Alfio Origlio, pianiste jazz

Alfio Origlio, pianiste jazz a d’abord été petit garçon. Son père est un passionné de jazz et lui-même batteur. Accessoirement, son père a des origines en Sicile et y possède encore des oliviers. Il écoutait les Jazz Messengers, Nougaro, Pink Floyd. Le papa et donc, le fils écoutait ce qui se faisait à l’époque mais avait aussi des copains musiciens. Pourtant Alfio a commencé par la musique classique, le conservatoire.

A 16 ans, un évènement a tout déclenché. Il a été écouter son ami Benoît Sourisse, de trois ans son aîné à la Soupe aux Choux à Grenoble. Il n’avait pas l’habitude de sortir et pourtant « j’ai posé ma mobylette et je suis resté jusqu’à une heure du mat’, scotché ». Il est rentré à la maison et n’a pas dormi de la nuit. L’école était finie.

Il a demandé à Benoît de lui montrer comment faire, qui lui a répondu « viens me voir demain ».

Alfio Origlio, pianiste jazz
© Jean-Baptiste Millot

Alfio Origlio, pianiste jazz s’est complètement désintéressé de son bac scientifique, a tout plaqué. Son père, proviseur au civil (sa mère prof) n’étaient pas enthousiaste mais le jazzman amateur était fier de son fils.

Dès l’âge de 16 ans (en 1983) a commencé à jouer 4-5 soirs par semaine seulement sur Grenoble. L’époque était différente, à 17 ans Alfio Origlio, pianiste jazz était financièrement indépendant.

Avant d’être Alfio Origlio, pianiste jazz, il a premièrement eu un cursus classique

Alfio Origlio, pianiste jazz est d’abord passé par le conservatoire. Il a commencé le piano à 4 ans.

Alfio ne garde pas un bon souvenir du conservatoire, des méthodes d’enseignement. En 1920 on avait les plus grands compositeurs du monde en France Maurice Ravel, Debussy, Faure. Et dès 1960 plus que 3% des élèves deviennent musiciens, professionnels ou amateurs. On apprend à devenir prof et pas musicien (le diplôme s’appelle le DEM). Comment donner envie quand on ne joue pas sois-même ?

Alfio me dit qu’il n’y a pas de technique universelle, à chaque musique sa technique de travail. Il n’a jamais fait de gammes, même au conservatoire. Il ne travaillait pas les morceaux qu’on lui donnait mais uniquement ce qu’il voulait : Debussy, Ravel, Bach, Fauré, Prokofiev. Les compositeurs jusqu’en 1940, plus Bach. Il travaillait sur partitions, les disques vinyles étant chers. Avec Debussy, tout est sur la partition.

Alfio trouvait ses profs fumistes, parfois incapables de jouer ce qu’ils demandaient aux élèves de faire. Un prof ne voulait que lui faire travailler Chopin alors qu’Alfio détestait. Pour lui, un prof doit partir de ce que l’élève aime. Ensuite, on peut lui prêter des disques, lui faire découvrir d’autres choses. Alfio n’était pas rebelle, mais presque !

Alfio n’a pas pris de cours d’harmonie et a débuté la composition en autodidacte. Arrivé à ses limites il a travaillé avec Bernard Maury, qu’il appelle son maître de musique (mort en 2005). Alfio avait 22 ans. C’était un très grand pédagogue, pragmatique. Il lui a ouvert l’esprit.

Pour Alfio Origlio, pianiste jazz ce qui est important c’est ce qui est joué maintenant

…et pas rester fixé dans le passé.

Alfio aime le jazz à partir de 1965, avant rien ne le branche. C’est le Miles Davis Quintet qu’Alfio voit comme le truc parfait entre Dubussy, Ravel et les musiciens de jazz. Toute la période swing, be-bop, ragtime ne le touche pas, même s’il trouve tout à fait respectable. Cette période est une explosion de la pop, du rock, des nouveaux sons. Dans les années 70, tous les grands musiciens ont essayés des choses nouvelles. Alfio trouve idiots des jeunes qui veulent jouer du jazz des années 50 alors que les grands de cette époque étaient en constante recherche et évolution. « Comment on peut regarder en arrière ? » La tradition de maintenant était le truc avant-gardiste d’alors ! Alfio trouve triste de jouer toujours le même truc. D’ailleurs, le mot « truc » revient souvent 😉

Les jazzmen de New York actuellement sont des « tueurs », me dit Alfio. Toutes les semaines il a besoin de découvrir quelque chose de nouveau, ce sont ses nourritures spirituelles. D’ailleurs a du mal a écouter ses anciens disques. Même s’il les assume. Les disques qu’Alfio a fait sont des marqueurs d’une époque de sa vie.

