dupuy, poète, et Aaron Clarke, peintre

Armand Dupuy, poète, et Aaron Clarke, peintre

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