Afia Zecharia outsider art sauce orientale

By 27 février 2017Actualités, Peinture

Afia Zecharia outsider art une vieille dame juive de confession mais yéménite de culture a produit une oeuvre quasiment shamanique et la voulait secrète.

Afia Zecharia outsider art

Afia Zecharia outsider art quelles origines ?

Pour taquiner les juifs israéliens ont dit que les juifs sont des arabes comme les autres !

La réciproque pourrait se dire, la saviez-vous ?

Nous sommes tous fils de migrants et parfois, pas besoin de remonter loin. Les religions elles aussi migrent. Se définir comme un bloc n’est pas stupide mais imprudent.

Savons-nous qui étaient nos ancêtres ?

Donc, il y a bien longtemps les romains ont colonisé Israël mais le peuple résiste. En l’an 70 une révolte est mâtée par les romains et le temple de Jérusalem détruit.

Une première diaspora prend place et des juifs trouvent refuge dans le désert à Yathrib (…l’actuelle Médine).

En l’an 132, nouvelle révolte, d’ampleur cette fois et la réponse romaine est également d’ampleur et une diaspora d’une grande partie des juifs dans le monde. Certains juifs vont même fonder des communautés en Chine.

Jérusalem était un grand centre intellectuel et les gens partent forcément avec leur culture. Des tribus berbères se convertissent au judaïsme mais aussi un bon nombre de tribus arabes.

Quand le Coran parle des juifs, ce sont très majoritairement des arabes ayant embrassé le judaïsme. Là ce sont les juifs qui pourraient taquiner les arabes !

Au Yemen, il existera une grande communauté juive jusqu’à l’époque moderne.

Afia Zecharia outsider art est issue de cette communauté yéménite.

On estime qu’elle est née en 1905 sans que ce soit bien précis, dans la province d’Abyan en face de l’actuelle Somalie. Cette région fut sous domination Britannique de 1938 à 1967 et la vie y était plus douce que dans le reste du Yemen. Les juifs de cette région étaient considéré plus éduqués que dans d’autres régions.

Etant une jolie fillette, elle a été mariée à 10 ans pour éviter qu’elle puisse être prise par un musulman. Depuis toute petite elle a aimé ce qui est artistique et créatif. Elle a travaillé toute jeune à peindre les murs du « palais » d’un seigneur local. Dans son jeune regard, c’était un magnifique palais. En présence du seigneur, elle devait cacher sa judéité.

Afia Zecharia outsider art est arrivée à Shlomi dans le nord d’Israël tout près du Liban et de la mer en 1949 (à environ 37 ans) au profit de l’opération « Tapis lovant » un comme comme l’opération plus connue des juifs éthiopiens rapatriés en Israël. Encore des peuples non juifs (les falacha) ayant pris cette religion depuis des siècles !

Afia Zecharia outsider art
Afia Zecharia outsider art

Afia Zecharia outsider art et sa grande oeuvre

Donc arrivée en Israël Afia Zecharia outsider art, son mari et ses 7 enfants obtiennent une grande maison de deux étage avec des amandiers dans le jardin.

Autour de la maison, des pruniers, pécaniers (noix de pécan), grenadiers, abricotiers, figuiers en font un coin de paradis.

Le mari d’Afia Zecharia, jaloux et possessif, lui a interdit de peindre les murs de la maison. Elle a même laissé tombé toute peinture. Elle était pourtant une belle femme très coquette, fortement maquillée et portant de lourds bijoux yéménites ainsi que de capiteux et forts parfums orientaux.

Avec des projets d’aménagement en tête, des officiels peu scrupuleux lui ont fait signer un document où elle n’entendait rien… et elle a dû partir. Pourtant Afia Zecharia outsider art n’en a pas conçu de ressentiment, elle voulait seulement un appartement de plein pied parce qu’elle avait du mal à marcher. Le poids des ans.

Son mari n’étant plus de ce monde pour lui interdire quoi que ce soit, elle s’est empressée d’acheter des couleur et de reprendre son travail de petite fille yéménite là où elle l’avait interrompu. Mais en utilisant cette fois de la peinture pour les voitures.

Contrairement à ce qu’elle faisait au Yémen, elle peignait uniquement en intérieur et à la nuit tombée quand personne ne la regardait. Afia Zecharia outsider art avait plus de 80 ans.

Elle disait que des anges descendaient et l’aidait. Ses voisins l’entendaient parler à elle-même ou peut-être aux anges…

Une sorte de méditation ou transe shamanique. Pas du tout orthodoxe en tous les cas !

Petit à petit, du sol au plafond, chaque centimètre a été recouvert ! Même dans des 90 ans elle montait sur une table pour peindre le plafond et n’a pas manqué de se retrouver à l’hôpital après une chute !

Afia Zecharia outsider art allait aussi au marché avec sa petite fille acheter des poupées qu’elle transformait à son image. Elle avaient l’allure des mariées yéménites.