Son évolution est très liée aux rencontres. Des disques, des concerts. Alfio a touché à des styles très différents : funk, jazz, rock, rythme&blues…

Alfio Origlio, pianiste jazz a parfois écrit de la musique pour d’autres.

Alfio aime la liberté qu’il a dans son activité, contrairement à un musicien appointé. Cette liberté se paie parfois mais avoir parfois des périodes blanche où il fait ce qu’il veut n’est pas pour lui déplaire.

Alfio Origlio, pianiste jazz et parfois accompagnateur

Mais uniquement avec des musiciens inconnus : Salif Keïta, Manu Katché, Stacey Kent, Michel Jonasz, Gregory Porter, Didier Lockwood, Stéphane Eicher, Ernie Watts, Michel Colombier, Henri Salvador, Bobby Mc Ferrin, Michel Legrand, Keziah Jones, Me’shell Ndegeocello, Daniel Mille, Chris Potter, Erik Truffaz, Daniel Humair…

Il enregistre les disques avec eux mais ne fait pas de scène. L’inconvénient est qu’en France on est trop compartimenté : soit variété, soit jazz. Jamais les deux. Alors, faire de la variété est un peu (beaucoup ?), honteux. Aux Etats Unis, cette distinction n’existe pas, ou moins. Un bassiste… dont le nom échappe à Alfio, a joué avec Miles Davis puis avec Madonna, sans que cal pose problème. Du coup Alfio garde une certaine étanchéité entre les deux milieux.

Alfio est critique envers les gens qui disent vouloir jouer sans compromission mais n’attirent aucun public. Le mythe du poète maudit n’est pas loin. Le bon jazzman est celui qui en bave. Mais si un musicien est si bon qu’il le prétend, ça se saurait. Si ça ne se sait pas, c’est qu’il reste du travail. Même s’il faut tempérer. Quoi qu’il en soit, il est significatif que le public et les organisateurs de festival soient attirés par les novateurs. Plutôt que d’entendre une reprise, Alfio préfère entendre l’original. Sauf s’il y a quelque chose de vraiment nouveau dans l’interprétation.

Alfio Origlio, pianiste jazz me dit qu’il toujours eu la chance de correctement vivre de sa musique. Mais depuis 2007 et surtout depuis 2 ans, c’est beaucoup plus dur. Il y a d’avantage de musiciens et les tarifs baissent. Pourtant les gens vont toujours aux concerts, le prix d’entrée augmente mais les tarifs des musiciens baissent. Il y a peu, Alfio a échangé avec un programmateur qui lui a vanté une belle salle et un beau piano mais ne voulait pas le payer. Alfio me dit que s’il veut jouer gratuitement, il reste chez lui et invite des copains.

Lors d’une master class, un élève a demandé s’il arrive de faire un concert quand on n’a pas envie. Le vieux musicien a pris la question et a répondu qu’il y a trois raison de jouer : la musique, les copains, l’argent. Il en faut absolument deux sur les trois pour que ça marche. Sinon « c’est la merde ».

Alfio aime faire des choses différentes. Il a même joué de la musique flamenco avec un groupe et une danseuse. Au piano je suis surpris, mais Alfio me dit que c’est le rythme qui fait la musique plus que l’instrument. La musique a un rapport à la danse primaire. Deux disque en sont sortis. Dont Passagiata.

Quelle suite pour Alfio Origlio, pianiste jazz ?

Alfio tourne avec 100-150 concerts par an.

Alfio a rencontré ALEM, beatboxer et vice-champion du monde en 2012 (voir les video ci-dessous). Le hasard fait qu’il habite dans le même village de 500 habitants qu’Alfio et donnait des cours à un des fils d’Alfio depuis des années.

Pour l’instant, Alfio Origlio, pianiste jazz a déjà trouvé une dizaine de dates pour l’année prochaine.

Vous souhaitez programmer Alfio Origlio ?

Contactez Le Naaba :

Je veux m'exprimer

Pour voir la page complète, inscrivez-vous

C’est 100% GRATUIT

Je n’aime pas le spam, vos informations ne sont pas diffusées