Anita Besson, galeriste, passionnée de céramique contemporaine

A 55 ans, la plupart des gens préparent le début de la retraite. Anita Besson, elle, a ouvert une galerie à Londres, dédiée à la céramique contemporaine. Elle l’a tenue jusqu’à ses 78 ans en 2011 !

Anita Besson, céramique contemporaine
Bols de Lucie Rie, exposés à la Galerie Besson. Photographie : Michael Harvey

Le parcours de Anita Besson, galeriste en céramique contemporaine

Anita Besson est née en Suisse en 1933 et y a grandi. Mais ses parents étants séparés quand elle était petite, elle a eu une vie itinérante : Majorque, Londres, etc. Elle s’installe à Londres en 1956. Un peu plus tard, elle obtient un poste stable à la galerie Marlborough Fine Art.

Anita Besson y a fréquenté des artistes de premier plan : Francis Bacon, Barbara Hepworth and Henry Moore. En 1972 elle est devenue directrice d’une autre galerie, toujours à Londres. C’est pendant cette période qu’elle s’est intéressée à la céramique et a organisé des expositions. Les artistes qu’Anita Besson  a fréquenté à ce moment ont été la base de son travail lorsqu’elle s’est installée à son compte.

Même avec une solide réputation dans le monde de l’art, tout le monde pensait qu’il était fou d’ouvrir une galerie basée sur la céramique contemporaine. Les revenue allaient être précaires. Mais Anita Besson a vu le potentiel artistique bien plus que financier.

Pourtant elle professait être peu instruite en la matière mais… c’était probablement une bonne base pour son enthousiasme à donner un écrin digne de ce nom à une forme d’art sous-estimée. Le lieu de style victorien était particulièrement beau, lumineux et assez intimiste pour des pièces exposées de taille généralement modestes.

Ceci étant dit, elle s’est installée dans sa propre galerie quand les maisons de vente aux enchères ont commencé à porter un intérêt croissant à la céramique d’art.

Son grand plaisir était de rencontrer les artistes, de voir des objets d’une nouveau type, de développer une clientèle pour la céramique et se faire de nouveaux amis !

Les bonnes ventes des pièces de Lucie Rie et Hans Coper lui ont donné la liberté d’exposé des artistes moins connus et plus expérimentaux. Elle a fait découvrir au public britannique des céramistes venant de Russie, France, Japon, Scandinavie, Italie, Espagne, Etats Unis, Australie and Corée. Elle parlait 5 langues, belle performance et utile quand on fréquente des artistes du monde entier.

Anita Besson avait des goûts éclectiques et a fait des incursions dans la céramique médiévale ou des pièce tribales d’Afrique. Elle a même continué à travailler avec le français Bernard Dejonghe après qu’il se soit mis à travailler le verre.

La fierté d’Anita Besson était d’être devenue, au cours des 250 expositions, une référence dans le monde de la céramique contemporaine. Son œil était sûr mais son humour volontiers irrévérencieux ! Elle n’a montré que des œuvres qu’elle aimait, pas qui « devaient » être montrées. Lors de la venue de l’empereur japonais Akihito en Grande Bretagne en 1998, la reine a acheté un bol à la galerie Besson !

Sa retraite aura duré 4 ans, elle est décédée fin 2015.

Trace de sa passion, au-delà de la fermeture de la galerie, le site web est maintenu, ces archives sont une mine d’information sur la céramique contemporaine. En somme, si la vie d’Anita Besson s’est interrompue, sa passion continue. Attention, si vous allez vous y promener, vous y passerez du temps, beaucoup.

Anita Besson, céramique contemporaine
Helen Fencey, 2009, porcelaine à cendre d’os
Anita Besson, céramique contemporaine
Bouteille de Lucie Rie exposée à la Galerie Besson. Photographie : Alan Tabor
Lucie Rie, Anita Besson, céramique contemporaine
Lucie Rie exposée à la Galerie Besson, porcelaine.

La céramique est-elle un bon investissement ?

Au début des années 2000, la céramique était clairement le parent pauvre de l’art contemporain. Les choses n’ont pas forcément beaucoup changé. Quand Grayson Perry a gagné le Turner prize en 2003, le microcosme de l’art contemporain en a été secoué.

Pourtant des collectionneurs (en même temps investisseurs), la céramique l’a jamais perdu son lustre. Cet art est à la frontière de la sculpture et du fonctionnel, du petit bol à la sculpture de 1 tonne.

Actuellement, les prix de Lucie Rie et Hans Coper ont explosé. Certaines pièces de Coper passant de 75£ à 15.000£, tout simplement (avec 20% de commissions diverses en sus).

Actuellement, la céramique est sortie des tendances traditionnelles pour explorer des possibilités tout à fait contemporaines. Le tour du potier est délaissé pour des formes beaucoup plus exploratoires qui deviennent des pièces de musée.

Les prix de la céramique sont bien plus abordables que ceux de la peinture et il est possible de commencer par des pièces très modestes. Pour que la collection soit vraiment intéressante, comme pour la peinture, les certificats et la traçabilité de l’oeuvre est primordiale.

Un article du Guardian est en anglais et date un peu, mais je vous le recommande si vous souhaitez aller plus loin.

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