Son travail, au delà de l’inspiration venant de son pays natal a quelque chose à voir avec les peintures aborigènes, chaque signe ayant une signification connue des seuls initiés. Ici, elle seule.

Ses voisins disent qu’elle est morte en 2002 à 96 ans et sa petite fille dit qu’elle avait 104 ans, 30 ans après son mari. Un dicton juif dit qu’on est toujours vivant tant que quelqu’un prononce notre nom. Ce qui est certain c’est que son œuvre lui survit et elle avec.

Après bien des batailles administratives, la municipalité a finalement accepté de conserver l’œuvre d’Afia Zecharia outsider art.

Vous êtes artiste ?

Laissez-moi un commentaire plus bas. Quelles sont vos influences, les différentes strates en vous ?

Déjà 10698 personnes font partie de la tribu !

Restons en contact :

5 Comments

  • Arnold dit :

    Ma vie est une histoire de terre et de rencontres, mon identité « citoyenne du monde ».
    Mon enfance m’a influencé dans ma recherche artistique, toujours en mouvement, changeant de pays, de maison, de culture.J’ai beaucoup appris des autres.
    Mon travail a un rapport à l’espace, un espace qui est actuel et métaphorique, liant le passé et l’avenir mais, sans y être attaché.
    Avec mes installations urbaines« No Boundaries » ces volumes organiques, flottent,sont en lévitations et ne sont pas attachés à une terre, un espace ou un environnement.
    Ces formes n’ont aucune limite, elles se répandent comme un tracé de poudre, laissant apparaître un nuage sans explosion comme dans un rêve.

    Flo Arnold

  • Yapaud dit :

    Né dans un environnement où le père s’emploie, très souvent, à l’artisanat, je me suis très tôt initié aux réalités culturelles. Mon apprentissage commence avec l’observation et l’imitation de tout ce qui se fait autour de moi et avec moi. Alors le sol, les murs des maisons, les troncs d’arbre, certains éléments et objets divers de mon entourage deviennent mes supports d’expression.
    Le souci de vouloir m’exprimer par tous les moyens, y compris la parole et la gestuelle, se renforce avec mon entrée à l’enseignement général. Je découvre, alors, l’ardoise et le cahier comme des supports nouveaux.
    C’est la rencontre avec Youssouf Bath, artiste peintre ivoirien, précurseur du Vohou-Vohou1 que ma passion se manifeste véritablement. Cette passion pour l’art va se consolider et s’enrichir au fil du temps avec les fréquentations et les formations dans les écoles d’art : Centre Technique des Arts Appliqués (CTAA) de Bingerville et Ecole Nationale des Beaux-Arts d’Abidjan.
    Fidèle à ma passion artistique, je continue de travailler et j’explore de nouveaux éléments pour en faire des supports et des médiums dans mes créations. Ces créations sont parfois reparties en concepts :
    – Papier et châssis ou supports classiques
    – Toile libre ou œuvre sans cadre
    – Claie ou Natte traditionnelle
    – Expression papier
    – Papier journal
    – Panneaux
    – Témoins du Temps

  • Panhelleux dit :

    Merci pour ce grand voyage dans l’histoire peu connue des exils successifs des juifs du Moyen Orient et aussi pour la narration de ce destin hors du commun. Cet intérieur est très beau comme oeuvre d’art, pour y vivre c’est une autre histoire… En tout cas, on doit y être rechargé en énergie.

    • Marc Ribagnac Marc Ribagnac dit :

      Bonjour Michèle,
      Oui tout à fait, ça donne l’impression qu’elle a projeté à l’extérieur ce qu’elle avait à l’intérieur.
      Pour résumer, une personnalité d’exception.

  • MEHEL dit :

    Le géographe allemand Friedrich Ratzel a dit :  » Les frontières sont les cicatrices de l’histoire… » Il n’y a pas de séparation naturelle entre les humains et ils ne peuvent être définis uniquement par leur lieu de naissance, leur culture d’ origine, ou leur croyance. Ils se nourrissent réciproquement de leur créativité et de leurs cultures. Plusieurs éléments ont été utilisés pour dominer et contrôler les peuples ; les frontières, les religions, si l’ utilisation de ces dernières ne se limite pas seulement à une quête de spiritualité mais plutôt dans le dessein du prosélytisme donc de domination et de contrôle, et la création malhonnête du principe de différenciation de race entre les humains.

    J’imagine que nous, êtres humains, nous sommes nourris par toutes les cultures successives apparues sur la terre, et elles se sont déposées en nous, comme les strates de sédiments ont constitué la terre. pour cette raison, je me retrouve dans une identité universelle et je refuse d’être enfermée dans une identité définie par le genre, le lieu géographique de naissance, l’ appartenance à une croyance, ou à une seule culture.

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